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Israël aux Nations Unies : au mieux une fausse symétrie

par le Professeur David Ruzié *

dimanche 1er août 2004
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S’il y a bien un endroit où « l’histoire est un éternel recommencement », c’est bien aux Nations Unies.
Au pire, Israël est le seul à être condamné.

Ce fut, ainsi, le cas récemment à propos de la « barrière de sécurité » à propos de laquelle, de façon quelque peu cynique, la Cour a retenu l’appellation de « mur » de préférence à celle de « clôture » utilisée par Israël ou de « barrière », utilisée par le Secrétaire général des Nations Unies, bien qu’aucune de ces appellations ne puisse être entendue « au sens physique strict ».

Mais, pour la Cour, c’était l’appellation choisie - à dessein, évidemment - par l’Assemblée générale, à la demande des Palestiniens, afin de frapper l’opinion publique, comme pour rappeler le fâcheux symbole du « mur de Berlin »..…

Et l’Assemblée générale emboîta le pas à la Cour, qui, rappelons-le, est revenue, à cette occasion, aux errements de sa « jurisprudence politique » et elle condamna délibérément uniquement Israël, sans condamner expressément les actes de terrorisme.

Au mieux, les Nations Unies s’efforcent d’adresser des reproches aux deux parties, en omettant de prendre en compte la chronologie des événements et donc, en refusant, à nouveau, d’admettre pour Israël le droit de se prévaloir de la légitime défense.

Dans son avis du 9 juillet dernier, la Cour n’a, en effet, pas craint de se contredire en reconnaissant qu’il y avait un « territoire palestinien occupé », mais en déniant à Israël le droit de fonder la construction de la « barrière » sur son droit de légitime défense, au motif qu’il n’y avait pas d’agression venant de l’extérieur, puisque « la menace….trouve son origine à l’intérieur de ce territoire ».

Mais surtout, la Cour a feint la naïveté (pour ne pas dire l’hypocrisie) de relever qu’ « Israël ne prétend pas que les violences dont il est victime soient imputables à un Etat étranger » (§ 139 de l’avis ).

Or, il y a quelques jours, par sa résolution 1553 du 29 juillet, le Conseil de sécurité a cru devoir réagir aux actions de légitime défense entreprises par Israël au dessus du Liban, notamment par voie aérienne, à la suite des sempiternelles attaques par tirs, roquettes et missiles, par delà la « Ligne bleue », qui définit la limite au delà de laquelle les deux parties ne devraient pas s’aventurer.

De façon particulièrement sournoise, sans citer nommément Israël, le Conseil a condamné « les violations de la ligne de retrait par les voies maritime, terrestre et, de manière persistante, aérienne » (c’est nous qui soulignons).

Pas question, évidemment, de déplorer que le Liban continue, depuis la fin des années 70, à laisser utiliser son territoire à des fins agressives contre Israël.

Et, comme il n’y a que le « provisoire qui dure », même - et surtout - aux Nations Unies, le Conseil a renouvelé jusqu’au 31 janvier 2005, la mission de la « Force intérimaire des Nations Unies au Liban » (souligné par nous), force composée d’environ 2 000 militaires venant de 10 pays, dont la France, et qui est en place depuis mars ….1978 (ce qui démontre son efficacité…).

Il est vrai que la mission de cette Force est, notamment, « d’aider le gouvernement libanais à assurer le rétablissement de son autorité effective dans la région ».

Or, c’est là que réside tout le problème.

Depuis que dans les années 70, les terroristes de l’OLP, chassés de Jordanie, à la suite du « septembre noir » et refusés en Syrie se sont installés dans le sud-Liban (en en faisant le « Fatahland ») où ils sont relayés, actuellement, par le Hezbollah, les autorités libanaises ont délibérément refusé d’assumer leurs responsabilités au regard du maintien de l’ordre, au nom de la souveraineté de l’Etat libanais sur l’ensemble de son territoire.

Cette démission s’est poursuivie au lendemain du retrait des forces israéliennes, au printemps 2 000 (retrait considéré par les Palestiniens comme une victoire qui les a conduits à déclencher la seconde Intifada).
Or, il faut savoir que la caractéristique de la souveraineté d’un Etat réside, précisément, dans le fait qu’il dispose du monopole de la contrainte sur son territoire.

Et on en est bien loin au Liban (pas seulement au sud, d’ailleurs, eu égard à l’imposante présence militaire syrienne dans tout le pays…).

Il n’y a pas non plus qu’aux Nations Unies que « le ridicule ne tue pas », quand on lit que le Conseil de sécurité, dans sa dernière résolution, « réaffirme qu’il appuie vigoureusement l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance politique du Liban à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues » (souligné par nous).

Et comme il est écrit , par ailleurs, « ils ont des yeux et ne voient pas… », ce même organe principal des Nations Unies « encourage le gouvernement libanais à continuer de veiller à ce que son autorité soit effectivement rétablie dans tout le sud, notamment par le déploiement des forces armées libanaises » (souligné par nous).

Comment peut-on continuer à faire quelque chose qu’on n’a pas encore commencé ?

Cela mériterait bien une demande d’avis à la Cour internationale de justice….


David Ruzié est professeur émérite des universités, spécialiste de droit international


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