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Mur ou les carences de l’ancienne directrice du Bureau parisien de l’American Jewish Committee...

Hélène Keller-Lind

dimanche 15 août 2010
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Pour être en mesure d’œuvrer réellement pour la paix au Proche-Orient, l’ancienne directrice du Bureau parisien de l’AJC, aujourd’hui Représentante spéciale de la France pour la dimension économique, culturelle, commerciale, éducative et environnementale du processus de paix au Proche-Orient, devrait mieux maîtriser les dossiers

L’exemple d’un long entretien sur les ondes de Radio Orient



Au cours de son long entretien avec René Backmann, journaliste au Nouvel Observateur, Hassan Zerrouky, journaliste au quotidien L’Humanité, Loïc Barrière qui animait le club de la presse de Radio-Orient la « Représentante spéciale de la France pour la dimension économique, culturelle, commerciale, éducative et environnementale du processus de paix au Proche-Orient » - c’est son titre- a dû répondre à des remarques fortes faites, entre autres, sur la barrière de sécurité érigée par Israël.

Questions légitimes même si un grand nombre de contrevérités ont été énoncées par ses interlocuteurs. Qui n’étaient d’ailleurs pas d’accord entre eux. Pour René Backmann, le fameux «  mur , » bien qu’ayant contribué à faire baisser le terrorisme, il le reconnaît, n’a été construit, selon lui, que pour annexer des terres palestiniennes, la « colonisation » étant le vrai problème. Mais pour Hassan Zerrouky le «  mur  » détruit l’économie palestinienne et est donc la cause de tous les problèmes.

Ce qu’ils ont affirmé et les réponses données illustrent une certaine impréparation de la Représentante ou une méconnaissance partielle des dossiers. Ce qui ne peut qu’être préjudiciable à son action, quel que soit le nombre de kilomètres qu’elle parcourt par ailleurs, le nombre de rencontres, de dîners, etc.


L’ancienne directrice du Bureau de l’American Jewish Committee à Paris a certes donné un certain nombre de réponses qui s’imposaient. Ainsi rappelait-t-elle que « le mur  » a été construit dans la foulée de la vague d’attentats perpétrés après Oslo et que, grâce à lui, le nombre d’attentats en Israël a diminué de 95 %. Ou que « l’économie palestinienne en Cisjordanie » a décliné à la suite de la vague d’attentats post-Oslo et se porte bien mieux aujourd’hui – progrès qu’elle attribue aux seuls dirigeants palestiniens, oubliant toutes les mesures prises par le gouvernement de Benyamin Netanyahou pour ce faire-. Mais le reste de ses réponses laissait beaucoup à désirer. Même si l’on comprend bien qu’elle veuille ne pas heurter ses interlocuteurs et qu’il n’est pas toujours aisé de rectifier les choses sans risquer de le faire. Néanmoins, laisser dire des contrevérités dans un dossier aussi important, voire y contribuer, n’est évidemment ni acceptable ni une manière de faire comprendre ce que sont les véritables problématiques et donc de faire progresser la paix.


Une barrière de sécurité et non pas un «  mur  »




En premier lieu elle utilise le mot « mur » pas moins de onze fois de suite en un laps de temps très court. Sur une vingtaine de fois en comptant les interventions de ses interlocuteurs. Mot martelé donc et entendu très clairement par les auditeurs. Ce qui vient renforcer l’imagerie anti-israélienne largement véhiculée, illustrée par des photos de portions de cette barrière de sécurité. Et contribue à accréditer l’idée – fausse- qu’un terrible « mur » quasi hermétique existerait sur toute la longueur de la barrière perturbant gravement l’existence de paisibles Palestiniens. Barrière qu’il est alors aisé de comparer au Mur de Berlin, etc. en y ajoutant toute l’imagerie de l’apartheid.


Or, et cette ancienne directrice de l’American Jewish Committee devrait le savoir, il ne s’agit en aucun cas d’un « mur ». Si cette barrière est en effet un mur par endroits c’est que cela répond à des considérations de sécurité. Une barrière, telle qu’elle l’est sur la grande majorité de son tracé, ne serait d’aucune efficacité lorsque des bâtiments ou des routes israéliens et palestiniens sont proches.

Lorsque Hassan Zerrouky évoque la fermeture d’entreprises palestiniennes à cause du «  mur  », elle le déplore et on le comprend, dès lors que l’on attribue les véritables responsabilités en jeu, mais elle le fait en ces termes « on peut regretter et je le regrette, que la réponse à un mur dans les têtes a été la construction d’un mur physique. » Ce qui est étonnant et contradictoire étant donné qu’elle vient d’expliquer que c’est la vague d’attentats palestiniens après Oslo qui a incité les autorités israéliennes à construire cette barrière de sécurité. Et qu’elle précise que grâce à cette barrière de sécurité il y a eu « 95 % d’attentats en moins. » Plus étonnant encore est cette phrase de la Représentante, dite sans commentaire ni explication : « il faut espérer que ce mur soit détruit le plus vite possible... »

C’est d’ailleurs le travailliste Benyamin Ben-Eliezer, alors ministre de la Défense d’Israël et non pas par un dirigeant de droite, ce que l’on ignore généralement, qui a voulu l’érection de cette barrière de sécurité. Précision qu’il aurait été opportun de donner.


L’action capitale de la Cour Suprême israélienne



Personne n’aurait pu commenter de manière précise le cas imprécis de fermeture d’entreprises cité par Hassan Zerrouky. Mais cette Représentante dont la mission est de faire progresser le processus de paix, aurait bien entendu dû rappeler que la Cour Suprême d’Israël reçoit et instruit les plaintes éventuelles déposées concernant le tracé de cette barrière de sécurité avec une rigueur incontestable . Cour Suprême qui examine les exigences sécuritaires d’une part et les problèmes éventuellement causés, d’autre part, et juge ensuite en se souciant de garder un nécessaire équilibre. Et elle déboute le gouvernement israélien lorsque la plainte contre le tracé de la barrière de sécurité s’avère justifiée et qu’il n’a pas de justification valable pour préserver la sécurité des citoyens israéliens. Ce qui est capital.



Par ailleurs il aurait été opportun également de signaler qu’il y a, bien évidemment, toute une série de passages dans cette barrière de sécurité permettant justement la circulation des personnes et des biens . Même un contrôle y est bien évidement exercé, ce qui va de soi dans le contexte de la poursuite d’attentats terroristes en Judée Samarie. Qui est, hélas, un fait, même si en 2009 il y ait eu une baisse du nombre d’attentats par rapport à 2008.

Les raisons de la baisse du nombre d’attentats



Une réponse aurait d’ailleurs due être faite aussi à René Backmann à propos de cette baisse du nombre d’attentats. Il affirme, en effet, qu’elle est due à des décisions palestiniennes « de l’Autorité palestinienne mais aussi des mouvements les plus activistes à Gaza. » Ce qui n’est vrai que très partiellement pour l’Autorité palestinienne qui continue à inciter à la violence de mille et une manières http://palwatch.org/ et dont nombre de responsables expliquent ne pas avoir recours à la violence actuellement pour des raisons stratégiques


Mais il aurait fallu préciser que cette baisse est aussi et surtout due au fait que des forces de sécurité israéliennes continuent à lutter contre le terrorisme dans une partie de la Judée Samarie ou que si des checkpoints ont été démantelés par le gouvernement Netanyahou justement pour faciliter la vie des Palestiniens, tous ne l’ont pas été pour des raisons de sécurité

Il ne faut pas oublier, d’ailleurs, qu’en Judée Samarie il y a toujours des membres et dirigeants du Hamas dont la Charte appelle à la destruction de l’État hébreu. L’Autorité palestinienne arrête d’ailleurs parfois certains d’entre eux, ce que dénonce le Hamas depuis la Bande de Gaza

Quant à ce qu’il dit de la Bande de Gaza, il aurait fallu s’inscrire en faux contre l’affirmation totalement fausse de René Backmann et lui rappeler tout simplement que des dizaines de roquettes continuent à être tirées sur les populations civiles du sud d’Israël depuis celle-ci et ne pas se contenter de n’évoquer que Gilad Shalit – ce qu’il était nécessaire de faire, bien entendu -.


Le tracé de la barrière de sécurité



René Backmann estime que la longueur du tracé de la barrière de sécurité – 720 kms, dit-il : prévus mais la barrière n’est pas terminée - prouve qu’elle a été érigée en fait pour annexer des territoires palestiniens puisqu’elle est bien plus longue que la Ligne Verte – Ligne d’armistice entre Israël et la Jordanie entre 1947 et la Guerre des Six Jours de juin 1967 – de 320 kms selon lui. Affirmation fausse, ce que n’a pas contesté la Représentante.


Or cette barrière de sécurité n’est en aucun cas une quelconque frontière et n’a pas vocation à l’être. Elle a été construite en fonction des réalités sécuritaires et celles du terrain, ce qui explique ses nombreux méandres.

Les futures frontières entre Israël et un futur État palestinien seront déterminées lors de négociations entre Israël et les Palestiniens. Auxquelles se refusent toujours pour l’heure l’Autorité palestinienne. Et tous les dirigeants israéliens ont toujours affirmé que cette barrière de sécurité, aisément amovible, ne crée pas de précédent. Elle n’annexe donc rien du tout.


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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