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Processus de paix : les lignes de front d’août 2010

Hélène Keller-Lind

mardi 24 août 2010
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Les négociations israélo-palestiniennes qui doivent reprendre le 2 septembre sont censées se tenir « sans préconditions. » Ce qui ne ressort pourtant pas des revendications palestiniennes concernant aujourd’hui le gel des constructions dans les implantations. Quant aux dirigeants israéliens, leur préoccupation essentielle est de parvenir à la paix tout en sauvegardant la sécurité.

L’exercice d’équilibriste du Département d’État

Négociations sans préconditions...en principe. Mais, en réalité, les Palestiniens se sont empressés de présenter un ensemble d’oukazes vigoureusement et bruyamment, oukazes assortis de menaces de rupture, aussitôt après avoir accepté, bien à contre-coeur, le principe de la reprise de négociations directes. A telle enseigne que lors du point de presse du 23 août dernier, le Secrétaire d’État adjoint du Département d’État – l’une des puissances invitantes avec le Président Obama- devait répondre à des questions péremptoires sur ce qui sont, en fait, des préconditions, démontrant au passage l’impact qu’ont les revendications palestiniennes et la manière dont elles sont faites .

Un journaliste, en effet, faisait remarquer à Philip Crowley que «  les Palestiniens ont dit très clairement qu’à moins que les Israéliens n’étendent le gel des implantations en Cisjordanie et ne l’étendent à Jérusalem-Est, cela va être une série de rencontres très courte, comme, en fait, deux jours, peut-être, et puis ils rentreront chez eux et ce sera terminé. » Et il ajoutait : « et qu’est ce que vous et les Israéliens faites pour éviter ça ? » On voit que si échec rapide il y a la responsabilité en sera donc attribuée aux Israéliens et au Américains.

A question épineuse, réponse embarrassée. Le journaliste insiste. Philip Crowley finit par dire, soulignant que les deux parties sont impliquées : « eh bien, il appartiendra aux Israéliens et aux Palestiniens d’éviter de prendre des mesures qui peuvent compliquer les négociations. »

Le journaliste insiste encore : « Eh bien, qu’est-ce que vous allez faire de précis à propos de cette question qui semble être la question principale pour les Palestiniens  ? »

Réponse : « Eh bien, les implantations sont une question importante et nous pensons que nous traiterons des implantations comme des autres problèmes cruciaux pour un statut final dans le contexte de ces négociations. »

Le jeu des questions réponses continuera, démontrant que la tactique de récrimination et de revendication palestinienne marche. Toutefois Philip Crowley n’en démordra pas : ce point, comme les autres, entrent dans le cadre de négociations directes. Et un ordre du jour doit être déterminé le 2 septembre.

Les Palestiniens tentent d’avance de rendre Israël responsable d’un échec quasi immédiat

On apprend lors de cet échange que les Palestiniens sont fait feu de tout bois, le journaliste en question évoquant une intervention de « Nabil Abu Rdainah – un conseiller très proche de Yasser Arafat recyclé en porte-parole du Fatah et de Mahmoud Abbas - qui aurait appelé – et l’a probablement fait - le Sénateur Mitchell pour discuter du fait que la Secrétaire d’État Clinton a dit que ces négociations se tiendraient sans préconditions, et qu’il n’y aurait donc pas d’arrêt des implantations, et que cela était une préoccupation majeure après le communiqué de vendredi annonce américaine de la reprise des négociations. »

Cet affolement est ironique dès lors que ce sont les Palestiniens qui ont tout fait pour éviter de reprendre des négociations directes pendant près de dix mois, laps de temps donné pourtant par Benyamin Netanyahou pour un moratoire sur les constructions qui espérait alors que cette décision conduirait à une reprises des négociations bien avant septembre-. Un moratoire qui se termine le 26 septembre.

On sait aussi que dès l’annonce de la rencontre israélo-palestinienne organisée par Barack Obama et Hillary Clinton l’Autorité palestinienne s’est aussitôt manifestée vigoureusement après avoir enfin accepté de négocier. Mahmoud Abbas s’est adressé par courrier au « Président américain Barack Obama, au Président russe, Dimitri Medvedev, au Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon et au chef de la diplomatie de l’Union Européenne Catherine Ashton  » Pour leur dire, se faisant mathématicien, que « les implantations et la paix représentent deux trajectoires parallèles qui ne peuvent jamais se rencontrer. » Et il mettait en garde avec sa mauvaise foi habituelle : « une décision israélienne de continuer à construire dans les implantations signifierait qu’Israël a décidé d’arrêter les négociations parce que les négociations ne peuvent continuer si les implantations continuent. » Il se félicitait d’ailleurs que le Quartet se soit exprimé contre la poursuite de toute construction.

Par ailleurs, le négociateur professionnel palestinien Saeb Erekat, avertissait aussi : il y aura rupture si la moindre construction reprend après le 26 septembre. »

Ce n’est là que le premier obstacle

Or on sait que lors de l’annonce de ce moratoire sur de nouvelles constructions en Judée Samarie, le Premier ministre israélien disait clairement que cela ne concernerait « pas les écoles, les jardins d’enfants, les synagogues et les édifices publics nécessaire pour vivre normalement. » Les interlocuteurs palestiniens seront-ils à l’affût du moindre agrandissement que ce soit dans une crèche, une garderie ou un école ? A voir la véhémence qu’ils expriment sur ce sujet, on peut l’imaginer et imaginer qu’ils se saisiront du moindre prétexte pour mettre un terme à des négociations dont ils ne veulent pas, en faisant porter la responsabilité à Israël.

Et il y a, bien sûr, la question de constructions à Jérusalem-Est qui n’étaient pas concernées par le moratoire mais qui ont été gelées de fait , ce qui montre d’ailleurs que le gouvernement israélien peut prendre des mesures « pénibles » si nécessaire.

Tous ces efforts palestiniens pour tenter de trouver des raisons de faire capoter les négociations avant même leur début ne se concentrent pourtant actuellement que sur un seul point, celui des constructions dans des implantations existant. Or, comme le faisait remarquer Philip Crowley, il y a quantité « d’autres problèmes cruciaux pour un statut final » Si elles ne sont pas coulées dés le départ on imagine que les Palestiniens feront tout pour les rendre aussi ardues que possible.

Côté israélien, tout autre son de cloche : volonté de paix, décisions courageuses et intérêts vitaux

Benyamin Netanyahou, pour sa part, a salué la reprise de négociations directes dès leur annonce le 20 août, en ces termes : « parvenir à un accord est un défi difficile mais possible. Nous allons entamer ces négociations avec un réel désir de parvenir à un accord de paix entre les deux peuples tout en sauvegardant les intérêts nationaux d’Israël et au premier chef sa sécurité. »

Le 22 août le Premier ministre israélien réitérait ces déclarations lors de la réunion de son Cabinet :

Le 24 août le ministre de la Défense Ehoud Barak rencontrait Tony Blair, l’Envoyé spécial du Quartet. A cette occasion il tenait sensiblement les mêmes propos : « nous espérons tous sincèrement qu’une façon de progresser sera trouvée. Il est clair pour nous que des décisions courageuses sont nécessaires des deux côtés. Israël y est prêt tout en sauvegardant ses intérêts vitaux et nous espérons que l’autre partie trouvera la force d’en faire de même. »


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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