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Une explication… 5ème partie

Par Stéphane Juffa © Metula News Agency

vendredi 27 août 2004
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Rien ne vaut l’illustration d’un principe par des exemples concrets. A la Ména, nous avons déjà énoncé les conditions qu’ont posées les chercheurs en sciences politiques, pour déterminer la classification d’un territoire en colonie.

Plutôt que d’en refaire l’énumération théorique, j’ai choisi l’option plus vivante de les vérifier pratiquement, en comparant Israël, d’une part et les implantations juives en Cisjordanie, de l’autre, à des régions dont les critères coloniaux sont commodément vérifiables.

En fait, il n’existe plus, à la surface du globe, qu’un seul Etat qui maintienne encore un empire authentiquement colonial, datant de l’épopée dont traite Fanon dans ses livres. Cet Etat, les plus perspicaces d’entre vous l’auront deviné, c’est la république française.

Voyons alors brièvement les contrées étrangères dominées par l’homme blanc gaulois, ainsi que le nombre d’habitants qui les peuplent (incluant les minorités de colons). Ceci, dois-je le préciser, uniquement dans le but de matérialiser un peu les objets de notre comparaison :

Guyane (F) - 150’000 habitants - Guadeloupe - 421’000 - la Réunion - 750’000 - la Martinique - 400’000 - Nouvelle Calédonie - 200’000 - Polynésie (F) - 240’000 - Wallis-et-Futuna - 170’000.

Intéressons-nous maintenant à confronter ces territoires, Israël et les implantations, aux clefs de catégorisation proposées par la science politique, servant à définir une colonie :

Existence d’une métropole, géographiquement séparée de la colonie par des mers ou des Etats étrangers, dans laquelle s’exerce le pouvoir politique suprême des colons (Caractéristique fondamentale d’une colonie)

Toutes les colonies françaises mentionnées - OUI - Israël - NON - les implantations juives - NON -

Caractère principalement commercial et de perspectives d’enrichissement des raisons de la prise de contrôle du territoire

Toutes les colonies françaises mentionnées - OUI - Israël - NON - les implantations juives - NON -

Présence constante et durable de Français sur le territoire avant la colonisation

Dans toutes les colonies françaises mentionnées - NON -

Présence constante et durable de Juifs sur le territoire avant les immigrations

En Israël - OUI - dans les implantations juives - OUI -

Le territoire est-il le lieu où se sont déroulés les événements légendaires ou historiques constitutifs de la nation des colons, des immigrants ?

Toutes les colonies françaises mentionnées - NON - Israël - OUI - les implantations juives - OUI

La maison de réunion (Bet Knesset) du village juif de Méroth, Haute Galilée,

qui connut son apogée vers 250 avant notre ère (photo Haïm Sokol)

Résoudre équitablement un conflit entre deux légitimités ou

créer une immense injustice en affirmant en résoudre une autre ?

Existence, sur le territoire, de vestiges historiques majeurs, variés et nombreux de la civilisation des colons, des immigrés, datant d’avant la colonisation, les immigrations ?

Toutes les colonies françaises mentionnées - NON - Israël - OUI - les implantations juives - OUI -

Le territoire fait-il office de lieu de gouvernement principal ou unique pour la nation des colons, des immigrés ?

Toutes les colonies françaises mentionnées - NON et NON - Israël - OUI et OUI - les implantations juives - NON et NON -

La perte du contrôle politique suprême du territoire signifierait-il la fin de la possibilité pour la nation des colons, des immigrés, de s’autodéterminer ?

Toutes les colonies françaises mentionnées - NON - Israël - OUI - les implantations juives - NON -

Voici pour les faits crus et je suis d’avis qu’ils ne nécessitent pas d’analyse spécifique, tant la portée des questions me semble claire et tant les réponses sont antithétiques entre les territoires envisagés. Grossièrement posé, à la lumière de ces différences et de leur signifiance triviale, si Israël est une colonie, l’Algérie n’en a alors jamais été.

On a considéré ajouter la Corse au nombre des colonies françaises mais, après consultation avec nos collègues de l’Académie, nous nous sommes accordés sur le fait que, bien que l’Ile de beauté répondait à un certain nombre des critères d’une « colonie », elle constituait un territoire contigu de la France continentale et qu’à ce titre, la Corse n’était pas une colonie. Ici, l’importance est de noter que le fait d’être ou de ne pas être une colonie ne justifie ni ne condamne automatiquement le droit moral ou juridique d’administrer un territoire donné et ne disqualifie pas non plus, évidemment, le droit des autochtones à réclamer leur indépendance voir à se battre pour elle. Si quelqu’un voulait nous faire dire que nous sommes les tenants des implantations juives ou de la tutelle française sur la Corse, il se rendrait ridicule. Non, la seule chose que nous voulons établir dans cette série d’articles, c’est la qualification de ce qu’est une colonie et respectivement, une guerre de décolonisation. Et cette catégorisation est essentielle en soi, puisque, comme on va le voir d’ici quelques lignes, les confusions artificiellement entretenues à son sujet mènent à des conclusions dramatiques.

Auparavant, il nous faut tout de même relever l’extraordinaire évacuation par les « ex » de leur problème colonial. Un problème qui reste loin de leur agenda et une situation de laquelle ils se sont visiblement accommodés. Il vaut tout de même de rappeler que la domination française sur des populations colonisées n’est pas de l’histoire ancienne et ce, aussi longtemps qu’elle perdure. Rappeler aux « ex », qui adaptent les thèses fanoniènnes à Israël, à mauvais escient mais au point de se soucier de ce que chaque vocable qu’ils utilisent dans ce contexte soit parfaitement en ligne avec les théories des guerres de décolonisation, que Fanon et Sartre « rejettent toute possibilité de solution autre que la lutte du colonisé pour sa libération ». Oublient-ils, suivant de quelle « colonisation » ils traitent, cette autre assertion de Sartre : « Cette vérité nous l’avons sue je crois, et nous l’avons oubliée : les marques de la violence, nulle douceur ne les effacera : c’est la violence qui peut seule les détruire » ? Ne voient-ils pas qu’elle se pose en contraire du slogan de « l’indépendance-association » si chère au colonisateur français ? Ou s’agit-il, encore une fois, de la fameuse « spécificité française », que l’on ne peut décidément saisir en plein que lorsqu’on siège à l’Assemblée nationale, qu’on pointe au Quai d’Orsay ou à la rédaction du Monde ?

Il demeure que nous n’en sommes pas et que vu d’ici, on ne peut que constater leur double langage, issu lui-même d’une double échelle de valeurs et d’un raisonnement dénué de rigueur. De cette rigueur qui distingue irrémédiablement les intellectuels authentiques, les Fanon, les Sartre, les Camus des répètent-merdes, dont la place naturelle est à la Foire du Trône.

Il est certes licite de penser et d’exprimer que les implantations juives participent d’une occupation, d’une mainmise et d’une opération de peuplement aux dépens d’autrui. Tout comme il n’est en aucun cas délirant d’affirmer, que les implantations sont l’expression foncière d’une campagne de la guerre des juifs contre le colonialisme arabe. Il n’est, en effet, que de lire la charte du mouvement radical palestinien Hamas, afin de se convaincre qu’Israël ou la Palestine n’est pas une terre arabe mais une conquête coloniale arabe, une Wakf. Et cela, n’en déplaise aux « ex », c’est à proprement parler une constatation scientifique et indiscutable.

On peut ! On peut faire toutes ces analyses sans être ni antisémite ni, à l’inverse, aficionado de Sharon. Par contre, on ne peut pas, sans être plus un antijuif qu’un observateur politique, procéder sciemment à l’application intempestive d’une théorie inadéquate, possédant le redoutable pouvoir de définir le bien et le mal dans leurs définitions absolues. Car il est indispensable de comprendre, que l’acte d’identifier - notamment par l’emploi systématique d’une sémiologie aussi frelatée que didactique - Israël en temps que puissance coloniale, transfère inéluctablement des droits pratiquement illimités au colonisé/opprimé. Ainsi, par un détournement prémédité du sens des mots et par son application corrompue au sens de l’Histoire, l’AFP, le service public français de radio et de télévision, le Monde, l’Obs, Libération et d’autres, n’expliquent-ils pas, comme il semble, le droit des Palestiniens (et des hommes doués de morale qui se rendront à leur cause) à se défendre. De fait, ils ne font rien de moins que d’impliquer, par leur référence sémantique ininterrompue à celle de Fanon et de Sartre, la nécessité pour les Palestiniens d’éradiquer les « colonisateurs juifs », invitant les Palestiniens à massacrer tous les Israéliens avec l’ardeur des sauvages et à refuser tout compromis territorial qui pourrait mettre fin au carnage.

Il n’est pas ici question, pour les médias français appliquant cette association sémiologique corrompue, de pardonner, de comprendre, de fermer les yeux sur ou même de justifier ou d’encourager les assassinats collectifs palestiniens mais bien d’affirmer, en se trompant volontairement de guerre, que « faute d’assouvir ce besoin primaire de liquider », c’est dans Fanon, littéralement, « le colonisateur - lisez les Israéliens - le colonisé - voir Palestinien - encourre le risque de rester à jamais prisonnier de son oppression intérieure ».

Nul doute non plus, que la caractérisation abusive du conflit israélo-palestinien en guerre de décolonisation ait pour finalité sournoise la légitimation de la destruction d’Israël (l’oppresseur colonial). Que peut d’ailleurs entendre ce bon Sylvan Shalom à ce processus de diabolisation-destruction, lorsqu’il vient plaider en France pour des mesures « plus fermes contre les actes antisémites » ? Dépassé par la dynamique retorse et perfide que nous dénonçons, n’est même pas le terme qui convient à Shalom ; il faudrait dire « hors d’état de la saisir », tout en invoquant que, dans leur naïveté optimiste, ni les Israéliens ni la plupart des juifs, ne sont capables d’envisager qu’une si grande multitude de pseudo intellectuels instrumente de concert une si grande dose de méchanceté antisémite. C’est, qu’en vérité, cette imposture intellectuelle, aux métastases gouvernementales et médiatiques, donnant le feu vert au massacre de cinq millions et demi d’Israéliens juifs, constitue un acte antijuif objectivement plus dévastateur que de mettre le feu à un centre pour personnes âgées israélites à la rue Popincourt, après que les criminels se soient assurés qu’il était inoccupé.

A suivre…


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