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Culture et dépendance

Albert Capino, pour PRIMO-Europe ©

mardi 17 août 2004
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Le « mystère » est donc percé. Michaël Tronchon - alias « Phinéas » - auteur de la profanation du cimetière juif de Lyon et agresseur d’un Maghrében à Villeurbanne s’est livré à la police.

Inscriptions racistes, agressions : certains ont manifesté de l’irritation au sujet la déclaration du Cardinal Lustiger par son caractère « minimisant », après le graffiti antisémite sur le parvis de Notre Dame à Paris.
Or, il nous faut distinguer deux autres facteurs, qui ne lui donnent pas foncièrement tort.

Il y a indubitablement une forme de « jeu du chat et de la souris » entre les forces de l’ordre et ceux qui tentent de les provoquer, en taguant les cimetières et les bâtiments publics. Ceux-là profitent de la vague antisémite pour faire parler d’eux, montrer qu’ils sont les plus malins, à l’image du défi sous forme de jeu de piste lancé par le « Phineas » lyonnais.

L’auteur de la profanation du cimetière juif de Lyon et de l’agression anti-arabe de Villeurbanne a donné à ses actes des motivations racistes et fait état « d’une fascination pour les médias ».

Ils est à ranger dans la catégorie des minables, des dérangés, même s’ils sont malfaisants par l’ampleur des dégâts collatéraux qu’ils provoquent.

En fait, les paroles de Msgr. Lustiger sont pleines de bon sens quand il déclare qu’il faut éviter la médiatisation de ces événements, se garder de leur donner de l’importance et du retentissement. Que cela ne fait que nourrir la bête et aller dans le sens des propagateurs de ces idées.

Dans un contexte raciste sur-médiatisé, les différentes communautés et leurs membres deviennent des objets déshumanisés, qui servent le besoin de reconnaissance de groupes politiques ou d’individus plus ou moins dérangés. Ainsi, bien qu’ayant déclaré être « ouvertement et viscéralement anti-arabe », c’est à un cimetière juif que s’en est pris Tronchon, devant le peu de retentissement qu’avait suscité son agression contre un Maghrébin.

Cet exemple de personnalité perturbée, au même titre que la Marie L. mythomane du RER, démontre combien le niveau de responsabilité des médias est élevé. À force de grossir démesurément l’événement, ils y prennent une part active et le déforment. De commentateurs, ils deviennent incitateurs. On le voit dans le cas d’un « Phinéas », mais cela est encore plus grave sur des sujets comme le Proche-Orient, le racisme et le terrorisme.
Que seraient en effet les Arafat, les Ben Laden et autres fanatiques sans le cirque médiatique ? Comment ne pas éprouver les plus vives appréhensions pour le déroulement des Jeux olympiques, à l’idée qu’au-delà du risque d’attentats, nombreux sont ceux qui seront tentés de s’en servir commme plate-forme pour toucher 4,5 milliards de téléspectateurs ?

On peut aussi retourner la question : que seraient les chaînes d’infos, les quotidiens, les magazines, sans la fascination pour ces figures de proue qui illustrent leurs couvertures et remplissent leurs chroniques quasi quotidiennement ?

S’il est vrai qu’on ne peut pas faire l’impasse, il est bien plus important que les garants de l’information, qui ont la capacité de jouer un rôle actif contre ces méfaits, se comportent de manière responsable plutôt que d’en parler à tort et à travers. L’influence des médias est en effet devenue telle, que les hommes politiques, les gouvernements, n’osent plus prendre des mesures urgentes et nécessaires contre les fauteurs de trouble, de crainte qu’elles ne les rendent impopulaires.

C’est l’un des combats que mène PRIMO : réhabiliter le sens des paroles et des actes. Ce n’est pas parce que c’est écrit dans les journaux que c’est juste. Le bon fonctionnement de notre société ne peut ni ne doit s’appuyer sur les aléas de « croyances populaires » distillées par les médias. La vocation d’un dirigeant, qu’il soit leader d’opinion ou politique, réclame un haut niveau d’exigence. Elle implique de montrer le chemin, tout en l’explicitant. Pas de se contenter de suivre l’opinion publique, l’oeil rivé sur les sondages, facilité à laquelle trop d’entre eux se laissent aller.

En agissant ainsi, ils se rabaissent au même niveau que ces magazines à sensation, ces chroniques « people » montant en épingle des faits et gestes sans aucun intérêt. Ceux qui les publient et leurs détracteurs se rejettent mutuellement la responsabilité du nivellement de la culture par le bas, les uns prétendant qu’ils répondent à la demande du public, les autres en assurant qu’ils la créent.

Il est bien évident qu’il y a un phénomène de dépendance. Et elle est multiple : on crée un besoin, de manière à ce qu’il y ait une véritable intoxication et que la victime, même si elle est consentante au départ, ne puisse plus s’en passer. Le phénomène est similaire pour le tabac, l’alcool, la drogue. À ce titre, les incitateurs médiatiques ont une responsabilité identique. Ce sont des « dealers d’information ». Des pourvoyeurs de drogue médiatique. Cet autre poison qu’ils distillent a des conséquences tout aussi graves, puisqu’au bout de la chaîne, il y a mort d’homme. Les barons de l’édition, des réseaux télévisuels et radiophoniques s’enrichissent sur la misère et la mort, en transformant le grand public en « junkies de l’info » à qui ils vendent leur dose de « news ».

Et lorsqu’on entend la promotion - entre deux pubs pour de la lessive - des « causes » des uns et des névroses des autres, il est de notre devoir, à nous, public, tout comme des décideurs politiques, de prendre du recul face à ce déversement médiatique, et de bien nous demander si nous voulons être parties prenantes à ces nouveaux jeux du cirque. Que ce soit par tentation ou par faiblesse.

Ou bien si notre conscience doit nous inciter à trouver la volonté de nous y opposer, de toutes nos forces, afin que les valeurs humaines qui ont fondé notre société ne soient pas détruites par overdose.


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