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Les réfugiés juifs, une question centrale

Hélène Keller-Lind

samedi 4 septembre 2010
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Dîtes « réfugiés » dans le contexte du conflit israélo-arabe la plupart comprendront d’une manière pavlovienne : « palestiniens ». C’est que le travail de propagande, financé par la communauté internationale, a fait son œuvre....Or, la question des réfugiés juifs qui ont dû fuir en plus grand nombre les pays où leurs communautés étaient implantées depuis des siècles ne pourra être laissée de côté lors des négociations actuelles. Un point d’ores et déjà reconnu par les États-Unis

Réfugiés juifs des pays arabes et réfugiés palestiniens : la réalité historique

Dans son documentaire exceptionnel « Les réfugiés du silence » Pierre Rehov montre dans quelles conditions souvent dramatiques la plupart des Juifs des pays arabes, voire la quasi totalité dans certains cas, ont dû fuir leur pays Et il montre comment un grand nombre d’entre eux ont été accueillis dans l’État d’Israël qui venait tout juste d’être établi dans la guerre et ne disposait d’aucun moyen. Il montre, par exemple, ces camps de toile rudimentaires, les Maabarot, où des réfugiés qui avaient tout perdu ont vécu dans une grande précarité. Israël ne pouvait alors compter que sur la solidarité des Juifs dans le monde.

Pour que l’on dispose de tous les éléments Pierre Rehov a réalisé un documentaire parallèle tout aussi exceptionnel, « Les Otages de la Haine » ,, dans lequel on voit comment la communauté internationale a donné des millions à ces réfugiés au statut héréditaire, ce qui est exceptionnel. Et démontre qu’il n’y a eu aucune volonté de leurs frères arabes de les accueillir et les intégrer. On sait que ce n’est qu’en août de cette année que le Liban, par exemple, leur a donné le droit d’exercer des professions « ouvertes aux étrangers » qui leur étaient interdites jusqu’ici...

Le double DVD mérite amplement d’être vu et revu alors que la question des réfugiés palestiniens va être mise sur le tapis des négociations directes qui viennent de débuter et très largement utilisée.

Avec une exigence de « droit au retour » des réfugiés et de leurs descendants à l’intérieur même d’Israël, comme on l’a déjà entendu ici et là. Mahmoud Abbas, lui-même, laisse planer le doute lorsqu’il s’exprime pour des interlocuteurs occidentaux en refusant de reconnaître jusqu’ici qu’Israël est un État juif – l’une des demandes réitérées à la rencontre de Washington par Benyamin Netanyahou – et en continuant à avoir une lecture inexacte des résolutions de l’ONU – voir plus bas-. Et ce n’est plus de doute qu’il s’agit lorsqu’il s’adresse à sa population par le biais des institutions de l’Autorité palestinienne Il affirme alors ou fait affirmer que les Juifs n’ont aucune place dans la région.

Israël s’exprime sur le sujet par la voix de Danny Ayalon

Dans son film « Les Réfugiés du Silence » Pierre Rehov a choisi de ne pas aborder le volet algérien. En effet, les Juifs d’Algérie étaient devenus français et Pierre Rehov, lui-même natif d’Algérie, estime qu’à ce titre, ils ne pouvaient être considérés comme réfugiés. Même si leurs familles avaient vécu en Algérie depuis des siècles et bien avant l’arrivée de la France.

Opinion que ne partage pas Danny Ayalon, vice-ministre des Affaires étrangères israélien et dont le père était originaire d’Algérie, qui évoque cette question des réfugiés juifs des pays arabes – tous les pays arabes- dans un éditorial publié le 2 septembre dans le Jérusalem Post

voir la traduction ci-dessous -. Mais cette différence d’appréciation sur un point ne remet guère en question l’essentiel de son analyse qu’il partage avec le réalisateur et que ne contredisent nullement les résolutions 194 et 242 des Nations unies qui font référence en la matière. Il y a bel et bien eu près d’un million de réfugiés juifs des pays arabes et que leur sort et les spoliations dont ils ont été victimes sont à prendre en compte dans tout règlement du conflit israélo-arabe.

Éditorial de Danny Ayalon

En tant que descendant d’une famille forcée de quitter l’Algérie, mon père et moi - et les millions d’autres Juifs issus de familles qui ont été expulsées de pays arabes après 1948 - ont droit à réparation.

Danny Ayalon vice-ministre des Affaires étrangères

Le Jerusalem Post, le 2 septembre 2010

Etant donné que je suis membre d’un gouvernement démocratique, cela pourrait sembler étrange de dire que je suis un réfugié. Cependant, mon père, ses parents et sa famille n’ont été quelques-uns des Juifs, près d’un million d’entre eux, qui ont été expulsés ou contraints de quitter des terres arabes. Mon père et sa famille étaient algériens, appartenant à une communauté juive vieille de milliers d’années qui existait avant la conquête arabe de l’Afrique du Nord et même avant l’islam. Lors de son indépendance, l’Algérie n’a permis qu’aux musulmans d’acquérir la citoyenneté et a chassé la communauté juive autochtone et le reste de ma famille.

Bien que nombreux sont ceux qui font constamment référence aux réfugiés arabes ou palestiniens, très peu savent qu’il y a des réfugiés juifs originaires de pays arabes.

S’il y a eu environ 750.000 Arabes qui ont fui ou quitté la Palestine mandataire et Israël, il y a eu environ 900.000 réfugiés juifs venus de pays arabes. Avant que l’État d’Israël ait été rétabli en 1948 il y avait près d’un million de Juifs dans les pays arabes, aujourd’hui il y en a 5.000 environ.

Une distinction importante entre les deux groupes est le fait que de nombreux Arabes palestiniens ont été activement impliqués dans le conflit engagé par les nations arabes voisines, tandis que les Juifs des pays arabes ont vécu paisiblement, même avec un statut de soumission qui était celui de dhimmi, dans les pays qui avaient été le leur pendant des siècles sinon des millénaires.

En outre, les réfugiés juifs, qui étaient plutôt des citadins et des professionnels, par opposition aux Palestiniens, d’origine plus rurale, avaient amassé beaucoup plus de biens et de richesses qu’ils ont dû laisser dans ce qui avait été leur pays.

Des économistes financiers ont estimé que, si l’on prend les chiffres d’aujourd’hui, le montant total des biens perdus par les réfugiés juifs des pays arabes, y compris les biens communaux comme les écoles, les synagogues et les hôpitaux, est presque le double de celui des actifs perdus par les réfugiés palestiniens. En outre, il faut se souvenir que dans les années 1950 Israël a rendu plus de 90 % des comptes bancaires bloqués, des coffres-forts et autres éléments appartenant à des réfugiés palestiniens.

Même si le nombre de réfugiés juifs et la quantité de leurs biens sont plus importants que celui des Palestiniens, la communauté internationale semble n’être au courant que de la situation de ces derniers.

Il existe de nombreuses grandes organisations internationales consacrées aux réfugiés palestiniens. Une conférence annuelle se tient aux Nations Unies et une agence pour les réfugiés a été créée uniquement pour les réfugiés palestiniens. Alors que les réfugiés du monde entier ne disposent que d’un seul organisme, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), les Palestiniens sont placés sous les auspices d’un autre organisme, l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA).

Le budget de l’UNRWA pour 2010 est de près de la moitié du budget du HCR.

Tout aussi impressionnant est le fait que le HCR se targue d’avoir trouvé des « solutions durables » pour « des dizaines de millions » de réfugiés depuis 1951, année de sa création. Toutefois, l’UNRWA ne prétend même pas avoir trouvé de « solutions durables » pour qui que ce soit.

Si la situation n’est pas déjà assez faussée comme ça, examinons les définitions et la façon dont elles sont appliquées : normalement la définition de réfugié s’applique uniquement à la personne qui a fui et cherché refuge, tandis qu’un réfugié palestinien est la personne qui a fui ainsi que tous ses descendants pour tous les temps. Donc, selon la définition de l’UNRWA qui confère le statut de réfugié aux descendants, je serais aussi un réfugié.

Cependant, je ne me considère pas ainsi, je suis un fier citoyen de l’État d’Israël. Les réfugiés juifs ont trouvé leur expression nationale en Israël et un État palestinien devrait donc satisfaire les aspirations nationales des réfugiés arabes.

Des négociations directes sont sur le point de reprendre entre Israël et les Palestiniens, cette question sera à nouveau mise en avant. Le droit des Palestiniens dite « au retour » est une fiction juridique. La Résolution 194 de l’Assemblée générale des Nations Unies, censée être la source de ce « droit » ne mentionne pas ce terme, n’est pas juridiquement contraignante et, comme toutes les autres résolutions pertinentes des Nations Unies utilise le terme volontairement ambigüe de « réfugiés » sans qualification.

La Résolution 242 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui est toujours considérée comme le principal cadre juridique pour résoudre le conflit israélo-arabe affirme qu’un règlement global de paix au Moyen-Orient doit nécessairement inclure « un règlement juste du problème des réfugiés. »

Aucune distinction n’est faite entre les réfugiés arabes et les réfugiés juifs.

En fait, l’un des rédacteurs principaux de la résolution, le juge Arthur Goldberg, délégué principal des États-Unis auprès des Nations Unies, a déclaré : « La résolution s’attelle à l’objectif qui est de ’trouver un juste règlement du problème des réfugiés.’ Cette formulation renvoie sans doute à la fois aux réfugiés arabes et juifs. »

En outre, chaque conférence de paix et accord signé ou suivi entre Israël et ses voisins arabes utilise le terme de « réfugiés » sans qualification.

Au cours des célèbres discussions de Camp David en 2000, le Président Clinton, le facilitateur et hôte de ces négociations, a déclaré : « Il devra y avoir une sorte de fonds international mis en place pour les réfugiés. Il y a, je crois, un certain intérêt, et, ce qui est intéressant, des deux côtés, à ce qu’il y ait aussi un fonds d’indemnisation pour les Israéliens qui sont devenus des réfugiés de la guerre qui a eu lieu après la naissance de l’État d’Israël. Israël est plein de gens, de Juifs, qui vivait dans des pays essentiellement arabes et qui sont venus en Israël parce qu’ils étaient devenus des réfugiés dans leur propre pays ".


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