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La dérive de l’UNESCO

Par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

samedi 23 octobre 2010
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« La déception arabe face à la colonisation israélienne », comme le titrait Le Monde sur son site Internet, vendredi 22 octobre, ne justifie en rien la dérive du Conseil exécutif de l’UNESCO qui, tombant dans le panneau de ceux qui « font la chanson et la chantent », a cru devoir adopter, juste avant de clore sa session, le 21 octobre, pas moins de cinq résolutions anti-israéliennes, aussi infondées les unes que les autres.

Cette 185ème session de l’organe de l’Organisation des Nations Unies pour la science l’éducation et la culture, tenue sous la présidence de la déléguée russe, ne contribuera pas à assurer le renom de cette institution spécialisée des Nations Unies, chargée, en quelque sorte, de réaliser dans le domaine de la science, de l’éducation et de la culture, les objectifs de coopération internationale figurant dans la Charte des Nations Unies.

On déplore déjà que l’ONU soit elle-même polluée par des considérations idéologiques partisanes, mais « le ver est également dans le fruit », s’agissant des organisations à vocation scientifique et culturelle, comme l’illustrent les résolutions adoptées à Paris, au nom de l’UNESCO.

Car, il ne faut pas perdre de vue que le Conseil exécutif est censé « veiller à la mise en oeuvre du programme adopté par la Conférence générale » de l’Organisation, qui rappelons-le regroupe 193 Etats (contre 192 à l’ONU, dont ne font pas partie les îles Cook….).

A en juger par le contenu des textes adoptés, sur lesquels nous allons revenir, on serait tenté de dire qu’il existerait, à l’UNESCO, comme à l’ONU, un « programme » de mise en accusation systématique d’Israël.

Ce n’est, certes, pas la première fois que l’UNESCO témoigne d’un parti pris anti-israélien, comme nous l’avons relevé ici-même, à plusieurs reprises, depuis plusieurs années (v. nos points de vue des 12 novembre 2004, 16 mars 2007 et 23 octobre 2008).

Mais ce n’est pas une raison pour persévérer dans l’erreur, surtout si elle traduit une déformation de la réalité, tant des faits que du droit.

Concernant le site de la Rampe des Maghrébins dans la Vieille Ville de Jérusalem, le Conseil a voté une résolution pour « réaffirmer la nécessité d’une coopération d’Israël afin de faire en sorte que les experts jordaniens et ceux du Waqf aient accès à ce site et qu’aucune mesure pouvant compromettre l’authenticité et l’intégrité du site ne soit prise, conformément à la Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel et à la Convention de La Haye pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé ».

Or, il a été maintes fois prouvé que les travaux en question ne se fondaient que sur des considérations de sécurité et n’étaient nullement de nature à « compromettre l’authenticité et l’intégrité du site ».

Nous ne pensons pas que les Israéliens tiennent dans l’ignorance les autorités musulmanes de ces travaux et, d’ailleurs, on ne voit pas en quoi l’une quelconque des dispositions des deux conventions susvisées seraient violée.

S’agissant du patrimoine culturel de Jérusalem, le Conseil a voté un texte pour « réaffirmer l’importance religieuse de la Vieille Ville de Jérusalem pour les musulmans, les chrétiens et les juifs ».

Ceci nous paraît, effectivement, tout à fait conforme à la vérité.

Mais, la décision du Conseil exprime, aussi, « sa profonde préoccupation devant les fouilles et activités archéologiques israéliennes en cours sur le site de la Mosquée Al-Aqsa et dans la Vieille Ville de Jérusalem, qui sont contraires aux décisions et conventions de l’UNESCO ainsi qu’aux résolutions des Nations Unies et du Conseil de sécurité ».

Or, à notre connaissance, il n’y a pas de « fouilles et activités archéologiques israéliennes en cours sur le site de la Mosquée Al-Aqsa » (souligné par nous).

Quant aux fouilles et activités archéologiques israéliennes en cours « dans la Vieille Ville de Jérusalem », on aurait aimé que le Conseil exécutif de l’UNESCO précise quelles sont les « conventions de l’UNESCO » qui seraient ainsi violées, car, par ailleurs, il est évident que l’Organisation ne dispose pas du pouvoir de prendre des décisions à l’encontre d’un Etat, en dehors d’une procédure menée en bonne et due forme, qui se traduiraient par des sanctions pour violation de normes internationales, liant les Etats membres de l’Organisation.

Il y a certainement eu, dans le passé, des résolutions de tel ou tel organe de l’UNESCO condamnant Israël pour certaines de ses initiatives, car l’objectif de la majorité quasi-automatique, qui manipule l’UNESCO, comme elle manipule l’ONU, vise à empêcher Israël de mettre au jour les preuves d’une présence ancestrale juive à Jérusalem, pour permettre de faire croire que seuls les musulmans auraient des droits sur cette ville.

Mais ce n’est pas en répétant à l’envi des contre-vérités qu’on en fait pour autant des vérités.

Poursuivant sa mise en accusation d’Israël, le Conseil exécutif a, également, adopté une résolution « concernant les sites palestiniens d’Al-Haram Al-Ibrahimi/Tombeau des Patriarches à Al-Khalil/Hébron et la Mosquée Bilal Bin Rabah/Tombe de Rachel à Bethléem, le Conseil, qui « réaffirme que ces deux sites font partie intégrante des Territoires palestiniens occupés et que toute action unilatérale des autorités israéliennes doit être considérée comme une violation du droit international, des Conventions de l’UNESCO ainsi que les résolutions des Nations Unies et du Conseil de sécurité ».

Nous avons déjà souligné, il y a quelque temps, l’inanité de cette affirmation (v. notre point de vue du 24 février 2010), car rien n’interdit à Israël de prétendre vouloir veiller à la bonne conservation de lieux saints pour la religion juive, dès lors que cette question est sans rapport avec le statut politique ultérieur de ces lieux.

D’autre part, à propos des institutions éducatives et culturelles dans les territoires arabes occupés, le Conseil a voté une résolution exprimant « la préoccupation que continuent de lui inspirer le mur de séparation et d’autres pratiques » (?), « qui nuisent aux activités des institutions culturelles et éducatives, ainsi que les obstacles qui en résultent et qui empêchent les élèves et étudiants palestiniens d’être partie intégrante de leur tissu social et d’exercer pleinement leur droit à l’éducation ».

On aurait aimé que l’UNESCO témoigne de la même sollicitude à l’égard des populations concernées par l’existence de nombreux « murs de séparation », qui existent de par le monde et surtout que cette organisation se penche sur le sort des populations israéliennes victimes d’actions terroristes, qui, l’expérience le prouve, sont devenues, à l’heure actuelle, pratiquement impossibles, du fait, précisément, de l’existence de la « barrière de sécurité « (il faut « appeler un chat un chat », puisqu’il est évident que cette barrière ne se présente sous la forme d’un mur que sur une partie seulement de son tracé.).

Enfin, s’agissant de la reconstruction et du développement de Gaza, le Conseil a voté une résolution, qui « déplore le blocus permanent de la bande de Gaza, qui porte atteinte à la circulation libre et continue du personnel et des produits humanitaires ».

Nous pensons pouvoir relever, tout d’abord, qu’ainsi présentée la prise de position du Conseil exécutif de l’UNESCO ne nous paraît pas entrer dans le champ des compétences de l’Organisation, à moins de considérer que « tout est dans tout » et que l’UNESCO peut se comporter comme n’importe quel organe de l’ONU, qui, elle, est une organisation politique.

Et on aurait, aimé, par ailleurs, que l’UNESCO adopte une attitude également critique à l’égard de certaines initiatives prises par le Hamas dans le domaine de l’éducation et de la culture, qui vont à l’encontre des ouvertures humanistes de l‘idéal de l’Organisation.

Mais c’est oublier que sur les 58 membres du Conseil exécutif, outre Cuba et le Vénézuéla, dont l’hostilité de principe à l’égard d’Israël est évidente, il y a 18 Etats membres de l’Organisation de la Conférence islamique, dont notamment 6 dans le groupe des Etats d’Afrique, qui ont certainement dû rallier à leur position, sur la base d’une solidarité du contient, l’ensemble du groupe composé de 13 membres.

De telle sorte que la majorité est pratiquement acquise à toute initiative du bloc arabo-musulman.


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