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Les « pressions » sur l’Iran et Israël, un jeu de dupes mais pour des raisons différentes

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach pour lessakele et aschkel.info

lundi 17 mai 2010
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Des « pressions » sont exercées sur l’Iran et sur Israël pour tenter d’influer sur leurs actes, considérés comme étant de nature à porter atteinte à la stabilité internationale. Par ailleurs, ces pressions rassurent l’opinion publique internationale en suggérant l’existence de « contre-pouvoirs » visant à un rétablissement rapide de la situation qui prévalait antérieurement. Ces pressions visent à contraindre l’Iran à renoncer à ses ambitions nucléaires, et Israël (réputé responsable du blocage des négociations avec les Palestiniens), à abandonner ses implantations en Cisjordanie et sa souveraineté sur la partie orientale de sa capitale historique.

Le problème se pose toutefois de savoir si ces « pressions » (consistant généralement dans des sanctions ou dans des mesures auxquelles la communauté internationale menace de recourir), sont réellement efficaces ou si finalement, les Etats concernés peuvent en faire abstraction, et rendre leurs décisions opposables à la communauté internationale. S’agissant de l’Iran et d’Israël, ces pressions apparaissent, pour des raisons différentes, parfaitement inopérantes, un peu comme s’il s’agissait d’un jeu de dupes, avec tous les dangers relatifs aux frustrations qu’elles induisent.

Depuis de nombreuses années, la communauté internationale déploie tous ses efforts pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. En avril 2009, des pressions économiques et financières ont été exercées au moyen d’un boycott des banques iraniennes. Rien n’y a fait : Ahmadinejad a confirmé poursuivre sur sa voie. En 2010, les pressions se sont encore accrues par le recours aux outils financiers sur la place de Dubaï, seule porte ouverte sur le monde pour la République islamique. Les Etats-Unis ont alors fait interdiction aux établissements financiers de traiter avec leurs clients iraniens et empêché les prestataires de services, les banques et les autorités de régulation, d’accéder aux services indispensables en cas d’investissement en Iran. Ces menaces n’ont pas non plus ébranlé le régime des Mollah qui a confirmé maintenir le cap. En avril 2010, de nouvelles pressions ont été exercées par les Etats Unis avec la doctrine nucléaire du Président Obama (« nouvelle posture nucléaire ») prévoyant que les Etats-Unis n’utiliseraient ni ne menaceraient d’utiliser des armes nucléaires contre des Etats ne possédant pas d’armes nucléaires et qui sont signataires du Traité de non-prolifération nucléaire. Inversement, les pays comme l’Iran (ou la République populaire démocratique de Corée) qui violeraient ou renonceraient au traité, resteraient sur la liste des cibles potentielles. Cela n’a nullement ému le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui continue de narguer le monde avec ses intentions estimant par ailleurs que la nouvelle politique nucléaire américaine était dictée sous la pression israélienne.

Comme gage de bonne volonté, la communauté internationale s’est même engagée à rééquilibrer les exigences en exerçant, concomitamment, des pressions sur l’Etat juif sur ce point. Lors de la Conférence sur la non prolifération nucléaire qui se déroule en mai 2010 aux Etats-Unis, les cinq membres permanents du conseil de sécurité (Etats Unis, Chine, France, Russie et Grande Bretagne) ont signé l’engagement de faire respecter la résolution de 1995 de l’ONU sur un Moyen Orient dénucléarisé, résolution qui oblige Israël à se défaire de sa force nucléaire et l’invite à ratifier le traité de non prolifération nucléaire.

Ces nouvelles mesures ne seront pas de nature à faire renoncer l’Iran à ses ambitions nucléaires : si les Etats-Unis ont une doctrine en matière de nucléaire, l’Iran en a également une sur la disparition programmée d’Israël. Or, il n’y a aucune raison de penser que la doctrine d’Obama prévale sur celle d’Ahmadinejad. Par ailleurs, l’Iran dispose également d’une capacité de nuisance contre les intérêts économiques et géopolitiques des Etats-Unis en se rapprochant de tous ceux qui ont l’ennemi américain en commun : la Chine, la Russie, le Venezuela. Enfin, l’Iran sait parfaitement qu’Israël n’acceptera jamais de se priver de son potentiel nucléaire et ne craint donc pas la confrontation armée.

S’agissant des pressions exercées sur l’Etat hébreu dans la relation avec les Palestiniens, il est demandé au Premier ministre Netanyahou de « faire preuve de sincérité dans le processus de paix avec les Palestiniens » et de s’abstenir de toute démarche unilatérale risquant de gêner la relance des pourparlers. A demi-mot, il est demandé à Israël de renoncer purement et simplement à sa souveraineté sur la partie orientale de Jérusalem mais les pressions sur ce point devraient, de la même manière, rester parfaitement inefficaces.

Dans les faits, la communauté internationale est passablement gênée dans son implication sur le règlement du conflit, compte tenu des engagements pris en faveur des Palestiniens, qu’elle est incapable de tenir. En effet, elle a régulièrement condamné Israël pour l’annexion de Jérusalem-Est depuis 43 ans, sans résultat. En 1968, la résolution 252 (1968) du Conseil de Sécurité a considéré non valables les mesures législatives et administratives prises par Israël modifiant le statut juridique de Jérusalem. La résolution 3236 (AG ONU) du 22 novembre 1974 a ensuite réaffirmé les droits inaliénables du peuple palestinien en Palestine. La résolution 3376 (AG ONU) du 10 novembre 1975 a même créé un Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien chargé d’en assurer la mise en œuvre. Dès avant le vote par la Knesset de la loi sur Jérusalem (13 décembre 1980), le Conseil de Sécurité avait adopté (le 30 juin 1980) sa résolution 476 demandant à la « puissance occupante » de cesser les mesures affectant le statut de Jérusalem puis, le 20 août 1980, la résolution 478 affirmant que les mesures prises concernant le Statut de Jérusalem étaient nulles et non avenues. Dans la résolution 672 du 20 décembre 1990, le Conseil de sécurité s’est déclaré préoccupé de la détérioration de la situation « dans tous les territoires palestiniens occupés par Israël depuis 1967, y compris Jérusalem » (tout comme dans la résolution ES-10/6 du 9 février 1999 et celle du 1er décembre 2000). Dans la résolution ES-10/13 du1 octobre 2003, il est même exigé d’Israël un arrêt de la « construction du mur dans le territoire palestinien ».

Les Palestiniens sont donc légitimement en droit de se demander si l’on ne se moque pas d’eux : en dépit des décisions de l’AG des Nations Unies, les israéliens poursuivent l’aménagement de la partie orientale de Jérusalem, y construisent des routes, établissent des check-points, construisent de nouvelles implantations pour les Juifs, limitent leur accès aux lieux saints, aménagent des voies de communications qui coupent la Cisjordanie (ligne de tramway), détruisent les maisons palestiniennes construites sans permis valables, voire inscrivent la vieille ville dans la liste du patrimoine juif, bref, y exercent une parfaite et entière souveraineté.

Le Quartette (Etats-Unis, Russie, ONU et Union européenne) peut toujours considérer que « les nouvelles constructions à Jérusalem-Est et en Cisjordanie » affectent la confiance mutuelle, cela ne changera rien. La souveraineté d’Israël sur sa capitale transcende les décisions de la communauté internationale pour une raison très simple : ces dernières ne sont fondées, ni en droit, ni en équité ni même par le bon sens, mais simplement par l’opportunisme, ce qui est manifestement insuffisant.


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