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Que de temps perdu…..

Par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

samedi 28 novembre 2009
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C’est dans une relative discrétion qu’est évoqué le 62ème anniversaire du vote, par l’Assemblée générale des Nations Unies, lors de sa deuxième session, le 29 novembre 1947, de la résolution 181 recommandant le partage de la Palestine, jusqu’alors territoire sous mandat de la Grande-Bretagne. Discrétion d’autant plus regrettable que cela fait des années que les médias, complaisants, relaient l’antienne anti-israélienne, selon laquelle Israël est responsable de la situation explosive au Moyen-Orient, en raison de son opposition à la création d’un Etat palestinien.

Or, la population juive installée dans le territoire (Yichouv) et les Juifs de la Diaspora avaient accueilli favorablement cette recommandation, qui prévoyait tout à la fois un Etat juif et un Etat arabe, tout en faisant de Jérusalem un « corpus separatum » (entité séparée).

C’est le camp arabe qui refusa cette solution, d’abord en paroles, puis en actes d’agression, au lendemain de la proclamation, le 15 mai 1948, de l’Etat d’Israël.

Par la suite, plusieurs guerres confirmèrent cette hostilité à la coexistence de deux Etats, hostilité que n’a pas pour autant dissipée la soi-disant « Initiative de paix arabe », du sommet de la Ligue arabe, réuni à Beyrouth, en mars 2002, reprenant un plan saoudien, proposant à Israël une paix globale.

Ce plan proposait cette « paix globale » en échange du retrait des territoires occupés depuis 1967, de la création d’un État palestinien avec pour capitale Jérusalem-Est, et d’une solution au problème des réfugiés palestiniens

Or c’était oublier, non seulement, qu’entre 1948 et 1967, alors qu’Israël ne se trouvait ni à Gaza, ni en Cisjordanie il n’était pas question de paix et qu’en réponse à la proposition du gouvernement israélien, au lendemain de la guerre de 6 jours de rendre tous les territoires, récemment placés sous l’autorité israélienne, en échange de cette paix, ce fut le triple non du Sommet de la Ligue arabe, tenu à Khartoum, en septembre 1967 : non aux négociations, non à la reconnaissance d’Israël, non à la paix.

Et lorsqu’à l’heure actuelle, de divers côtés, y compris du côté français, soucieux de flatter le camp arabe, on se plaît à évoquer le plan saoudien, à l’origine de l’Initiative de paix arabe, on fait litière du caractère abrupt de l’exigence du retrait « des » territoires, alors que la résolution 242 du 22 novembre 1967 du Conseil de sécurité, présentée en anglais, visait le retrait « de » territoires (from territories).

D’autre part, déjà à l’époque, et ce point est, régulièrement, réaffirmé, du côté palestinien, la solution du problème des réfugiés palestiniens n’est envisagée que sous la forme d’un « droit de retour », alors que la quasi-totalité de ceux qui se réclament, aujourd’hui, de la qualité de « réfugiés » n’ont jamais vécu à l’intérieur des limites du territoire sous mandat de la Palestine.

Et on ne soulignera jamais assez le fait qu’en dehors même du caractère ardu que présenteront les négociation sur les futures frontières entre les deux Etats et le statut de Jérusalem, Israël ne peut, en tout cas, envisager aucune concession concernant ce soi-disant « droit de retour », qui conduirait inéluctablement à sa déstabilisation.

De façon curieuse, dans le camp palestinien, sont évoquées deux solutions de « repli » - tout aussi irréalistes l’une que l’autre - en cas d’absence de négociations israélo-palestiniennes : la proclamation unilatérale d’un Etat palestinien ou l’abandon de l’idée de la création d’un tel Etat, à laquelle serait substituée l’idée d’un Etat bi-national judéo-palestinien.

Or, on oublie – il est étonnant de constater l’absence de mémoire de certains – qu’une telle proclamation d’un Etat palestinien a déjà eu lieu, en 1988, à Alger et que cette proclamation fut sans lendemain, non pas en raison de son caractère unilatéral, mais parce qu’il manque un élément essentiel à un tel Etat : un territoire.

Et, sur ce point, la situation n’a pas changé.

Certes on peut admettre qu’il y a des pouvoirs publics (encore que la rivalité entre le Hamas, « maître » à Gaza et l’Autorité palestinienne qui administre la Cisjordanie constitue un sérieux handicap pour assurer l’effectivité de ces pouvoirs) et une population (bien que la notion de peuple palestinien revendiquant le droit à l’auto-détermination soit relativement récente), mais il n’y a, toujours pas, de territoire, celui-ci supposant l’existence de frontières.

Et le droit international ne reconnaît pas le droit à une délimitation unilatérale des frontières d’un Etat, lorsque les droits d’un autre Etat (en l’occurrence les droits d Israël) sont en cause.

Quant à la solution d’un Etat bi-national, elle est tout aussi irréaliste, car il est évident que près de 62 ans après la création d’un Etat ayant vocation à accueillir une majorité juive, on imposerait aux 5 millions d’Israéliens juifs l’idée qu’à l’avenir des millions de musulmans auraient vocation à vivre à leurs côtés, à l’intérieur d’un même Etat.

Imaginerait-on qu’Indiens et Pakistanais acceptent, 62 ans après la partition de l’empire britannique des Indes, de fusionner en un seul Etat ?

Pourquoi la raison l’emporterait-elle en Asie et non au Moyen-Orient ?

Sans vouloir, pour autant, reprendre à notre compte la conception que certains dirigeants israéliens ont d’une présence juive au delà des lignes de cessez-le-feu, établies en 1949, nous pensons qu’il n’est pas déraisonnable de considérer que la récente décision de geler, provisoirement, la colonisation en Cisjordanie constitue un geste de bonne volonté.

D’ailleurs, et en tout état de cause, une présence juive sur des terres, également revendiquées par les Palestiniens, n’interdit nullement l’idée d’un échange de territoires.

Malheureusement, du côté palestinien on a beau jeu de mettre en cause Israël pour justifier le refus de négocier, alors qu’en réalité le camp palestinien est affaibli par la rivalité Hamas/AP.

En tout cas, que de temps perdu depuis le 29 novembre 1947 !


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