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Sommation de Bush à Abbas et Sharon : Risquez la sédition pour arrêter la guerre

Par Stéphane Juffa © Metula News Agency

jeudi 31 juillet 2003
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Au lendemain de la rencontre entre le Président Bush et le Premier ministre Ariel Sharon à Washington, il semble que l’Amérique sorte confortée dans son rôle de moteur du processus de pacification entre Israéliens et Palestiniens. Le meilleur indice de cette démonstration consiste à remarquer les réactions mi-figue, mi-raisin qui se font entendre auprès des deux protagonistes directement concernés

Côté palestinien - la visite de Mahmoud Abbas sur les rives du Potomac avait précédé de quelques jours celle de son homologue israélien - on voulait surtout persuader l’Administration US que le désarmement des organisations terroristes n’était plus nécessaires, vu qu’on avait obtenu de leur part qu’elles respectassent globalement le cessez-le-feu.

Abbas et Dahlan, comprenant parfaitement qu’une opération musclée pour récupérer les armes du Hamas et du Djihad islamique dégénérera forcément en batailles inter palestiniennes et finira de consommer la rupture avec Arafat, qui s’oppose à ce désarmement, on comptait obtenir le feu vert de Bush afin de remettre cette échéance aux Calendes grecques.

On a dû déchanter. Lors de ses interventions publiques en marge des deux rencontres, le numéro un américain a au contraire réaffirmé sans ambages, que le démantèlement de tous les groupes armés illicites existant dans la partie palestinienne représentait une condition urgente et indispensable au pavement de la Road Map. Bush a du même coup assuré Dahlan qu’il accélérerait la dotation et l’entraînement en cours de ses forces de sécurité intérieures mais il a exigé de sa part qu’il se mette au travail.

Le Président américain a ainsi ramené à l’unisson de ses exigences les deux gouvernements, en définissant une chronologie événementielle claire : Il n’exigera aucune action significative - hormis des actes humanitaires visant à alléger les pressions existant sur la population palestinienne - de la part d’Israël avant le désarmement des terroristes.

Cette prise de position va, au demeurant, mais au demeurant seulement, dans le sens des attentes de Jérusalem car GWB a également précisé à ses deux interlocuteurs, qu’une fois le processus de désarmement clairement engagé (et non pas à l’issue de ce processus, comme le voulait Sharon) il exigerait des Israéliens qu’ils mettent en œuvre rapidement les concessions majeures qui figurent sur la Carte Routière. On parle ici d’actions douloureuses pour le Premier ministre de l’Etat hébreu, qui comprennent, outre le retrait de Tsahal des territoires palestiniens qu’elle occupe, le démantèlement des implantations - non plus des points de peuplement symboliques - idéologiques situées au cœur du futur Etat palestinien. Pour Sharon, cela mènera indubitablement à l’éclatement de sa coalition gouvernementale, avec le départ sur un ton quasi insurrectionnel des composantes d’extrême droite et aussi, avec la sécession de l’aile conservatrice de son propre parti du Likoud.

Bush a été aussi clair sur ce point avec Sharon, qu’il a été précis avec ses interlocuteurs palestiniens sur la nécessité de désarmer la terreur. De plus, il a demandé à son interlocuteur israélien « de s’abstenir strictement de toute action qui pourrait hypothéquer la réussite de cette première phase significative de son plan de paix ». Entendez par là, que dans l’attente de l’intervention des troupes de Dahlan, Washington n’acceptera pas d’extension des implantations existantes, pas plus que de manœuvres visant à instaurer des faits accomplis attenants à des sujets devant être abordés lors de la phase significative du processus.

Et la Maison Blanche est on ne peut plus sérieuse et on ne peut moins naïve sur le contrôle des effets décidés par les partis ou endossés par elle-même au-delà de leur volonté exprimée. Pour parvenir à ses fins, George Bush a déjà déployé sur le terrain des dizaines d’observateurs de la CIA, « que l’on voit absolument partout », selon le témoignage de notre ami El-Soudi.

Il suffit que l’armée israélienne ferme un barrage qui aurait dû rester ouvert, ou qu’elle impose des tracasseries inutiles aux passants palestiniens pour que le bureau de Condoleezza Rice soit aussitôt informé et que le téléphone crépite dans le bureau du général Mofaz. Le même type de traitement est appliqué au gouvernement palestinien, dont les responsables se font tirer les oreilles s’ils n’ont pas donné la suite qui s’imposait à un avis israélien sur la gestation d’une opération terroriste.

C’est à ce prix, celui d’une implication américaine courtoise mais directe, que la paix progresse et que le nombre de violations de la trêve diminue.

Ceci dit, tant Abbas que Sharon ne savent pas très bien comment ils vont s’y prendre pour satisfaire les exigences d’outre-Atlantique. C’est en effet une situation exceptionnelle que celle dans laquelle on leur demande de risquer des troubles intérieurs majeurs afin de faire avancer la cause de la paix. C’est également que, suivant la lecture des forces politiques et armées en présence faite par les analystes stratégiques officiels américains, les deux gouvernements devraient pouvoir - au travers de modifications d’équilibres fondamentales et malaisées - surnager aux remous suscités par les actes qu’on leur demande d’effectuer. De toutes façons, aussi, les mêmes experts, dont nous partageons sur ce point l’analyse stratégique, n’entrevoient pas qu’une coexistence pacifique puisse s’instaurer, tant qu’il y aura d’un côté des terroristes islamiques mondialo-hégémonistes et de l’autre, des petites concentrations de zélotes, s’incrustant en face de conurbations arabes fortes de centaines de milliers d’âmes.

Vu ce qui précède, on saisira combien la complication du mur est à la fois infiniment moins importante pour le succès de la Road Map et qu’elle est déjà incluse dans les dispositions que nous venons de décrire. Tout l’émoi que suscite ce fronton et qui prend d’ailleurs des proportions franchement malsaines sous la plume de certains parenthésistes, tient dans la discussion autour du rôle que le gouvernement israélien entendait lui voir remplir. Tant qu’il s’agissait d’un rempart affecté à la stricte sécurité du pays, comme l’imaginaient les responsables de l’armée et les Travaillistes,promoteurs du projet, nous évoluions dans le cadre de l’application légitime de notre souveraineté nationale. Nous décidions des moyens les plus adaptés à défendre la sécurité de nos concitoyens, soumis à la folie destructrice des assassins fanatiques musulmans, et cette mesure ne concernait que nous.

Mais dès que la construction de cette barrière artificielle devint le sujet d’un débat entre politiciens, il allait rapidement constituer une pierre d’achoppement avant la lettre - avant que le sujet ne soit abordé par la Road Map - réclamant que soient définies les frontières définitives de l’Etat d’Israël. Aussi, les deux visions politiques s’entrechoquent si véhémentement, quant à savoir s’il faut préparer une frontière sur l’ex-limite qui nous séparait de la Jordanie jusqu’en 67, même en y aménageant des modifications mineures, ou s’il fallait intégrer derrière le mur les implantations qu’on essayerait de conserver.

Dans le second cas, il est vrai, à suivre certains ministres du cabinet Sharon, c’est un enclos à Palestiniens qu’il faudrait construire et qui rendrait effectivement superflue toute discussion future sur le tracé de la frontière entre l’Etat d’Israël et celui de Palestine.

En conclusion des discussions d’hier à Washington, des limitations qui sont imposées aux protagonistes, et malgré les déclarations revêches de Sharon, ce dernier se gardera soigneusement d’édifier la barricade anti-terroristes aux endroits soumis à divergences. En d’autres mots, beaucoup plus simples, le mur est condamné à ne pas voir le jour et par la faute des tergiversations interminables du chef du Conseil.

Pourtant il était nécessaire, ce mur sécuritaire et il aurait fallu qu’il existât depuis deux ans sur la ligne jugée utile par les militaires. C’était tout ce qu’il y avait de faisable, s’ils avaient reçu le blanc seing du pouvoir. Cela aurait ainsi épargné la vie de plusieurs centaines d’Israéliens innocents, que l’indécision coupable d’Ariel Sharon a laissés, sans défense concrète, en proie aux crimes contre l’humanité des islamistes palestiniens


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