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Les lamentations de l’UNRWA

par le Professeur David Ruzié *

lundi 27 septembre 2004
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L’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (cet organisme créé, au lendemain de la guerre d’indépendance d’Israël, est généralement désigné sous l’acronyme anglais de UNRWA) n’a pas trouvé de meilleur moment pour se plaindre auprès des autorités israéliennes que la veille de Kippour.

Or, pour éviter la réédition des tragiques événements de Kippour 5734 (1973), les autorités israéliennes ont effectivement pris, pour toute la durée des fêtes de Tichri 5765, des mesures draconiennes de sécurité, qui, malheureusement n’ont pas empêché plusieurs attentats durant les 10 jours de pénitence….

Les organes des Nations Unies qui n’ont pas peur des mots, ni le sens du ridicule se sont plaintes des « humiliations israéliennes imposées » à leur personnel.

De fait, cela fait de nombreuses années que les autorités israéliennes ont de sérieux motifs de se méfier du personnel de cet Agence des Nations Unies.

En effet, il faut savoir que ce personnel est composé à plus de 99% de personnel palestinien, recruté localement (très exactement il y 22 000 agents locaux et seulement 112 fonctionnaires internationaux).

Or, tout d’abord, l’UNRWA est en grande partie responsable de l’état d’esprit de haine et de rancœur à l’égard des Israéliens des réfugiés palestiniens, qui relèvent de ses services. Car cette institution a failli à une partie essentielle de sa mission, qui était non seulement de fournir des services de secours, d’enseignement et de santé, mais également de contribuer au reclassement des réfugiés.

Certes, sur les 4 millions et quelques milliers de personnes qui dépendent de l’Agence (il est difficile de se fier à ce chiffre officiel, dans la mesure où il n’est pas certain que tous les décès soient toujours signalés…), il n’en reste pas moins que près d’un tiers vivent encore dans des camps, 56 ans après la fin du 1er round du conflit israélo-arabe. Cela fait quand même près de 500 000 personnes à Gaza, qui s’entassent dans 8 camps et près de 200 000 dans 19 camps en Cisjordanie (à l’époque de la présence jordanienne, un effort d’intégration avait été fait puisque près de 75% des réfugiés ne vivent plus dans des camps, mais l’exemple de Jenine prouve que le « cancer » des camps est proche des constructions « en dur »….). La Jordanie maintient encore trois cent mille réfugiés dans des camps (sur un chiffre total de 1,7 million de réfugiés). Le Liban héberge encore 60% des quelques 600 000 réfugiés palestiniens dans une douzaine de camps et il y a 10 camps en Syrie pour 30% des 400 000 réfugiés palestiniens.

Il n’est jamais venu à l’esprit des dirigeants des Etats arabes, concernés, de faire un effort pour intégrer ces réfugiés, qui, pour un grand nombre d’entre eux, d’ailleurs avaient émigré en Palestine, seulement, à l’époque du mandat. Car, l’essor de l’économie du territoire sous mandat sous la double impulsion de la puissance administrante et du yichouv juif exerçait un effet d’attraction.

Et lorsqu’on évoque les millions d’Allemands qui, chassés de Pologne, après la seconde guerre mondiale, furent intégrés par les deux Allemagnes, les personnes de mauvaise foi récusent cet exemple au motif que les deux Allemagnes étaient des pays développés (cette qualification pour la RDA était pourtant sujette à caution). Reste quand même le cas de l’Inde et du Pakistan - pays sous-développés - , qui, après 1947, eurent à cœur, en quelques années ,d’intégrer les millions de leurs frères hindous ou musulmans chassés de chez eux. On n’a jamais entendu parler soit du côté pakistanais, soit du côté indien de chercher à récupérer les territoires perdus….

Et depuis 1993, les fonds alloués à l’Autorité palestinienne auraenit dû, au moins à Gaza et en Cisjordanie, permettre de donner du travail à une population, pour laquelle l’oisiveté ne pouvait être que mauvaise conseillère.

Mais ladite Autorité, à l’instar de l’UNRWA n’a pratiquement rien fait pour donner du travail et pourtant les choses à faire ne manquent pas (voirie, hôpitaux, écoles, égoûts,….).

Certes, les dirigeants palestiniens ont plus cherché à augmenter leur richesse personnelle, mais il ne faut pas croire que la corruption n’existe pas à l’UNRWA, ainsi qu’en témoignent les poursuites disciplinaires, parfois, engagées contre du personnel subalterne (mais pratiquement jamais contre du personnel international).

Nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer, ici, l’utilisation de manuels anti-israéliens, voire franchement anti-juifs, dans les écoles de l’UNRWA.

Des ambulances ont servi à transporter des armes, parfois entreposées d’ailleurs dans des bâtiments de l’UNRWA (il y a d’ailleurs une vingtaine d’agents palestiniens qui sont détenus par Israël et il y en a, également, un qui est prisonnier de l’Autorité palestinienne).

Fin août, à la suite d’incidents survenus au point de passage d’Erez, celui-ci fut, fermé, pendant quelques jours, ce qui empêcha le Commissaire général de l’UNRWA, le danois Peter Hansen, de quitter Gaza pour se rendre en Cisjordanie. Bien évidemment, celui-ci ne manqua pas de protester.

Mais, ces derniers jours, des mesures mieux ciblées, mais plus strictes ont été prises.

Seuls les fonctionnaires internationaux, qui ont un visa diplomatique peuvent franchir en voiture les points de passage, mais sans avoir le droit d’emmener des collègues qui ne disposent pas d’un tel visa.

Du coup, l’UNRWA estime que le passage à pied expose le personnel de l’Agence à des « risques considérables, comme en témoignent de nombreux incidents survenus dans un passé récent » et elle considère que, parfois, des agents sont soumis à des « fouilles humiliantes ». A croire qu’on n’a jamais entendu parler, à l’UNRWA, de ceintures d’explosifs….

On croit rêver lorsqu’on apprend que l’UNRWA se prévaut du fait « qu’il n’y a jamais eu de cas de présentation de faux laissez-passer de l’ONU ». Il suffirait d’une fois pour que des conséquences tragiques puissent en découler.

Pas plus tard que lundi 27 septembre, un communiqué de l’UNRWA annonçant le décès d’une fillette de 10 ans blessée, alors qu’elle était dans une salle de classe dans le camp de réfugiés de Khan Younès (Bande de Gaza) faisait état de ce que le Commissaire général Hansen était « horrifié par cette mort », le résultat d’une violence militaire « qui n’est absolument pas nécessaire et ne peut tout simplement pas être justifiée ».

Si M. Hansen veillait à ce que des terroristes (oh pardon, des « activistes » ou des « militants ») ne s’abritent pas derrière des écoles de l’UNRWA, de tels drames dus, non à des tirs ciblés, mais à des balles perdues, ne se produiraient pas…


David Ruzié est professeur émérite des Universités, spécialiste de droit international


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