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Une explication… 6ème partie et conclusion

Par Stéphane Juffa © Metula News Agency

lundi 30 août 2004
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... Celle, par exemple, de signifier à Edwy Plenel que l’exercice de l’incitation à l’antisémitisme ne fait pas partie de la liberté d’informer...

Certains « ex » diront - d’ailleurs ils me l’ont déjà dit - que j’exagère dans l’étendue de mon accusation, que leur objectif se limite à la restitution des terres occupées et qu’ils ne soutiennent pas l’idée de la destruction politique d’Israël. Je veux bien les croire mais je constate qu’ils jouent avec une réaction nucléaire en chaîne, lorsqu’ils appellent colonies les implantations, identifiant le problème, territorial par essence, au processus historique mondial de la décolonisation. Ces « ex » repoussent d’ailleurs l’accusation d’antisémitisme, lorsqu’ils ne se présentent pas carrément comme des philosémites. Et la justification de cette bonne conscience à bon compte me fut donnée, sans rire, par quelques uns d’entre eux. Elle est cocasse mais elle vaut que nous la partagions : « Ils sont aussi persuadés que les autres »ex« que l’Etat d’Israël est une émanation de type colonial et qu’en principe il devrait disparaître mais - et c’est ce qui les fait penser qu’ils sont philosémites - de par leur sympathie pour le peuple juif, ou par égard pour ce qu’il a souffert durant la seconde guerre mondiale ou, souvent, parce qu’ils sont eux-mêmes un petit peu juifs et un petit peu honteux, ils sont disposés à nous laisser exister sur la portion pré-67 de la Palestine ».

Colonie, vous avez dit colonie ?

(Pour mémoire : la toute première immigration sioniste [Sion, Héb. Tsyon, autre nom de Jérusalem] eut lieu en 1882 !)

Du balcon de la Moukata de Ramallah, le vieux cannibale se frotte les mains en imaginant la scène de ces discussions. Ce qu’il cherche, lui et depuis qu’il a lancé son Intifada, c’est la caractérisation du conflit en guerre coloniale et la légitimité infinie que cette catégorisation confère aux Palestiniens de se débarrasser d’Israël. Il se fout bien des bémols maladroits, issus de la mansuétude pour Israël de quelques « ex » français atypiques. Il sait que dès que la caractérisation est posée, il n’a plus besoin d’eux et d’ailleurs, les finasseries des « ex » en matière de l’adaptabilité des théories de Fanon ne dépassent jamais les discussions d’alcôves et partant, n’ont aucun effet populaire sur la légitimation de notre prochain génocide [1]. Il sait, le vieil ogre, que lorsqu’il appelle les arabes à sacrifier deux millions de Shahyd pour libérer Jérusalem, aucun d’entre ceux qui l’écoutent n’imagine « que l’on s’arrêtera après avoir libéré la partie est de Yéroushalaym-Al Quds ». Il sait que, lorsqu’il appelle à libérer la Palestine, aucun arabe n’entend qu’il ne faut « libérer QUE les territoires jordaniens occupés par les Israéliens à l’issue de la Guerre des six jours ».

Gush Halav, Haute Galilée, du 7ème siècle avant notre ère, au 5ème après.

Vestiges du village juif, portant des inscriptions hébraïques. (photo Haïm Sokol)

Le berceau de la nation juive ou une Wakf (colonie) coranique ?

Historiquement, la question ne se pose pas !

S’il fallait compter sur l’intervention des « ex » cacochymes et néanmoins philosémites pour signifier aux Shahyd d’Arafat « dans quelles limites territoriales ils sont autorisés à faire valoir leur sauvagerie incontrôlable » il vaudrait mieux confier directement au raïs les clés de tous nos autobus, de tous nos supermarchés et de tous nos restaurants…

Et pour acquérir la certitude de ce que leur activisme linguistique est antisémite en matière de leur association coloniale, rien ne vaut de considérer les autres professions de foi des « ex », patrons de médias. On retombe alors, lourdement, sur les manipulations photographiques de l’Obs, le faux assassinat d’enfant propagé par FR2 et sur l’affaire Morin-Nahoum. Ce sont autant de doubles preuves de la haine extraordinaire que ces gens nourrissent à notre endroit. On ne peut qu’en déduire que ce qui devrait guider la démarche de notre ministre des affaires étrangères en France, pour enrayer, en urgence, la propagation de cette peste, ce devrait être d’exiger la révision du procès Morin-Plenel ainsi que la prise de sanctions exemplaires par le gouvernement français à l’égard de leurs juges. Car, dans une société dans laquelle il est jugé licite d’écrire que nous sommes « un peuple méprisant et prenant plaisir à humilier », tout effort visant à endiguer la violence antijuive est bien évidemment voué à l’échec. N’importe quel lycéen à la tête bien faite comprendrait l’incompatibilité de ces antithèses ; il semble pourtant que Jacques Chirac, son ministre de l’intérieur et Sylvan Shalom ne possèdent, sur ce sujet, même pas l’entendement d’un lycéen… La lutte contre l’antisémitisme a cependant un prix, des exigences. Celle, par exemple, de signifier à Edwy Plenel que l’exercice de l’incitation à l’antisémitisme ne fait pas partie de la liberté d’informer.

Il est encore temps pour les responsables politiques tricolores d’agir contre la peste. Tout juste temps ! Il faut ainsi commencer par extirper le vocabulaire anticolonialiste des médias contrôlés par l’Etat. Leur faire abandonner les expressions « colonies » pour implantations, « colons », pour habitants des implantations, « mouvements palestiniens radicaux » pour organisations terroristes - exactement comme le préconisent les décisions prises par l’Union Européenne à propos du Hamas, du Jihad islamique, des Tanzim et du Hezbollah, qu’il suffit d’appliquer - et « activistes » et « militants » pour terroristes (jusqu’à plus ample informé, le membre d’une organisation terroriste est lui-même un terroriste). Ca n’est qu’ainsi que l’ont verrait la courbe des actes antijuifs s’infléchir, mais je vous assure qu’elle s’infléchirait.

Sinon, on va poster un CRS devant chaque institution israélite, procurer un bipeur de détresse à chaque juif et on finira par leur faire porter à nouveau une étoile de shérif, fluo cette fois, pour qu’elle se voie la nuit, afin de les rendre plus repérables par la police française lorsqu’elle devra les protéger. Et là, je vous assure, au contraire, que l’antijuivisme continuera à se développer et encore, de façon exponentielle.

A la centaine d’« ex » qui ont cru bon de pétitionner dans le Monde, afin de protester contre la plainte déposée par les communautaristes sharoniens de France-Israël et d’Avocats sans frontières contre Nahoum, je n’ai rien de plus à dire que ce que j’ai déjà écrit dans cet article.

J’apprécie, enfin, d’avoir pu démontrer l’inanité de l’association des dogmes anticolonialistes au conflit israélo-palestinien sans avoir eu à critiquer les œuvres de Fanon et de Sartre elles-mêmes. Elles combattaient une réalité qui avait cours voilà cinquante ans et plus. Une réalité qui venait de coûter la vie à des millions de colonisés dans l’empire français. Près d’un million pour la seule Algérie, par centaines de milles d’authentiques colonisés, au Vietnam, à Madagascar, en Nouvelle Calédonie et, en plus ou moins grand nombre, dans presque dans toutes les autres colonies françaises.

Il y avait beaucoup de courage et de bon sens, à affirmer alors que le soldat d’un empire, qui défend une propriété qui n’est pas la sienne, contre le droit des gens à disposer librement d’eux-mêmes et de leurs terres, sans lien traditionnel, familial, religieux ou historique avec le pays qu’il participe à piller, est forcément tenté d’employer des méthodes inhumaines, immorales, engendrant des assassinats massifs, la répression et la torture. C’est pour ces raisons que « Damnés de la terre » fut envoyé aux Enfers dès sa publication.

Colonies, vous avez dit colonies II (situation en 2004)

Au XXIème siècle, la terre natale de Frantz Fanon, la Martinique, est encore sous domination coloniale française… Tout en participant, par leur silence, à empêcher ces hommes de « retrouver leur liberté intérieure », de l’Océan indien à l’Amérique du sud, les barons au double discours d’un monumental égarement collectif, deux fois raciste, s’activent, chaque jour, à préparer les âmes à la perte de la nôtre. A parler de « la mort d’un bébé-colon de trois ans », cela suffit pour nous accuser tous, j’espère que vous l’aurez compris en parvenant à la fin de cet article. Les mots tuent mieux que les armes et avant elles, ça n’est pas une galéjade. Les « erreurs » de vocabulaire, de « ponctuation », les fausses accusations d’infanticide, les légendes de photos rétromimétiques, la sacralisation des actes de tyrans anthropophages, la victoire du racisme anthologique au tribunal de Nanterre, ne sont ni techniques, ni maladroites, ni anodines. Elles sont, au contraire, la peste de Camus et la partie visible du ressuscitement de l’antidreyfusisme. Ils disent toujours et toujours pour rien : « A mort les juifs ! » et ils continuent à se prendre pour des justes…

Gracias a la vida de m’avoir fait différent d’eux en tout, libre sur ma terre.

Fin.


Notes [1] « Tuer des civils constitue un crime contre l’humanité. Tuer des civils avec l’intention de détruire tout ou partie d’un groupe national, ethnique ou religieux constitue un crime de génocide. Inciter de manière publique à commettre ces actes constitue le même crime, en droit pénal international. Ces concepts ont été créés par l’accord de Londres de 1945, par le tribunal international de Nuremberg (1945), par le tribunal militaire international de Tokyo (1946) et par la convention de 1948 relative à la prévention et à la répression du génocide. Ces concepts se trouvent intégrés dans le droit national de la plupart des démocraties. » in « Le dossier Arafat », de Karin Calvo-Goller et Michel A. Calvo, docteurs en droit international, Editions Albin-Michel (2004).


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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