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Deux conceptions opposées de la lutte entre l’Arabie saoudite et l’Iran pour l’hégémonie dans le monde arabe

jeudi 18 mars 2010
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Turki ’Abdullah Al-Sudeiri, rédacteur en chef du quotidien saoudien Al-Riyadh, publie un article qui félicite le roi d’Arabie saoudite pour ses initiatives dans le monde arabe, lesquelles auraient permis à l’Arabie saoudite de devenir le pays le plus courtisé de la région, aussi bien par les Etats Arabes que par l’Occident. Le lendemain, le journal libanais Al-Akhbar, proche de la Syrie et du Hezbollah, publiait un article du chroniqueur Hassan Khalil, selon qui l’équilibre des pouvoirs dans la région est de plus en plus favorable à l’Iran et la Turquie, la Syrie assurant la liaison entre les intérêts de tous.

Les deux articles présentent le combat pour l’hégémonie dans le monde arabe et musulman que se livrent le camp pro-iranien favorable à la résistance et le camp égypto-saoudien.


Ci-dessous des extraits des deux articles :



Al-Sudeiri : L’Arabie saoudite dirige le monde arabe et est courtisée à la fois par les Arabes et l’Occident



Le rédacteur en chef d’Al-Riyadh, Turki Al-Sudeiri, écrit : "La semaine dernière, en seulement ci nq jours, l’Arabie saoudite a accueilli cinq hauts représentants : le ministre chinois des Affaires étrangères, un conseiller du président américain, le ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier allemand, le ministre des Affaires étrangères d’Oman et le président syrien. Un nombre encore plus grand de hauts responsables arabes et non arabes ont rendu visite au Royaume entre le 11 décembre 2009 et le 10 janvier 2010. Vingt-sept visiteurs en tout s’y sont rendus dans le cadre de missions diplomatiques - sans compter neuf autres représentants des États du Golfe venus rendre hommage à [l’Arabie Saoudite]. 

L’examen de la situation dans le monde arabe au cours des 50 dernières années révèle que, pendant un certain temps, le monde arabe a été divisé entre Moscou et Washington. [Au cours de cette période], c&a cute ;étaient les dirigeants des pays arabes qui se rendaient [à Moscou et à Washington], et non l’inverse...



L’effondrement du communisme a modifié la situation sur la scène internationale, mais les Arabes sont toujours aussi vulnérables. Malgré sa grande taille, le monde arabe n’a pas développé [ses capacités] politiques et technologiques. C’est Israël qui [s’est développé politiquement et technologiquement], acquerrant prestige et influence internationale.

[Aujourd’hui] L’Arabie saoudite poursuit sa politique d’indépendance et souhaite que les autres [suivent son exemple]. Les initiatives prises par le roi Abdallah Bin ’Abd Al-’Aziz ont doublé l’importance du royaume...

et ont fait évoluer la réalité arabe, avec le sommet de Beyrouth tout d’abord, puis avec la Conférence de Londres, le sommet de New York et le sommet du Koweït, où [le roi] a supprimé les obstacles [qui avaient entrainé] des dissensions, et souligné l’importance du maintien de l’unité dans les rangs arabes...



Les déclarations faites par Khaled Meshaal à Riyad le 4 janvier, sur l’importance de la participation arabe au processus de réconciliation palestinienne, et sur la sécurité et la souveraineté saoudiennes] sont la preuve d’un début de changement, ou au moins d’un éloignement des hostilités [entre les pro-iraniens] et la majorité modérée représentée par l’Arabie saoudite.« 

Le renforcement des liens avec la Syrie, l’atténuation des rivalités au Liban, et le changement d’attitude de la communauté internationale, qui considère à présent le monde arabe comme un partenaire sur le plan économique, technologique, et même politique, ont pu avoir lieu grâce à [la politique de] la porte ouverte du roi Abdallah. En revanche, l’Iran et Israël se maintiennent dans leur isolement. » 



Khalil : l’Iran et la Turquie sont les puissances ascendantes ; la Syrie est le point de rencontre de leurs intérêts respectifs 



Le lendemain de la publication de l’article d’Al-Sudeiri, Hassan Khalil, chroniqueur pour le quotidien libanais Al-Akhbar, affilié à la Syrie et au Hezbollah, s’est félicité de l’importance croissante de la Syrie, de l’Iran et de la Turquie : 

"L’Egypte, longtemps épine dorsale du monde arabe, a été mise hors jeu dès l’instant où elle a signé les fameux Accords de Camp David. L’Arabie saoudite est toujours limitée par la structure de son régime et par des facteurs démographiques et géographiques ; aussi est-elle limitée [dans sa capacité] à jouer un rôle de leader dans la région. Les réserves de pétrole [de ce pays] lui confèrent une supériorité temporaire, mais la crise avec le Yémen a ré vélé au grand jour la précarité de sa situation militaire. Quant à l’Irak, ses réserves de pétrole, son emplacement géographique, son capital humain et son [ancienne] puissance militaire auraient pu lui permettre de tenir le rôle [de leader] après le départ de l’Egypte [de la scène politique]. Toutefois, le plan adopté par les puissances occupantes après l’invasion de l’Irak a été d’étouffer dans l’œuf toute possibilité de développement dans ce pays – par la destruction des infrastructures [irakiennes], le pillage de ses musées, le démantèlement de son armée et l’assassinat de ses scientifiques et professeurs...



Cette situation a fait de la Syrie la plaque tournante des affaires arabes et un point de rencontre des intérêts respectifs, [comme ceux] entre la Turquie et de l’Iran, en dépit de leurs divergences politiques. 

La Turquie, pays de 72 millions d’âmes, est une tête de pont entre l’Asie et l’Europe, un pays musulman laïc, une démocratie qui a été un allié de l’Occident pendant plus de 60 ans. Elle est un membre actif de l’OTAN, a reçu l’appui du Fonds monétaire international, et elle effectue des manœuvres militaires conjointes avec Israël. Sa structure économique est [capitaliste], comme celle des pays occidentaux, [mais] les coutumes et le patrimoine de son peuple sont plus proches [de ceux] des pays l’Est. Sa situation géographique est propice à de [multiples] liens politiques : elle entr etient des relations historiques avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan et le Caucase, dans l’Asie [centrale], avec les Balkans, la Grèce en Europe et avec l’Irak et la région du Kurdistan, certaines de ses attaches se trouvant à l’intérieur des frontières de la Syrie. 



L’Empire [ottoman], [qui a vécu] 500 ans, a fini comme « l’homme malade de l’Europe ». Après la Seconde Guerre mondiale, sous le pouvoir de ses généraux, [la Turquie] est devenue un pilier pour les États-Unis et l’Occident, mais est allée de déception en déception, parce qu’.elle n’a jamais progressé dans ses affaires nationales. Elle s’est retrouvée au service de l’Occident sans en tirer le moindre bénéfice. En fait, elle n’a fait que subir des pertes, ayant négligé [ses liens] avec l’Asie et notamment avec le Moyen-Orient. 

[Cette déception se trouve au coeur] de la politique d’Ahmet Davutoglu, ministre des Affaires étrangères de Turquie et concepteur de la nouvelle stratégie régionale et internationale [du pays]. Le changement [politique] de la Turquie n’est pas seulement de nature tactique. Il ouvre la voie au retour du « sultan » [à savoir, la Turquie] dans la région, maintenant que la Syrie lui ouvert la porte en grand, après la destruction de l’Irak. [Au moyen de cette stratégie], la Turquie a saboté le plan stratégique que certains pays arabes avaient concocté, avec l’aide de l’Occident, lequel consistait à boycotter l’Iran sur une base communautaire et à déplacer l’attention du conflit israélo-arabe vers le conflit entre sunnites et chiites dans la région." 



L’Iran est un pays de 80 millions d’âmes, détenant les troisièmes plus grandes réserves de gaz et de pétrole du monde. Il se trouve [à la jonction] de l’Afghanistan, du Pakistan, de l’Asie de l’Est, de l’Irak et de la [région du] Kurdistan, contrôle l’une des routes stratégiques de l’acheminement du pétrole et est devenu ’l’agitateur le plus dérangeant’ aux yeux de l’Occident. En approuvant les mouvements de résistance de la région, [le régime de] la Révolution islamique a guéri le monde arabe de sa mentalité défaitiste. Il a redonné de la vigueur aux nations arabes et a révélé [la honte] des régimes tributaires d’une vie d’abondance.



L’Occident, au lieu de négocier avec l’Iran, veut se battre contre lui pour gagner en influence [dans la région]. Mais il bien connu que l’Iran ne recherche pas la confrontation, contrairement à ce que certains pensent. Les principes de sa Révolution ne s’opposent aucunement à la notion de négociation. L’Iran veut [que le monde] reconnaisse son poids et son influence sans confrontation. C’est là le cœur [de la confrontation] sur la question nucléaire, et la [raison pour laquelle] il est si important pour l’Iran de se montrer ferme face à l’Occident en insistant pour être placé sur le même plan que ses partenaires.

Il est naïf de penser que [parce que] la Turquie est sunnite et l’Iran chiite, [ils ne sont pas susceptibles de coopérer]. Ces deux pays partagent 500 kilomètres de frontière, et la portée de leurs échanges mutuels a été multipliée par 12 au cours de la dernière décennie, atteignant près de 12 milliards de dollars en 2009. [La Turquie et l’Iran] se préparent progressivement à établir les bases d’un front asiatique allant jusqu’aux frontières de la Russie et de la Chine qui pourrait altérer la donne régionale. Leur terrain de jeu commun est la Syrie, dont le Liban est une annexe. Dans ce nouvel ordre, il n’y a pas de place pour la neutralité...

Est-ce que le reste du monde arabe se réveillera pour rejoindre l’alliance irano-turque, à l’instar de la Syrie, et approuvera les deux options, à savoir la résistance et les négociations...

L’Egypte et l’Arabie saoudite, les forces [vives] de la nation [arabe], vont-elles se conformer à la volonté de leurs peuples, s’adapter aux changements [en prenant les choses en main]. au lieu de [simplement] réagir [aux changements] en continuant à douter des avantages d’une l’alliance irano-turque ?..."


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