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Sa vie est notre purgatoire

Par Sami el-Soudi © Metula News Agency

vendredi 21 mai 2004
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L’équation est simple, si j’étais cynique, j’écrirais mortellement simple : Deux peuples sont en guerre, réclamant - à des titres différents de légitimation - le même territoire.

Faisant volontairement l’impasse sur l’analyse de ces légitimations, car en les prenant en compte, on aboutit qu’à la poursuite de la guerre à l’infini, je choisis de ne considérer que les faits démographiques objectifs. Ceux-là indiquent la présence de dix millions d’êtres humains sur la région revendiquée. Cinq millions et demi sont juifs et quatre millions et demi sont arabes, dont un million deux cent mille qui sont citoyens de l’Etat juif.

La seule solution, non seulement humaine, les autres passant par la déportation ou l’extermination de l’un des peuples protagonistes, mais aussi pratique, car lesdites solutions ne sont pas techniquement et conjoncturellement envisageables, consiste en la séparation du territoire contesté en deux Etats indépendants pour les deux peuples possédant des identités différentes et présentement inconciliables.

Toutes les personnes et toutes les entités ne reconnaissant pas les termes de l’équation israélo-palestinienne considèrent de facto la déportation ou l’extermination de l’un des peuples protagonistes comme leur solution de prédilection, quand bien même ces solutions ne sont pas praticables. Ces personnes et ces entités oeuvrent donc pour la poursuite indéfinie de la confrontation violente, sur la base de leur espoir non rationnel que l’un des paramètres qui précèdent se modifie avec le temps voire à l’issue du verdict des armes. Mais de facto également, la réalisation de leur projet passe obligatoirement par la déportation, l’éradication, soit encore, que sais-je, l’asservissement de leur ennemi.

En toute objectivité d’analyse, il faut considérer ces partis comme les ennemis de la paix et des partisans de solutions sanguinaires.

Si des personnes et des organisations de cette tendance existent au sein des deux populations impliquées et, depuis quelques années, au sein des organes de gouvernement des deux entités, l’observateur serein aura remarqué que ce n’est pas le cas des leaderships des deux peuples. En temps que Palestinien conscient, je me dois - à moi-même, afin d’accéder à une réflexion utile, afin de protéger mon peuple du danger consistant à risquer notre suicide national et physique par l’autosuggestion - de distinguer que les dirigeants israéliens ont accepté les trois propositions principales de partage menant à la création des deux Etats indépendants. Il s’est agi du plan de 47, de celui d’Oslo et de la proposition Clinton à Camp David.

De notre côté, et pour notre plus grand malheur, nous sommes dirigés par un leader historique absolu, qui récuse la rationalité de l’équation que j’ai posée et qui se range, sans le moindre doute sensé possible, dans la tendance de l’espoir d’éradication.

Le 15 mai dernier, à l’occasion de la commémoration de la Naqba, de la catastrophe qu’à constitué pour notre peuple la création de l’Etat d’Israël, Yasser Arafat tenait à dissiper, derechef, toute mésinterprétation de son projet. En déclarant sur la chaîne de TV palestinienne : « Cherchez de quelle force vous disposez pour terroriser votre ennemi et l’ennemi de Dieu » et en affirmant que chaque réfugié arabe pourra réintégrer son lieu de domicile original ou celui de sa famille - condition antithétique de la solution des deux Etats indépendants - Arafat réaffirmait que le quatrième rendez-vous, la Carte Routière, ne l’intéressait pas.

Suite à son speech, sur le lieu duquel il avait été porté par deux aides en raison de son état de santé - en rémission qui étonne ses médecins jordaniens, mais toujours aussi grave - le roi Abdullah hachémite a affirmé dans une interview au New York Times, le mardi 18 mai, que « Yasser Arafat » devait se regarder longuement dans un miroir et décider s’il devait se retirer. Le roi a ajouté « Je sais que des discussions ont lieu à l’intérieur du leadership palestinien à propos de l’idée de lui donner la fonction de Président et d’attribuer plus d’autorité au premier ministre. »

Et de conclure, « Si cela permet aux Palestiniens de franchir l’obstacle qui leur fait face avec les Etats-Unis et Israël, c’est alors quelque chose que les Palestiniens doivent régler et régler rapidement. »

Le lendemain, l’éditorialiste Jihad Al Khazen, fervent défenseur de la cause palestinienne, enfonçait le clou, dans une démarche poussant Arafat à la démission, très inhabituelle dans le monde arabe. Il s’adressait directement au raïs (in Al-Hayat, Londres), dans ces termes (extraits) :

"Tu t’es moulé dans la cause. Et c’est pourquoi je ne veux pas que tu permettes à Yasser Arafat de devenir un obstacle ou une barrière à la création de l’Etat palestinien.

Peu m’importe ce que diront les ennemis. C’est toi qui m’importes. Mais plus que tout, c’est la cause palestinienne qui m’importe, et tu dois toi aussi la placer désormais au dessus de ta personne.

Quoi qu’il en soit, tu as fait de ton mieux pour la Palestine. C’est ton droit de jouir maintenant d’un juste repos.

Si tu démissionnes aujourd’hui, tu partiras la tête haute.

Un président arabe démocratiquement élu démissionne. Les élections démocratiques sont rares dans nos pays. La démission l’est encore plus.

Ami, Démissionnes. Trop, c’est trop. C’est ta seule chance. C’est la seule chance qui reste à la cause."

Trop, c’est trop, ces deux voix illustres rejoignent le discours que je tiens depuis longtemps aux lecteurs de la Ména et dont certains s’interrogeaient de savoir de quel nuage il tombait. C’est qu’à force de refuser la paix, les propositions qui nous sont faites sont de moins en moins alléchantes et le territoire de la Palestine, du Plan de partage de l’ONU - résolution 181 - en 1947 à la lettre de Bush à Sharon du mois dernier, s’est amenuisé comme une peau de chagrin.

A part quelques sympathisant à la cause ou des antijuifs indécrottables, qui crient avec Arafat au massacre, au génocide et au début du transfert à l’occasion des neufs morts de la bavure de l’armée israélienne à Rafah, les autres réalisent que les Juifs n’ont d’autre choix que celui de se défendre contre l’appel au terrorisme du reclus de la Moukata de Ramallah. Y a-t-il une seule nation au monde, qui, sachant qu’Arafat fait creuser des dizaines de tunnels afin de nourrir sa guerre, et ayant assurément les moyens d’empêcher ces trafics, resterait inactive ?

Yasser Arafat a encore appelé le monde à dépêcher une force armée d’interposition afin de protéger le peuple palestinien des monstres juifs. Entendez, qu’il veut continuer à se procurer les armes qui tuent la paix et la Palestine et qu’il croit que les gringos occidentaux seront plus faciles à flouer qu’Ilan et ses copains.

Moi, ce qui m’importe, c’est qu’il n’y ait plus de raison de faire la guerre à Rafah. Qu’à l’aéroport international de Gaza, des douaniers palestiniens contrôlent les papiers des investisseurs venant faire revivre la Palestine. Vite, comme le dit le souverain de Jordanie, avant que la chimère du porte-avions d’Arafat n’ait englouti toute la Palestine dans son naufrage permanent.


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