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Les ballons blancs et bleus. « C’est grâce à un policier que je ne suis pas un nom gravé sur cette stèle » (Suzanne Feldmann)

Charles Etienne Nephtali

lundi 16 novembre 2009
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« Vite, vite, venez tous, venez tous voir, il y a plein de ballons blancs et bleus qui arrivent d’en bas, de la terre où on habitait il y a longtemps. Il y a même notre prénom et notre âge accrochés aux ballons » s’écrièrent Robert et Marcel, 5 ans, qui « étaient au ciel » depuis 67 ans déjà. Ils appelaient les 15 autres « tout-petits » qui étaient avec eux.

Oui, effectivement, « en bas », 17 élèves du Collège Georges Duhamel du 15ème arrondissement lisaient les noms des 17 « tout petits » Enfants Juifs, ces petites victimes innocentes et, à chaque évocation d'un nom, un ballon blanc ou bleu avec accroché ledit nom était lâché. Tous ces « tout petits » habitaient le 15ème arrondissement de Paris. Ils avaient, comme les 6.100 enfants Juifs de Paris et sa banlieue, été raflés avec leur Maman avant de commencer un effroyable et inhumain périple, le Vel d’Hiv, Pithiviers, Beaune-la-Rolande, Drancy, effroyable et inhumain périple qui s’acheva à Auschwitz dans les chambres à gaz et les fours crématoires où ils « rejoignirent » leurs Parents, comme on le leur avait « promis » (1). Mais ils les « rejoignirent » dans les cheminées des crématoires.


« Venez tous voir, il y a plein de monde en bas dans le parc où on n’avait pas le droit de jouer » s’écria à son tour Jacqueline, 5 ans. « Mais tu sais bien que Eliane ne sait pas encore marcher, elle a à peine 2 mois, Jean-Claude non plus, il n’a que 8 mois, Alain, Marcel, Myriam et Madeleine non plus, ils n’ont que 1 an » lui répondirent Denise, Simon, Gisèle, Solange et Bernadette, 4 ans……………et même Annick, 3 ans.


Oui, effectivement, « en bas », nous étions plusieurs centaines à assister, par ce bel après-midi du 13 novembre, quelques heures avant l’entrée de Chabbat, à l’invitation du M. Bertrand Delanoë, Maire de Paris, de M. Philippe Goujon, Maire du 15ème arrondissement, de Mme Anne Hidalgo, 1ère adjointe au Maire de Paris, de Mme Catherine Vieu-Charier, adjointe au Maire de Paris, chargée de la Mémoire et du Monde Combattant et de Mme Suzanne Feldmann, Présidente de l’Association pour la Mémoire des Enfants Juifs Déportés du 15ème arrondissement et en présence de plusieurs personnalités (2), au dévoilement d’une stèle, la 1ère de l’Ouest parisien, à la mémoire des 17 « tout-petits » Enfants Juifs de cet arrondissement qui n’avaient même pas eu le temps de fréquenter une école, ces 17 « tout-petits » Enfants Juifs assassinés en Déportation.


« Chut ! Taisez-vous, taisez-vous, écoutez, il y a une Dame avec des cheveux blancs qui dit qu’elle était avec nous et qu’ensuite elle était partie (3). Elle parle de nous en pleurant. Il y a un Monsieur et 2 autres Dames qui parlent aussi de nous » s’écrièrent « les plus grands » Jacqueline, Marcel et Robert 5 ans. « Et encore une grande fille qui lit quelque chose en pleurant, elle parle d’une petite fille et de sa poupée » ajouta Maurice, 5 ans. « Mais comment ils nous connaissent ? » questionna Bernadette, 4 ans


Oui, effectivement, « en bas », Régine, l’infatigable Régine, elle-même « enfant cachée » grâce à des « Justes », nous présenta, très émue, des sanglots dans la voix, l’AMEJD du 15ème arrondissement ainsi que le pourquoi de cette manifestation avec des mots très difficilement soutenables. Le Maire du 15ème arrondissement, M. Philippe Goujon ainsi que Mme Anne Hidalgo nous rappelèrent ensuite ce que fut le drame de ces 17 « tout-petits » Enfants assassinés par des sauvages étrangers avec la complicité d’autres sauvages,…..Français, eux, avec à leur tête Pétain, Laval et Bousquet, ces « responsables qui ont sali la France » pour reprendre la très juste expression de Mme Anne Hidalgo ! A son tour, Mme Suzanne Feldmann nous relata son incroyable sauvetage (3) ainsi que sa vie « d’enfant cachée », terminant par cette phrase qui résume tout :


« C’est grâce à un policier que je ne suis pas un nom gravé sur cette stèle »


Tous les orateurs soulignèrent le courage de ces hommes et femmes qui, au péril de leur vie, sauvèrent beaucoup de Juifs. Quelle émotion, quel silence et que de larmes dans les yeux de l’assistance lorsqu’une jeune fille d’une quinzaine d’années, Julie Benegmos, toute de noir vêtue, nous lut, en s’interrompant à plusieurs reprises tellement elle était émue, la traduction d’un poème yiddish « Une poupée à Auschwitz ». Ce poème racontant l'histoire déchirante et insoutenable d’une gamine dans les bras de sa Mère que des barbares poussèrent dans la chambre à gaz avec sa poupée dans les bras, sa poupée avec ses tresses blondes et ses grands yeux bleus comme la gamine, sa poupée qui, quelques instants plus tard, se retrouva seule.................sur un tas de cendres. 


« Regardez, ils sont en train de découvrir une grande plaque et ils mettent des fleurs à côté » dit Denise 4 ans. « On dirait qu’il y a des noms dessus » ajouta Jacqueline 5 ans.


Oui, effectivement, « en bas », le Maire et les autres personnalités dévoilèrent et fleurir une grande stèle portant les 17 noms, prénoms et âges de ces « tout petits »…..des plus jeunes, Eliane, 2 mois et Jean-Claude 8 mois, aux plus âgés, Robert, Marcel et Jacqueline, 5 ans, assassinés en Déportation. Ces malheureux enfants arrachés des bras de leurs parents, ces malheureux enfants qui, aux yeux de ces sauvages, avaient « commis le crime » d’être nés Juifs. Comme il est poignant de se rendre compte que deux enfants portaient le même nom de famille, Judkiewicz. Frère et sœur ? Cousins ? Cousines ?


Si vous aviez assisté à cette émouvante cérémonie, vous auriez pu voir sur de grands panneaux quelques uns des visages innocents et des sourires de ces « tout petits » Enfants ainsi que ceux d’une partie des 11.400 Enfants Juifs de France grâce à l’immense travail (4) de Serge Klarsfeld, lui appartenant au « peuple martyr » et de sa femme Béate appartenant, elle, « au peuple bourreau » (5). Tous ces enfants qui partirent à Auschwitz pour ne jamais en revenir, pour y être assassinés de 1942 à 1944 (6) parce que « nés Juifs ».


« Chut ! Taisez-vous, écoutez, il y a des enfants qui chantent en français et qui chantent aussi une chanson avec des paroles comme chantait ma Maman. Regardez, regardez devant, il y a aussi un petit garçon qui joue du violon » lança Jacqueline, 5 ans.


Oui, effectivement, « en bas », 80 élèves du Collège Georges Duhamel du 15ème arrondissement interprétèrent sous la direction de M. Laurent Grynszpan des chansons en français et en yiddish. Mais quelle émotion de voir le jeune William Grynszpan, 9 ans, les accompagner au violon ! Un véritable prodige, ce petit William !


Si vous aviez assisté à cette émouvante cérémonie, vous auriez pu voir et entendre tout cela comme les 17 « tout-petits » « virent et entendirent de là-haut ».


Mais si vous n'avez pu assister à cette émouvante cérémonie,

provoquez l'occasion de passer par ce magnifique square Adolphe Chérioux, face à la Mairie du 15ème arrondissement,

arrêtez-vous,

recueillez-vous devant cette stèle,

lisez les noms de ces 17 malheureuses petites victimes qui n’eurent même pas le temps de fréquenter une école. Ces 17 malheureuses petites victimes que des enfants, ayant actuellement l’âge où elles furent assassinées, pourraient aujourd'hui appeler Mamie et Papi.


Votre mémoire est leur unique sépulture, eux qui sont morts sans sépulture


ZAKHOR !


Mes enfants chéris,


- vous vous appeliez Annick, Alain, Jean-Claude, Eliane, Robert, Denise, Rolande, Simon, Marcel, Henri, Gisèle, Solange, Myriam, Madeleine, Bernadette et Jacqueline. 

- vous avez été brutalisés, transportés dans des wagons à bestiaux, gazés et brûlés par tous ces barbares, par tous ces sauvages et leurs complices qui avaient décidé que vous n’aviez pas votre place sur terre car vous étiez Juifs.


Mais vous ne serez jamais une statistique car


il nous reste de vous, vos noms, prénoms et âges portés sur cette stèle placée dans ce magnifique parc qui vous était interdit par les lois d’un Maréchal-traître et une clique de collaborateurs qui avaient capitulé, oublié l’honneur et livré le pays à la servitude. Ces mêmes horribles personnages qui trahirent vos Parents qui croyaient trouver en France, pays des droits de l’Homme, la tranquillité et la sécurité qui n’existaient plus dans leur pays d’origine, qui croyaient devenir « heureux comme D.ieu en France »

il nous reste de vous votre état-civil et vos photos avec vos sourires innocents grâce à Beate et Serge Klarsfeld (4). De plus, grâce au Rabbin Daniel Farhi, vos noms sont lus à l’occasion du Yom HaShoah, vous qui n’eûtes pas droit à un Kaddish, vous qui, comme les 6 millions de Juifs, victimes de la barbarie et la sauvagerie, êtes des « morts sans sépulture ».


Vous faites partie des 11.400 enfants Juifs déportés de France. Vous faites partie du million et demi d’enfants Juifs assassinés en Europe par des barbares de mémoires maudites.


Que vos mémoires et celles de tous nos innocents assassinés soient bénies ! Amen !


*

*      *


Le proverbe dit : « Un pays ne vaut que par ses enfants ». Que devrions-nous penser, dire et écrire pour ce million et demi de vies d’Enfants Juifs anéanties ?


Combien, parmi ce million et demi d’Enfants Juifs assassinés pendant la Shoah, y aurait-t-il eu d’« Anne Franck » et de prix Nobel qui seraient venus renforcer ainsi le génie d'Israël et des Juifs ?


Ne peut-on s’empêcher de penser que parmi ces Enfants assassinés un ou plusieurs d’entre eux auraient trouvé, pour le bien être de l’Humanité, des énergies de substitution au pétrole ? 


De combien de milliers de génies l'Humanité a-t-elle très vraisemblablement été privée ?


Quels progrès la science et la médecine auraient-elles faits sans la disparition de ces martyrs ? Cancer, Sida, maladies de Parkinson et d'Alzheimer ainsi que d’autres calamités médicales auraient ainsi été rejoindre celles dont on ne parle plus.......ou que très rarement !


Personnellement, concernant ces barbares qui assassinèrent 6 millions de Juifs dont 1 million et demi d’enfants, ni je n’oublie, bien naturellement, ni ne pardonne. Qui suis-je d’ailleurs pour pardonner lorsque je pense à toutes ces horreurs vues encore tout dernièrement dans les diffusions et rediffusions de documentaires et films à la télévision ? Oui, qui suis-je ? Seuls les bourreaux auraient pu demander pardon à leurs victimes. L’ont-ils fait ? NON !


NI OUBLI NI PARDON,

Nos Morts nous regardent et nous entendent !


J’ai toujours en mémoire, et fais mienne, la phrase qu’écrivit dans « L’Imprescriptible » le regretté Professeur Vladimir Jankélévitch, inversant les termes de la prière de Jésus dans l’Evangile selon Saint-Luc :


« Seigneur, ne leur pardonnez pas car ils savent ce qu’ils font ».




Charles Etienne NEPHTALI

Le 15 novembre 2009




On fit toujours croire aux malheureux enfants dont les parents avaient déjà été déportés et pour la très grande majorité déjà gazés et brûlés, et on voulut aussi faire croire à la population, qu’ils allaient « rejoindre leurs parents ». On peut lire cela en particulier dans « Sans oublier les enfants » d’Eric Conan (Grasset) qui traite de ces 3.500 enfants dont le calvaire commença au Vel’ d’Hiv’ les 16 et 17 juillet 1942 pour se poursuivre dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande entre le 19 juillet et 16 septembre de la même année. Un mémorial a été inauguré en 2008 en leur souvenir.

Etaient entre autres présents : M. l’Ambassadeur d’Israël, M. Daniel Shek, MM. les Grands Rabbins Messas et Goldmann, M. le Curé de la Paroisse Vaugirard, Jean-Claude Bardin, M. le Rabbin Daniel Farhi, Mme Beate Klarsfeld, M. Jean-François Lamour, adjoint au Maire du 15ème, Mme Marie Tubiana, chargée de la Mémoire.

Grâce à un courageux policier, Mme Suzanne Feldmann ne fut pas « arrêtée ».

« Le Mémorial des Enfants Juifs Déportés de France » par Serge Klarsfeld.

Phrase similaire à celle de la page 118 de l’ouvrage de Serge Klarsfeld « Les enfants d’Izieu ». Cette phrase concernait Mme Halaunbrenner (dont le mari fut fusillé et 3 de ses enfants, faisant partie de la Maison d’Izieu, furent assassinés à Auschwitz) et Béate Klarsfeld.

Une magistrale exposition conçue par l’Association « Les Fils et Filles des Déportés Juifs de France » (F.F.D.J.F. 32 rue La Boëtie-75008 Paris) s’est tenue à l’Hôtel de Ville de Paris du 10 mars au 29 avril 2007.



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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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