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L’opération de Rafah dans la presse Israélienne

service de presse de l’Ambassade de France en Israël

samedi 22 mai 2004
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« On quitte Rafah », titre en manchette le Yediot Aharonot, qui précise que le gros des forces israéliennes devrait évacuer Rafiah aujourd’hui ; le reste se retirera graduellement dans le courant de la semaine prochaine. L’opération de Tsahal dans la Bande de Gaza reste donc à l’ordre du jour - mais elle suscite des réactions divergentes.

En effet, contrairement au titre du Yediot, le Maariv annonce que « l’échelon politique veut poursuivre l’opération ». Quant au Haaretz, il insiste en manchette sur le fait que le Conseiller juridique du gouvernement, Méni Mazouz « exige de Tsahal un plan prévoyant de démolir moins de maisons le long de l’axe Philadelphi ». Cependant, le Yediot cite des sources gouvernementales selon lesquelles « les objectifs ont été atteints », tandis que le cabinet du Premier ministre souligne que « l’opération s’achève comme prévu ».

Le comportement de l’armée

Plus l’opération « Arc-en-ciel » s’étend, et plus les désaccords se multiplient au sein de l’armée sur son efficacité - relève le Maariv. La polémique porte essentiellement sur le moment opportun pour y mettre un terme. Alors qu’à divers échelons et en privé, les militaires déclarent que l’opération « n’a plus de raison d’être » et qu’il faut « sortir de Rafah », l’échelon politique se prononce et agit dans le sens opposé, et exige que les forces israéliennes pénètrent plus avant dans la ville. Le Premier ministre et son ministre de la Défense défendent cette position.

Ainsi, selon toute vraisemblance, l’opération de Tsahal à Rafah est loin d’être terminée, et se prolongera certainement encore quelques jours.

Quant à Alex Fischman, dans le Yediot Aharonot, il fait valoir que « la colère, le ressentiment et la volonté de vengeance ont servi de prétexte à une opération de grande envergure, visant soi-disant les tunnels et la contrebande d’armes ». Or une solution véritable du problème des tunnels aurait exigé une prise de contrôle massive de tout le secteur - « alors que l’armée n’a pas de stratégie face au terrorisme, qu’elle est seulement à la traîne de ce dernier ».

En outre, derrière les embuscades tendues aux blindés de Tsahal dans la Bande de Gaza, se profile l’encadrement et les techniques du Hezbollah.
En somme, même si l’opération s’achève avec succès, la restauration des infrastructures terroristes n’est qu’une question de temps, estime le commentateur.

Selon Ben Caspit du Maariv, Tsahal n’a pas lancé l’opération à Rafah uniquement pour sauver son honneur perdu ou à cause des infiltrations d’armements : l’échelon militaire cherche à sortir Le Caire de sa léthargie et à impliquer les Services de renseignements égyptiens, qui connaissent parfaitement les méthodes des trafiquants d’armes et les axes empruntés.
Entre-temps, la conception du nouveau plan de désengagement se poursuivait ; on parle d’une instance internationale qui s’occuperait de la bande de Gaza et on se plaisait à inventer une entité politique composée du Likoud, du Parti travailliste et du Shinouï.

Par ailleurs, selon la radio militaire Galei Tsahal, le porte-parole de l’armée est satisfait de la décision de permettre aux correspondants de presse israéliens et étrangers de couvrir de près l’action de l’armée dans la Bande de Gaza : « Ils voient les choses de près et font des comptes rendus objectifs de ce qui se passe ». Néanmoins, certains correspondants étrangers ont refusé d’accompagner les forces israéliennes - probablement à cause des menaces des Palestiniens ; l’un d’entre eux aurait même été séquestré par ces derniers.

Appels à l’Egypte ?

L’Egypte est en contact avec Israël et l’Autorité palestinienne pour élargir son activité sécuritaire à Gaza après le retrait israélien, s’il a lieu, révèle le Haaretz.

Selon des sources gouvernementales à Jérusalem, le Premier ministre, A. Sharon est prêt à un élargissement de la présence égyptienne à Gaza, sous couvert « d’aide aux forces de sécurité palestiniennes ». Israël serait prêt apparemment à coordonner sa démarche avec l’Egypte.

Selon ces sources, poursuit le quotidien Haaretz, A. Sharon acceptera la présence de 200 à 300 membres des services de sécurité égyptiens dans la bande de Gaza après le retrait.

Le bureau du Premier ministre a refusé de réagir officiellement à ces affirmations, mais à Jérusalem, on estime que les Egyptiens sont intéressés par l’application du plan de désengagement israélien de la bande de Gaza, et qu’ils accepteront d’aider à stabiliser le terrain. Parallèlement, l’Egypte multiplie les contacts avec l’Autorité palestinienne.

Le journal ajoute que le ministre de la Défense, S. Mofaz, a tenu hier des consultations sur les aspects sécuritaires du plan de désengagement, à l’approche de sa présentation devant le gouvernement. A. Sharon souhaiterait élargir l’aspect sécuritaire et présenter aux ministres des arguments prouvant que son plan accroîtra la sécurité d’Israël.


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