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La guerre qui n’ose pas dire son nom. La bataille est contre l’Islam radical, pas la » terreur »

© NRO, par Andrex McCarthy, le 16 Mai 2004 - Paru sur le site d’Europolitica - Traduction française de Simon Pilczer, volontaire de l’IHC

mardi 21 septembre 2004
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Note de l’éditeur : l’article suivant est adapté d’un discours prononcé le mois dernier [avril 2004, ndt] à la conférence annuelle de l’Ecole de Médecine de l’Université de Virginie par le Groupe d’Analyse Incidente Critique [CIAG en anglais, ndt].

Le thème de la conférence du CIAG cette année était :

« S’opposer au terrorisme suicidaire : Risques, Responsabilités et Réalités ».

Dans toute assemblée d’analystes, d’universitaires, et des magistrats qui se spécialisent dans le contre-terrorisme, il est sûrement approprié que nous nous concentrions sur les risques, les responsabilités et les réalités. Ma question cependant, est de savoir si nous n’avons pas mis les choses à l’envers. Notre impératif le plus urgent aujourd’hui est la nécessité de nous confronter à la réalité. C’est seulement en faisant cela que nous pouvons avoir une réelle compréhension des risques auxquels nous sommes confrontés, et de nos responsabilités pour les traiter.
De quelle réalité suis-je en train de parler ?

Eh bien, nous sommes désormais bien dans la troisième année de ce qu’on appelle « Guerre à la Terreur ». C’est le langage que nous utilisons tous, et il est ubiquitaire. Les tabloïdes et les journaux plus prestigieux de nouvelles et d’opinion emplissent leurs pages avec. Les stations de télévision par câble diffusant 24 h sur 24 ne se contentent pas de répéter simplement « Guerre à la Terreur » comme si c’était un mantra ; elles l’utilisent véritablement comme un logo de lancement de leurs modèles vertigineux. Le plus significatif de tout cela, la « Guerre à la Terreur » est la phrase accrocheuse au sommet de la rhétorique gouvernementale. C’est la façon dont nous définissons pour le Peuple américain et le monde - en particulier le monde musulman -ce que nous faisons, et ce qui nous occupe. C’’est la façon dont nous expliquons la nature de la menace que nous nous efforçons de vaincre.

Mais est-ce exact ? Cela a-t-il du sens ? Plus important, cela sert-il nos objectifs ? Cela rend-il la victoire plus identifiable, et de là, plus accessible ? Je suggère humblement que cela échoue sur tous ces points. Cela, de plus, n’est pas simplement une affaire de rhétorique ou de sémantique. C’en est la substance même, et cela va au cœur de notre combat.

Le terrorisme n’est pas un ennemi, c’est une méthode. C’est la méthode la plus sinistre, la plus brutale, la plus inhumaine de notre époque. Mais ce n’est cependant que cela : une méthode.
Vous ne pouvez pas, et vous ne faites pas la guerre à une méthode. La guerre est faite à une ennemi identifié, et identifiable.

C’est ici et maintenant, que l’ennemi est l’Islam radical - une pratique et une interprétation très particulières d’un ensemble très particulier de principes religieux, politiques, et sociaux.

Maintenant c’est une chose très troublante, très déconcertante à dire dans l’Amérique du 21ème siècle.
C’est un jugement très catégorique. Cela apparaît très indélicat. C’est la définition même du politiquement incorrect. Dire cela à voix haute ne vous permettra pas d’être invité pour discuter avec PPDA. Mais c’est un fait. Et c’est important à la fois de le dire et de le comprendre.

Nous avons une tradition riche et noble de tolérance religieuse en Amérique. En effet, de nombreuses façons, notre révérence pour la pratique religieuse et la tolérance est la raison d’être de l’Amérique. L’Amérique était un lieu profondément religieux bien avant qu’elle ne devienne une démocratie constitutionnelle. Cette tradition de tolérance religieuse nous a amenés, de manière admirable, à nous incliner avant d’émettre un jugement sur les convictions et les pratiques religieuses d’autrui. C’est une part énorme de ce qui fait la grandeur de l’Amérique.

Cela a conduit notre gouvernement, dans les heures suivant les attaques du 11 septembre, à annoncer que l’Islam n’était pas et n’est pas notre ennemi. De façon répétée, le président lui-même a déclaré : « Les 19 terroristes suicide ont détourné une grande religion ». Le message de tous nos plus hauts dirigeants a été on ne peut plus clair : « Voilà ce que c’est ; l’Islam n’est pas en cause ; il n’est pas nécessaire de creuser plus profond ».

Mais nous avons trop usé de la manière routinière de l’autruche. Un engagement en faveur de la tolérance n’est pas le même qu’un engagement contre l’observation Nous avons été tellement paralysés par la crainte d’être décrits comme des ennemis de l’Islam - comme un ennemi de la croyance pratiquée par peut-être un milliard de personnes dans le monde - que nous avons perdu la parole sur une question très saillante : Que sera l’Islam du 21ème siècle ? Sera-ce l’Islam des radicaux, ou l’Islam des modérés ? Voilà la réalité dont nous devons nous saisir.

Ne faisons pas d’erreur à ce sujet : nous avons un intérêt crucial de sécurité nationale dans le résultat de ce combat. Nous avons besoin que les modérés gagnent. Et là, quand je parle des modérés, je ne parle pas de ceux qui ne font qu’avec les lèvres des déclarations de modération. Je ne parle pas de ceux qui tirent avantage des traditions bienveillantes de l’Amérique et de notre réticence à scruter les pratiques religieuses d’autrui. Je ne parle pas de ceux qui usent des yeux que nous détournons comme d’une opportunité pour être les apologistes, les facilitateurs, et les partisans des terroristes.

Je parle des authentiques modérés : des millions de Musulmans qui veulent un Islam de lumière, tolérant, et engagé dans le monde d’aujourd’hui. Ces gens ont besoin de notre aide dans les plus extrêmes conditions. Ils perdent les batailles pour leurs communautés. Les radicaux peuvent ne pas être une majorité, mais ils sont une minorité bruyante et agressive - et ils ne sont même pas seulement la petite frange que nous aimerions croire.

Comme adjoint du procureur des USA, de façon répétée dans la dernière décennie, j’ai entendu là-dessus, par des Musulmans ordinaires que nous contactions pour une assistance - des gens que nous voulions engager comme traducteurs de l’Arabe, ou qui étaient des témoins potentiels, ou simplement en position d’apporter des informations utiles. Des gens qui étaient aussi loin d’être des terroristes que vous pourraient l’être. « J’aimerais aider le gouvernement », disaient-ils, « mais je ne peux pas ». Et ce n’était pas tant pour leur sécurité - bien qu’il y eût, sans doute, une part de cela en jeu. C’était affaire d’ostracisme.

De façon répétée, ils nous disaient que les factions radicales dominaient leurs communautés. Ces éléments n’étaient pas habituellement les plus nombreux, mais ils étaient les plus bruyants, les mieux organisés en réseaux, les mieux lotis en fonds, et les plus intimidants. Par conséquent, les gens dont l’instinct patriotique devait les inciter à aider, ne pouvaient vaincre la peur qu’eux et leurs familles puissent être rejetés si l’on apprenait qu’ils avaient aidé les Etats-Unis à poursuivre des terroristes musulmans. Les radicaux avaient le genre d’onction qui pouvait transformer des communautés entières en auditoires captifs.

Cela n’est pas une petite affaire. Les évènements de la décennie passée, à travers le monde, sont une puissante leçon montrant que plus des communautés deviennent isolées et dominées, plus elles sont susceptibles de nourrir les attitudes et les pathologies qui conduisent à des complots terroristes et à des attentats suicide à la bombe. Il est vrai qui les auteurs de suicide à la bombe semblent défier tout profil psychologique précis : ils proviennent de diverses origines économiques et éducatives - le seul fil conducteur commun semble être la dévotion à l’Islam radical. Mais alors que nous n’avons pas su prédire qui peut devenir un auteur de suicide à la bombe, il est beaucoup plus facile de faire une prévision sur le lieu d’où proviendront des auteurs d’attentats à la bombe et d’autres terroristes. Ils viennent de communautés où les radicaux dominent et ceux qui n’acceptent pas leurs convictions sont intimidés jusqu’à la soumission.

Nous Sauver, Sauver l’Islam

Que cet Islam radical soit notre ennemi est un fait. Que ce soit l’objet de notre guerre est un fait. Que nous devions renforcer les modérés est un fait. Et nous devons parler de ces faits.

Nous n’aidons pas les modérés authentiques, si nous évitons la conversation qui a tant besoin d’avoir lieu, à l’écart des radicaux se cachant dans les mauvaises herbes que nous avons crées, en les démasquant et les marginalisant.
Si nous échouons à être critiques, si nous échouons à provoquer cette discussion, ce seront les radicaux qui continueront de tenir les positions influentes, et contrôleront l’endoctrinement des communautés, des madrassas, des prisons, et autres installations où les jeunes, les vulnérables, et les aliénés recherchent un sens.

Pour nous-mêmes aussi, et pour le succès de notre combat, nous devons dire clairement ici que l’ennemi est l’Islam radical. Si nous devons évaluer les risques pour notre mode de vie, et nos responsabilités pour les assumer, nous devons comprendre que nous combattons un système religieux, politique et social - pas une méthode d’attaque, mais une idéologie globale qui appelle une réponse globale.

Dans les années 1990, notre réponse, loin d’être globale, fut unidimensionnelle. Nous avons utilisé le système de justice criminelle. A titre individuel, je suis très fier d’avoir été associé au bon travail effectué à cet effet. Cependant, si nous voulons être honnêtes avec nous-mêmes - si nous voulons vraiment affronter la réalité - en tant que nation, nous devrions largement qualifier cela d’échec.

Nous avons appris au cours des années que la population radicale est nombreuse - peut-être des dizaines de milliers, peut-être plus. Certainement assez pour fournir le personnel à un réseau international étendu et mettre en action de nombreuses cellules et des petits bataillons qui, par agrégats, forment une force militaire posant un défi.
Cependant, au cours d’une demi-douzaine de poursuites judiciaires majeures entre 1993 et 2001, nous ne sommes parvenus à neutraliser que moins de trois douzaines de terroristes - les poseurs de bombes du World Trade Center de 1993 ; ceux qui complotèrent un « Jour de Terreur » encore plus horrible qui aurait détruit plusieurs lieux importants de la ville de New York ; les conspirateurs de Manilla Air qui tentèrent de faire exploser des avions de ligne américains en dehors de notre espace aérien dans le Pacifique ; ceux qui parvinrent à détruire nos ambassades du Kenya et de Tanzanie ; et les auteurs potentiels d’attentat à la bombe de l’aéroport international de Los Angeles qui furent contrecarrés juste avant la célébration du Millénaire.

Dans ces dossiers, nous avons la réponse de la justice criminelle dans sa forme la plus agressive, opérant avec un très haut taux de succès. Chaque prévenu qui fut accusé et jugé fut condamné. De manière pratique, cependant, même avec ce taux d’efficacité, nous ne fûmes capables de neutraliser qu’une infime proportion de la population terroriste.

Maintenant cependant, en associant l’application de la loi avec l’utilisation plus musclée de la force militaire - la manière dont nous avons mené la bataille depuis le 11 septembre - nous sommes beaucoup plus efficaces. Des terroristes sont laminés en bien plus grand nombre. Ils sont capturés ou tués. Au lieu de douzaines neutralisées, leur nombre est maintenant de centaines et de milliers.

Mais je suggère respectueusement que cela n’est pas encore assez, parce que cela ne signifie pas nécessairement que nous gagnons.

La guerre des idées

Quand j’étais procureur dans les années 1980, c’était la « Guerre à la Drogue » qui faisait rage. Nous faisions des méga-dossiers, pratiquions des méga-arrestations, et saisissions des méga-quantités de cocaïne et d’héroïne. Cela faisait de terribles manchettes. Cela était impressionnant à la télévision. Mais nous ne vainquions pas. Des quartiers étaient encore la proie de trafiquants de narcotiques et de la dépravation leur clientèle. Et il y avait le signe ’raconte un conte’ : le prix des drogues continuait de baisser au lieu de monter. Nous disions que nous étions en guerre, mais avec tout ce que nous faisions, nous étions encore en échec pour rompre la chaîne d’approvisionnement.

Aujourd’hui j’aperçois une autre version du même syndrome, et si nous ne parlons pas de l’Islam nous resterons aveugles face à lui - à notre grand détriment. Pour comprendre pourquoi, tout ce que nous devons faire est de penser pendant un moment à la philosophie du « berceau à la tombe » du Hamas.

Oui, ce qui se déverse sans cesse aux informations ce sont les attentats à la bombe qui massacrent des quantités d’innocents. Mais regardez en dessous d’eux, ce que le Hamas fait jour après jour.
Ils ne font pas qu’organiser une formation paramilitaire pour des jihadistes adultes. Ils commencent depuis la naissance, depuis l’age de nourrisson, la haine est enseignée aux enfants. Ils apprennent à haïr avant même d’avoir une idée de ce que toute cette haine recouvre. A la maison, dans les mosquées, dans les madrassas, dans les camps d’été - habillés en tenues de camouflage et en capuchonnés, et armés avec des armes d’imitation - ils en sont nourris.

Et le Hamas est loin d’être le seul. Un système de levée de fonds est largement ouvert depuis des années. Nous sommes meilleurs que nous n’avons été dans nos tentatives pour les fermer, mais nous sommes encore loin d’être efficaces cependant. Et même si nous les fermions demain, il y a des centaines de millions, peut-être plus, déjà engagés. Des contributions en dollars sont contrôlés par les pires éléments wahhabites et salafistes. Ces dollars financent la haine. La haine et la démonisation d’êtres humains simplement du fait de ce qu’ils sont.

Certains suggèrent que notre situation pourrait bénéficier d’accommodements - concessions politiques qui pourraient amollir les radicaux et miraculeusement changer leur attitude à notre égard.
Mais songez à un garçon musulman de cinq ans qui a déjà reçu une dose impressionnante du venin que l’on trouve dans les madrassas et dans les médias arabes.

Je peux vous assurer que le gamin de cinq ans ne hait pas la politique étrangère américaine dans le Golfe persique. Il ne hait pas la nature inflexible du conflit palestino-israélien. Ce qu’il hait, ce sont les Juifs. Ce qu’il hait ce sont les Américains. C’est dans l’eau qu’il boit et dans l’air qu’il respire. Bien sûr, en grandissant, il apprendra peut-être à haïr la politique étrangère américaine et ce qui lui sera gravé pour toujours est « l’occupation israélienne ». Mais ces abstractions ne sont pas la source de la haine de l’enfant, et les modifier ne fera pas disparaître la haine - la haine qui attise le meurtre.

Quand je déclare que je me préoccupe de ce que nous pourrions perdre cette bataille contre l’Islam radical que nous continuons d’appeler « Guerre à la Terreur », c’est de ce carburant et cette haine dont je parle.
Nous avons l’armée la plus puissante et la plus compétente du monde, capables de capturer ou de tuer de grands nombres de terroristes. Avec l’aide de nos tribunaux, et de nos agences de renseignements - notamment en coupant le financement et en brisant d’autres types de soutien matériel - notre gouvernement unifié peut faire une sacrée entaille dans le problème. Il peut nous donner des périodes comme les deux dernières années pendant lesquelles il n’y a pas eu d’attaque réussie sur notre sol national - bien qu’il soit difficile d’en prendre trop à notre aise quand vous regardez ce qui est advenu à Bali, à Casablanca, à Istanbul, à Bagdad ou à Madrid.

Oui, nous pouvons avoir des répits temporaires, inconfortables, dans la bataille. Nous ne pouvons gagner cependant, jusqu’à ce que nous puissions dire honnêtement que nous avons retourné la marée du nombre. Les madrassas sont comme des courroies de transmission. Si elles fournissent encore plus de radicaux en attente que nous n’en capturons, tuons, poursuivons, ou neutralisons d’autres manières, alors nous perdons cette guerre.

Il ne suffit pas de vider les installations des radicaux.
Nous devons vaincre leurs idées, et cela signifie marginaliser leurs chefs. Cela signifie parler de la façon dont l’Islam assimile les idéaux et les traditions américains. Cela signifie amener les gens à prendre des positions claires : les faire se lever et être comptés - et être responsables - ne pas les laisser se cacher derrière des étiquettes opaques telles que « modérés ».

En matière de reconnaissance de ce contre quoi nous nous nous dressons vraiment ici, les poursuites antiterroristes des années 1990 furent puissantes pour ouvrir les yeux. Nous avons vu de près ce qu’était l’ennemi, et pourquoi il était si crucial d’être bien clair à ce sujet. Ces dossiers sont considérés en général comme ayant commencé avec l’attentat à la bombe contre le World Trade Center en 1993 - une horreur qui bizarrement apparaît légère comparée au carnage dont nous avons été témoins dans la décennie suivante. Pourtant, alors que cette attaque - la déclaration de guerre des radicaux - a entamé le défilé des dossiers de terrorisme, ce n’était pas vraiment le début de l’histoire.

Cela a vraiment commencé des années plus tôt. Les hommes qui ont réalisé l’attentat à la bombe du World Trade Center ont passé des années à s’entraîner dans ce but, surtout dans des régions rurales à l’écart de Manhattan - comme Calverton, Long Island, l’ouest de la Pennsylvanie, et le nord du Connecticut. Là, ils s’exerçaient au tir, au combat corps à corps, et improvisaient des engins explosifs. Depuis 1988 environ, ils opéraient là, et se considéraient eux-mêmes comme une armée du jihad engagée dans l’action.

Ils étaient totalement convaincus que leur religion les appelait à la brutalité. Et à l’opposé de nous, ils n’avaient pas la nausée : ils étaient absolument certains de ce que leur ennemi était. Ils ne se perdaient pas en exclamations au sujet de la « Guerre aux Libertés » ou la « Guerre à La Liberté ».
Ils parlaient de la Guerre à l’Amérique, la Guerre à Israël, et la guerre à l’Occident. Ils parlaient simplement de ceux qu’ils cherchaient à vaincre et pourquoi.

Leur chef était un religieux égyptien aveugle nommé Omar Abdel Rahman, l’émir d’une organisation internationale terroriste appelée « le Groupe islamique ». C’était un précurseur d’al Qaïda, responsable de l’infâme assassinat d’Anouar el Sadate en 1981, coupable du grand crime d’avoir fait la paix avec Israël. Abdel Rahman continue jusqu’à ce jour d’avoir une profonde influence sur Oussama Ben Laden ; ses fils se sont liés à al Qaïda, et l’une des exigences de Ben Laden continue d’être que l’Amérique libère le « Sheikh aveugle », qui purge aujourd’hui une peine de réclusion à perpétuité.

Abdel Rahman a posé les principes de son groupe terroriste - y compris sa division américaine - avec une clarté alarmante : l’autorité pour gouverner n’émanait pas du peuple qui est gouverné ; elle émanait uniquement d’Allah - un Dieu qui, dans la représentation d’Abdel Rahman, n’était pas un dieu de charité et de pardon, mais un dieu de colère et de vengeance, et un Dieu consumé de façon unipolaire dans les évènements de ce monde. Pour le Sheikh aveugle et ses cohortes, il n’y aurait aucune tolérance pour les autres religions ou les autres vues. Il y avait l’Islam radical, et il y avait tout le reste.

Le monde entier était divisé en deux sphères - et la façon de décrire ces deux sphères est très intéressante : la première est le Dar el Islam, ou domaine des Musulmans ; la seconde est le Dar el Harb. Vous pourriez présumer que le Dar el Harb est le domaine des non musulmans. Ce n’est pas ça. A la place, c’est le domaine de la guerre. Les radicaux se perçoivent dans un état permanent de guerre avec ceux qui n’acceptent pas leur vision du monde.

Parfois cette guerre est chaude et active. Parfois elle est en répit pendant que les radicaux se saisissent de ce qu’ils peuvent lors de négociations, et retiennent leur souffle pour les prochains rounds de violence. Mais ne vous y trompez pas : la guerre ne prend jamais fin - A moins et jusqu’à ce que le monde accepte leur construction de l’Islam.

Comme Abdel Rahman l’a enseigné à ses adhérents - et comme les Ben Laden, les Zawahiri, et les Zarkaoui lui font écho aujourd’hui - la manière de poursuivre cette guerre » sans fin est le jihad. Ce mot est souvent traduit comme la guerre sainte ; il signifie plus précisément combat.

Nous entendons beaucoup de choses aujourd’hui des médias du courant principal au sujet du jihad. En général, c’est la face heureuse du jihad, agréablement rendu par « le combat intérieur pour devenir meilleur », ou bien « le combat des communautés pour éconduire les trafiquants de drogue », ou bien « le combat contre la maladie, la pauvreté et l’ignorance ».
De nombreuses manières, cela reflète d’admirables efforts pour réédifier un concept troublant, avec une vision vers un Islam qui se mélange au monde moderne.

Mais soyons clairs : ce sont des reconstructions. Le jihad, puisant ses origines au VIIème siècle, est un concept forcé, militaire. Je fais des froncements de politesse en tenant de tels propos à voix haute, mais l’une des principales raisons qui rend si difficile de discréditer les radicaux - pour dire de façon convaincante qu’ils ont détourné une religion pacifique - est ceci : quand ils parlent de ce dogme central, le jihad, comme d’un devoir de prendre les armes, ils ont l’histoire et la tradition de leur côté.
Comme Abdel Rahman, l’influent universitaire muni d’un doctorat de la fameuse université al Azhar en Egypte, en a instruit ses disciples : « Il n’y a pas de choses telles que le commerce, l’industrie et la science dans le jihad… Si Allah dit : « Fais le jihad », cela signifie le jihad avec l’épée, avec le canon, avec les grenades, et avec le missile. Tel est le jihad. Le jihad contre les ennemis de dieu pour la cause de Dieu et son nom ».

L’ascendance militaire de ce terme, jihad, est si riche, que beaucoup d’apologistes le concèdent mais tentent une autre tactique pour l’évacuer : « Bien sûr, le jihad signifie user de la force » disent-ils, « mais seulement en défense - seulement quand les Musulmans sont attaqués ». Bien sûr, qui décidera de ce qui est défensif ? Qui décidera quand les Musulmans sont attaqués ?
Pour les radicaux, l’Islam est attaqué quand n’importe qui a la témérité de dire : « L’Islam - en particulier leur conception de l’Islam - n’est pas le mien ». Pour les radicaux qui ne seront satisfaits avec rien moins que la destruction d’Israël, l’Islam est attaqué simplement du fait que les Israéliens vivent et respirent et mènent leur propre existence.

Posé simplement, pour Abdel Rahman, Ben Laden et ceux qui les suivent, le jihad signifie tuer les ennemis des radicaux - ce qui constitue pratiquement tous ceux qui ne sont pas radicaux. Quand vos forces sont dépassées par le nombre, et vos ressources rares, cela signifie pratiquer le terrorisme.

Abdel Rahman le disait sans vergogne. Comme il le déclara souvent :
Pourquoi craignons-nous le mot terroriste ? Si le terroriste est la personne qui défend son droit, alors nous sommes des terroristes. Et si le terroriste est celui qui combat pour le nom de dieu, alors nous sommes des terroristes. Nous avons choisi la voie du terrorisme parce que nous devons préparer la puissance en notre capacité pour terroriser l’ennemi de dieu. Le Coran prononce le mot « frapper de terreur ». Donc, nous ne craignons pas d’être appelés des terroristes. Ils peuvent bien dire, « c’est un terroriste, il use de violence, il use de la force ». Laissez les dire cela. Nous avons reçu l’ordre de préparer tout ce qui est en notre pouvoir pour terroriser les ennemis de l’Islam.

C’est effrayant. Mais comme cela est clair, ce n’est pas simplement la méthode des radicaux avec laquelle nous sommes en guerre. Nous sommes en guerre avec leur idéologie. L’islam radical a des conceptions universalistes. Cela nous paraît dément - nous appartenons à une culture diverse, tolérante, du « vivre et laissez vivre ». Il est difficile pour nos cerveaux de dévoiler une vue hégémonique du monde au 21ème siècle. Mais si nous devons réaliser le risque - la menace - que nous affrontons, la réalité est bien : ce que nous pensons des radicaux importe bien moins que ce que les radicaux pensent d’eux-mêmes.

Les radicaux considèrent le terrorisme comme un moyen acceptable / perfectible pour aller atteindre leurs objectifs. Quand ils parviennent à détruire les symboles géants, imposants d’une puissance économique et militaire ; quand avec quelques bombes bon marché explosant dans des trains ils peuvent changer le cours d’une élection nationale ; cela renforce leurs convictions que leurs conceptions ne sont ni grandioses, ni inaccessibles. Cela leur indique que leur méthode de choix marche, peu importe ce que nous pouvons en penser.

Pour rendre notre tache encore plus difficile, il y a la structure de l’Islam.
Comme Bernard Lewis et d’autres universitaires remarquables l’ont observé, il n’y a pas de synodes, et il n’y a pas de hiérarchie rigoureuse. Il n’existe pas de structure de pouvoir central pour déclarer avec autorité que cette pratique ou celle-là est une hérésie. Il n’y a pas de Pape disponible pour déclarer : « Sheikh Omar, faire exploser des civils est hors des limites. C’est condamné ».

Aussi comment la conduite devient-elle condamnée ? Comment retournons-nous la marée ?
Bien entendu, seuls les Musulmans peuvent guérir l’Islam. En définitive, eux seuls peuvent tracer leur chemin ; eux seuls peuvent clarifier et réformer là où la réforme est si sérieusement nécessaire.

Nous pouvons cependant beaucoup faire pour aider. Cela commence par mettre fin aux tournées libres des apologistes et des facilitateurs des terroristes. Nous devons être plus précis dans notre langage. Nous ne sommes pas en guerre avec la terreur. Nous sommes en guerre avec l’Islam radical. L’Islam radical est notre ennemi. Il cherche à nous détruire ; nous ne pouvons pas co-exister avec lui. Nous devons le détruire complètement.

Nous cherchons à épouser la cause des Musulmans modérés : à les promouvoir, et à les aider à vaincre dans le combat pour ce que sera ce type de force religieuse, culturelle et sociale, l’Islam dans le monde moderne. « Modéré » cependant, ne peut être simplement un leurre. Ce doit être un réel concept avec une signification précise.

Que devrait être cette définition ? De qui essayons-nous de nous débarrasser ?
Eh bien l’an dernier, le distingué universitaire, Daniel Pipes, spécialiste du Moyen-Orient a proposé quelques questions - un espèce de test de la marguerite.

Des questions utiles, déclarait-il devraient inclure :

  • Tolérez-vous ou condamnez-vous ceux qui donnent leur vie pour tuer des civils ennemis ?
  • Condamnerez-vous les semblables d’al Qaïda, du Hamas, et du Hezbollah en les désignant du nom de groupes terroristes ?
  • Le jihad signifie-t-il un art de la guerre, acceptable dans le monde d’aujourd’hui ?
  • Acceptez-vous la validité des autres religions ?
  • Les non -musulmans doivent-ils jouir de mêmes droits civiques que les Musulmans ?
  • Acceptez-vous la légitimité d’une recherche académique sur les origines de l’Islam ?
  • Qui était responsable des attaques du 11 septembre ?
  • Acceptez-vous que les institutions qui financent le terrorisme soient fermées ?

Pour sûr, nous ne devons avoir aucune illusion sur tout cela.
Nous ne gagnerons jamais chaque cœur et chaque esprit.
Poser ces questions et des questions de ce genre, cependant, provoquerait une conversation très nécessaire. Cela pourrait commencer de révéler qui sont les vrais modérés, et qui sont les dissimulateurs. Cela pourrait contribuer à identifier les amis des Lumières et de la tolérance, et ceux qui sont les alliés de la brutalité et de l’inhumanité. Cela pourrait entamer la longue route pour renforcer nos alliés et marginaliser nos ennemis.

Finalement, cela pourrait faire de la guerre à l’Islam radical une guerre que nous pourrions gagner - pour nous-mêmes et pour les millions de Musulmans qui ont besoin de notre aide.

Andrew McCarthy, ancien adjoint du procureur général des USA, a conduit les poursuites dans l’affaire de terrorisme de 1995 contre Sheikh Omar Abdel Rahman, et onze autres.
Il écrit régulièrement dans NRO.


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