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Mettre les Palestiniens au pied du mur

Par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

mardi 28 décembre 2010
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Cette fois, encore, nous ne retiendrons pas la déclaration du Premier ministre israélien, à la Chaîne 10 (privée) de la télévision israélienne, dans laquelle il indiqué qu’Israël ne présentera pas d’excuses à la Turquie concernant l’incident de la flottille, mais la partie de sa déclaration dans laquelle il a dit : « Il pourrait y avoir une situation dans laquelle les discussions avec les Palestiniens se heurteraient à un mur sur les questions de Jérusalem et du droit au retour (des réfugiés palestiniens) et, dans ce cas, le résultat serait un accord intérimaire ».

Cette allusion à un « accord intérimaire » a , bien entendu, été immédiatement rejetée par la Partie palestinienne, qui, nous l’avons déjà souvent souligné, ne manque aucune occasion pour condamner Israël pour sa perception des modalités d’une négociation.

Il est évident que les Palestiniens, qui malgré leurs dénégations, n’ont jamais fait preuve de bonne foi depuis la création de l’Etat d’Israël ne peuvent envisager un accord partiel, dès lors que grâce à leurs positions extrémistes ils espèrent toujours faire échouer une négociation globale.

Certes, nous ne sommes pas Premier ministre d’Israël, mais nous pensons, modestement, que la dernière déclaration de Benyamin Netanyahou, qui lui a sans doute été inspirée par son nouveau porte parole, ne constitue pas la meilleure façon de présenter les choses.

Il est pourtant évident que la paix avec les Palestiniens suppose, tout à la fois, un accord sur les frontières, sur Jérusalem et sur le statut des réfugiés.

Ces trois questions sont étroitement liées et le Premier ministre israélien le sait parfaitement.

Que le refus palestinien soit une manœuvre dilatoire est non moins évident, mais pourquoi l’avoir provoquée ?

Il nous semble qu’il eut mieux valu mettre les Palestiniens au pied du mur en leur disant : « Nous ne posons aucune condition préalable à l’ouverture de négociations et nous nous abstenons de modifier la situation territoriale existante ».

Et vous, vous faites de même et vous vous abstenez, notamment, de faire des déclarations qui en disent – malheureusement – long sur vos arrière-pensées.

Car, signalons, à cet égard, que pas plus tard que dimanche dernier, s’adressant à des journalistes à Ramallah, Mahmoud Abbas a repris, ce qu’il avait déjà déclaré à différentes reprises : « dès lors qu’un Etat palestinien sera établi, il n’y aura aucune présence israélienne à l’intérieur."

Apparemment, cela signifie que le futur Etat palestinien sera judenrein (il est vrai que Mahmoud Abbas est l’auteur d’une thèse négationniste sur la Shoah….).

Mais on peut aussi replacer cette dernière déclaration dans un contexte, qui ne serait pas antisémite.

En effet, elle est intervenue en réponse à des rumeurs non confirmées selon lesquelles les dirigeants de l’Autorité (sic) palestinienne pourraient accepter la présence de l’armée israélienne en Judée-Samarie après l’établissement d’un Etat palestinien.

D’où le texte « complet » : « Nous sommes prêts à convenir d’une paix sur la base de la légitimité internationale, de la feuille de route que nous avons acceptée » », ainsi que de l’initiative de paix arabe », a souligné Abbas avant de poursuivre : « Mais dès lors qu’un Etat palestinien sera établi, il n’y aura aucune présence israélienne à l’intérieur ».

Qu’il n’y ait pas de présence militaire israélienne dans un Etat étranger peut parfaitement se comprendre, qu’il n’y ait pas de civils non plus serait non seulement discutable, mais surtout inadmissible, car discriminatoire…..

Or, lors de précédentes déclarations, la connotation antisémite faisait, précisément, moins de doutes….

A partir du moment où les gouvernements israéliens successifs ont admis, il y a quelque temps déjà, que les frontières, Jérusalem et la question des réfugiés devaient figurer à l’ordre du jour des négociations, cela signifie qu’ils acceptaient de discuter des modalités de règlement de ces trois questions.

Le statut politique des Territoires, indépendamment de l’ampleur des constructions, celui de Jérusalem (même si la loi fondamentale de 1980, proclamant le caractère « indivisible » de la Ville posera problème) et le sort des réfugiés (d’ailleurs tant palestiniens que juifs) doivent faire l’objet de discussions, sans que des prises de position adoptées de part et d’autre doivent en obérer l’issue, même si elles sont, effectivement, de nature à la rendre ardue.

Si Israël a accepté de discuter de ces questions, cela signifie que rien n’est arrêté à l’avance, sinon, effectivement, des négociations seraient inutiles.

De même, les Palestiniens ne sont pas en droit d’imposer la ligne de cessez-le-feu de 1949 comme ligne frontière, ni de faire admettre le droit pour des millions de Palestiniens de venir s’installer dans les limites définitives de l’Etat d’Israël.

Pour Jérusalem se pose, non seulement, le statut territorial et politique de la ville, mais aussi le statut des Lieux Saints, problème distinct, qui ne concerne d’ailleurs, pas que les Israéliens et les Palestiniens.

De telle sorte que même si – malheureusement – la bonne volonté des Palestiniens n’est pas évidente, il est non moins certain que toute anticipation sur le résultat des négociations ne peut être que contreproductive.

C’est « au pied du mur » qu’on enlève toute échappatoire à quelqu’un.


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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