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La chemise du rabbin Farhi

Marie-France Etchegoin -

vendredi 4 juin 2004
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http://www.nouvelobs.com/articles/p2065/a242726.html
Une nouvelle expertise sur les vêtements de Gabriel Farhi confirme ses affirmations. Mais la brigade criminelle poursuit ses investigations pour savoir s’il a été réellement agressé

L’approche de la vérité tient parfois à un bout de tissu et à la qualité de son tissage. C’est ce que montre un nouveau rebondissement dans l’enquête sur l’agression du rabbin Farhi.

Depuis un an et demi, la juge Marie-Antoinette Houyvet essaie de reconstituer ce qui s’est réellement passé le 3janvier 2003, aux alentours de 17heures, dans la synagogue de la rue Pétion. Gabriel Farhi a-t-il été attaqué par un motard armé d’un couteau Laguiole, comme il le répète depuis le premier jour ? Ou a-t-il monté une machiavélique mise en scène, peut-être avec l’aide de complices, comme se le demandent les enquêteurs ?

En septembre dernier, un ingénieur textile commis par la juge assure que la déchirure en forme de Z faite par le laguiole sur la chemise est « incompatible » avec les dires du rabbin. Ce dernier a, en effet, toujours raconté que son agresseur ne l’avait frappé que d’un coup de couteau. Or l’ingénieur a dû en donner trois, lors des tests qu’il a réalisés pour son expertise, pour obtenir ce Z sur son échantillon.

L’hypothèse de l’automutilation est donc confortée : craignant de se blesser trop gravement, le rabbin s’y serait repris à plusieurs fois pour transpercer sa chemise et inciser sa peau… Quand son avocat, Michel Zaoui, lit cette expertise, il bondit : car l’expert n’a pas « travaillé » sur une chemise identique mais sur un… caleçon, trouvé chez le même fabricant, « dans un natté 2/2 ». Celle du rabbin était dans un natté 3/4. Pis. Pour ses tests, l’ingénieur a tendu le tissu sur un ballon ! Rien à voir avec le ventre d’un humain de 40ans, s’insurge l’avocat.

Deux nouveaux spécialistes se penchent alors sur la question. La chemise ne se vend plus, mais ils contactent le fabricant et reçoivent, en mars dernier, 4,20mètres de « tissu similaire ». Ils lavent et repassent l’échantillon à 10reprises (pour obtenir le même toucher que la « vraie »), le placent « sur un support vertical recouvert de plusieurs couches de feuilles d’emballage en plastique à bulles. Le tissu ainsi placé présentait par endroits des plis tels ceux d’une chemise tenue dans la ceinture d’un pantalon ». Résultat : « Nous avons donné des coups, poursuivent les experts, en effectuant un mouvement horizontal. […] Le couteau a entaillé le tissu plié. L’entaille n’a pas exactement les mêmes dimensions que celle de la chemise de Gabriel Farhi, mais le principe de sa formation reste le même. » En Z. La déchirure est donc tout à fait compatible avec les dires du rabbin, concluent en substance les experts dans un rapport arrivé sur le bureau de la juge il y a quelques jours.

Le mystère de la rue Pétion demeure pourtant. Cette enquête empoisonnée a été confiée à la brigade criminelle de Paris, considérée comme « la crème de la PJ ».

Les policiers du Quai-des-Orfèvres font appel aux techniques scientifiques les plus pointues. L’énergie déployée est digne des plus grandes affaires. Interrogatoires multiples, expertises et contre-expertise sur la voiture du rabbin incendiée quelques jours après l’agression ou sur un départ de feu dans la synagogue quelques mois avant, recherches informatiques pour remonter - jusqu’au Koweït - la piste d’un courriel, relevé ADN, écoutes téléphoniques, examen graphologique de lettres de menaces.

Les enquêteurs auscultent le Mouvement libéral juif de France (MLJF), dont Gabriel Farhi - et surtout son père, Daniel, rabbin lui aussi - est l’un des représentants. Ils découvrent comme dans n’importe quelle communauté des dissensions, des haines recuites, des personnages étranges. C’est « polar à la synagogue ». Mais aussi bien plus qu’un fait divers.

En janvier 2003, plusieurs responsables politiques, Nicolas Sarkozy en tête, avaient participé à une cérémonie pour dénoncer l’« intolérable agression ».

Depuis, le rabbin, sans jamais avoir été mis en examen pour se défendre, est insidieusement passé du statut de la victime à celui du suspect.


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