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Opposition des pays arabes à la proposition d’Amr Moussa de renforcer les liens avec l’Iran

MEMRI Middle East Media Research Institute

dimanche 18 avril 2010
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Lors du dernier sommet de la Ligue arabe, tenu les 27 et 28 mars à Syrte, en Libye, Le Secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa a fait deux propositions visant à renforcer les liens entre les Etats arabes et l´Iran et à permettre à ce dernier d´accroître sa participation aux activités du monde arabe. La première proposition a été de créer un forum au sein de la Ligue arabe pour y représenter les pays voisins des Etats arabes, ce afin d´accroître la coordination et la coopération et de faire progresser les intérêts communs des Etats arabes et non arabes. 


Bien que de nombreux pays asiatiques, africains et même européens aient été pressentis comme candidats à l’adhésion au forum, l’Iran était le principal Etat visé.



Les pays de la Ligue arabe ont accueilli la proposition avec une certaine réserve, voire une certaine hostilité, le Qatar étant le seul Etat à exprimer explicitement son accord. Il a finalement été décidé de reporter de six mois les discussions relatives à la proposition, délai au bout duquel une conférence extraordinaire serait tenue sur la question. 



La deuxième proposition de M. Moussa a été d’initier un dialogue entre les Etats arabes et l’Iran. Dans son allocution d’ouverture du sommet, il a qualifié ce dialogue d’ essentiel, soulignant : « Malgré les inquiétudes portant sur la position de l’Iran, la nécessité de pourparlers demeure. En dépit de positions conflictuelles a vec [l’Iran], nous avons une histoire et une géographie communes. » [1] La proposition n’a toutefois pas été mentionnée dans la déclaration de clôture du sommet [2]. 


La Syrie : l’Iran est un ami, non un rival 



L’idée de créer un forum des pays voisins a été prudemment approuvée par la Syrie.


Lors d’une rencontre avec Amr Moussa, le président syrien Bachar Al-Assad a souhaité un examen approfondi de cette option et a appelé à mettre en place les infrastructures nécessaires au lancement de l’initiative. [3] En revanche, la proposition de dialogue avec l’Iran a été rejetée d’emblée par les Syriens. Assad a expliqué que cette proposition se basait sur de mauvaises intentions à l’égard de l’Iran et placerait le pays dans la position de l’accusé obligé de se défendre, alors qu’en réalité, l’Iran se trouvait dans le même camp que les pays arabes, vu son soutien au mouvement de résistance et son assistance aux Palestiniens. Assad a ajouté que tout Etat arabe ayant un problème avec l’Iran pourrait s’adresser directement à son gouvernement au sujet des points de désaccord [4].

Dans un éditorial du quotidien gouvernemental syrien Al-Thawra, le directeur du journal, As’ad Aboud, affirme que le dialogue avec l’Iran ne doit pas devenir un sujet de discorde entre pays Arabes (comme la Palestine et l’Irak). Il écrit : « Nous et l’Iran, pays de la région, oeuvrons ensemble et maintenons le dialogue avec les autres pays [en demeurant] en position de force. » Il a estimé que l’Iran ne devait pas être perçu comme le rival des Etats arabes, mais comme un ami et allié. Il a en outre assuré que « nul n’a le droit de nier la présence historique, géographique et politique de l’Iran dans la région, ou son rôle concernant les questions fondamentales, comme la cause palestinienne... » [5]



Samira Al-Musalma, directrice du quotidien Techrine, résume cette position en ces termes : « Que veulent-ils de l’Iran ? Que doit faire un pays voisin, islamique comme l’Iran, pour qu’ils y voient un ami et pas autre chose, et comprennent que, même si nous sommes en désaccord sur certains points, nous devons régler ces problèmes en amis, à la table des négociations [plutôt que par la confrontation] ? » [6]



Le Premier ministre qatari et ministre des Affaires étrangères Hamad Bin Jassem Aal Thani a déclaré que tous les Etats arabes devaient soutenir la création d’une ligue des pays voisins, appelant les Arabes à comprendre le point de vue de « l’autre », en référence à l’Iran. [7] La presse du Qatar s’est abstenue de réagir aux propositions de M. Moussa, mais le quotidien Al-Raya a publié un article de l’ambassadeur iranien au Qatar Abdollah Sohrabi, où il écrit : « La proposition d’Amr Moussa... place la Ligue arabe face à une nouvelle option visant à promouvoir les objectifs et les intérêts des pays membres de manière adéquate... La position [de l’Iran et de la Turquie face la cause palestinienne] représente un a ppui stratégique essentiel pour les Etats arabes, et crée un large front islamique face à l’ennemi sioniste, qui renforce incontestablement le front arabe. »[8]



Le leader druze Walid Joumblatt, qui a récemment rejoint le camp pro-iranien et rencontré le président syrien Bechar Assad, a exprimé son soutien aux initiatives de Moussa. Dans une interview du quotidien saoudien Al-Watan, il assure : « Le monde arabe et islamique est en désaccord sur [la question des] relations avec l’Iran. Il pourrait s’avérer utile dans un proche avenir d’établir de nouvelles relations avec ce pays, comme ’Amr Moussa a proposé de le faire lors du sommet de la Ligue arabe. Il existe de puissants éléments qui soutiennent la cause arabe, dont la République is lamique d’Iran et la Turquie ; il est donc nécessaire d’établir de bonnes [relations] avec ces deux grands pays... Bien qu’il y ait des différends entre l’Iran et les Etats arabes, il est essentiel que ces désaccords soient réduits au minimum. Il est essentiel qu’Arabes et Iraniens négocient et énoncent clairement leur [intérêts] respectifs, afin d’éviter des affrontements [d’intérêts]... Il n’y a pas d’alternative au dialogue positif et constructif avec [l’Iran] sur la sécurité du Golfe, l’Irak, le Yémen et le Liban. » [9] 



Un quotidien égyptien : Oui aux relations de bon voisinage avec l’Iran, non à ses complots contre les Etats arabes 


Le camp de l’Arabie et de l’Egypte s’est pour sa part opposé aux initiatives de rapprochement avec l’Iran. Le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Abou Al-Gheit a ainsi déclaré que la proposition de forum nécessitait un examen approfondi. Quant à la proposition de dialogue avec l’Iran, Abou Al-Gheit a affirmé : « La plupart des États arabes ne la soutiennent pas actuellement. » [10]



Le Directeur général de la Télévision jordanienne Saleh Al-Qallab résume dans un article d’Al-Sharq Al-Awsat la position des parties opposées aux propositions : « Le plus triste est que, suite au succès de la Révolution [islamique], le régime de Khomeiny a entrepris de s’ingérer dans les affaires intérieures de tous les pays du Golfe, ainsi que de l’Irak, du Yémen, de l’Egypte et de la plupart des pays d’Afrique du Nord. Cela oblige la plupart des Etats arabes à rejeter l’appel d’Amr Moussa à former une »ligue des pays voisins « , et à refuser l’entrée de l’Iran dans cette ligue, tant qu’il n’aura pas mis fin à ses ingérences dans leurs affaires intérieures. » [11] 



Ossama Saraya, directeur du quotidien gouvernemental égyptienAl-Ahram, estime pour sa part que l’Iran exploite les questions à l’ordre du jour dans les pays arabes pour faire avancer ses propres intérêts. Si les Iraniens veulent des relations de bon v oisinage avec les Arabes, écrit-il, ils doivent commencer par mettre fin à leurs complots contre eux : « Au sommet, il y a eu une tentative pour coopérer avec les pays voisins tout en neutralisant leur influence négative... La Turquie, par exemple, a prouvé [sa bonne volonté]... Quant à l’autre voisin, l’Iran, il manipule les problèmes arabes, essayant d’en faire une carte qu’il peut sortir pour [aider à résoudre] son propres problèmes intérieurs. Il est derrière tous les dangers auxquels nos propres Etats arabes se trouvent confrontés, et derrière les crimes commis en Irak. Il fait du Liban un prisonnier du Hezbollah.... Il joue en outre avec le Yémen et la Palestine, est à l’origine du schisme et des affrontements opposant Gaza et la Cisjordanie. En outre, la main invisible de l’Iran est à l’origine des troubles dans les Etats du Levant et dans le Golfe arabe. Le sommet a transmis un message à l’Iran quant à la manière correcte et saine d’établir de bonnes relations avec les voisins arabes, sans comploter contre eux. » [12] 



Un chroniqueur saoudien : L’Iran doit mettre fin aux menaces pour que nous puissions l’accueillir 



Dans un article intitulé « L’étrange proposition du Secrétaire général », le chroniqueur saoudien Hashem Abdu Hashem fustige la perspective d’une inclusion de l’Iran à un nouveau forum régional : "Certains se précipitent pour promouvoir le projet du Grand Iran, afin que [ce pays] puisse devenir une grande puissance, habil itée à négocier avec les instances internationales au nom de la région et de ses peuples...



Le Secrétaire général [Amr Moussa a fait cette proposition alors] même qu’il connaît bien la position iranienne, son ingérence dans les affaires intérieures de nombreux pays arabes, sa poursuite de la capacité nucléaire et d’autres technologies d’armement, et la formulation de plans qui en fin de compte ne seront pas dirigée contre Israël, les Etats-Unis, ou un autre pays, mais contre les pays et les peuples de notre région ... 



Avant que le Secrétaire général de la Ligue arabe se porte volontaire pour intégrer l’Iran à notre région et nous intégrer à la stratégie de l’Iran, ce pays doit prouver ses bonnes intentions à l’égard des Etats arabes du Golfe et reconnaître leur pleine souveraineté sur leur territoire, [y compris] sur les îles et les côtes. [L’Iran] doit également mettre fin à ses menaces constantes contre nous et cesser de se renforcer à nos dépens. Si l’Iran obtempère, personne ne verra d’objection à faire partie commune avec un pays bien intentionné qui entend [réellement] soutenir nos causes, plutôt que les exploiter pour améliorer son statut internationale..." [13] 





Notes : 



[1] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 28 mars 2010. 



[2] Consulter le résumé de la Ligue arabe sur le sommet : http://www.arableagueonline.org/lasimages/picture_gallery/reports28-3-2010.pdf 



[3] SANA (Syrie), 13 avril 2010. 

[4] Al-Watan, 31 mars 2010, www.alwatanonline.com . 



[5] Al-Thawra (Syrie) 31 Mars 2010. 



[6] Techrine (Syrie) 30 Mars 2010. 



[7] Al-Hayat (Londres), 1er avril 2010 ; Al-Raya (Qatar), 29 mars 2010. 


[8] Al-Raya (Qatar), 30 mars 2010. 



[9] Al-Watan (Arabie Saoudite), 14 avril 2010.



[10] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 28 mars 2010. 



[11] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 1er avril 2010. 



[12] Al-Ahram (Egypte), 29 mars 2010. 



[13] Al-Riyad (Arabie Saoudite), 4 avril 2010


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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