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Le vrai poison du Moyen-Orient

Charles Krauthammer -Washington Post -

lundi 3 mai 2004
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L’antisémitisme, un mal autrefois uniquement européen, est devenu global. L’ex-premier ministre de Malaisie a obtenu une standing ovation des dirigeants de 57 pays islamiques en appelant à se lever contre le complot juif visant à contrôler le monde. L’ambassadeur de France à Londre a déclaré aux invités d’une soirée qu’Israël est un « petit pays de m... pourquoi le monde devrait risquer une troisième guerre mondiale pour ce peuple ? »

Ah ce peuple, le représentant personnel de Kofi Annan en Irak a distingué la politique du seul état juif au monde — et seul état démocratique du Moyen-Orient — comme étant « le grand poison de la région. » Le quotidien gouvernemental égyptien Al-Gumhuriya est moins diplomatique. Son rédacteur-adjoint explique dans un article que "ce sont les juifs avec leurs mains répugnantes et cachées qui ... sont derrière tous les problèmes, les désastres et les catastrophes du monde, y compris, bien entendu, les attaques du 11 septembre et les attentats de Madrid.

C’est dans cette sorte d’atmosphère qu’Israël a offert un retrait unilatéral de Gaza — déracinant 7000 juifs, donnant aux palestiniens 21 implantations avec toutes leurs infrastructures intactes et créant le premier territoire palestinien indépendant de l’histoire — et qui est presqu’universellement attaqué.

De plus, bien que cela ne soit pas pris en compte, Israël évacuera aussi quatre petites implantations de Judée-Samarie (Cisjordanie), qui créera une large continuité territoriale en Samarie (nord de la Cisjordanie).

Les arabes [NDLR : gouvernants français inclus] ont diversement dénoncé cela comme de l’unilatéralisme israélien, une rupture avec la road map1, une ruse et un complot. Les lâches européens ont bien entendu suivi le mouvement. Et quand Tony Blair a défié la meute, en exprimant son soutien à ce plan, il en a été récompensé par une lettre de dénonciation écrite par 52 diplomates arabophiles.

Cette atmosphère du type de celle de Nuremberg est devenue telle que si Israël annonçait aujourd’hui son intention de vivre une année de plus, le Conseil de Sécurité de l’ONU conviendrait de discuter une résolution dénonçant l’arrogance et l’unilatéralisme israélien, les Etats-Unis devraient y opposer leur véto. Seule la Grande-Bretagne aurait la décence de s’abstenir.

Il y a pire. L’administration Bush a été attaquée non seulement pour avoir soutenu le plan de Gaza mais aussi pour avoir donné deux garanties risquées à Israël : d’abord les réfugiés palestiniens seront rapatriés non pas en Isräël mais en Palestine [NDLR : le terme de rapatriation n’est pas approprié puisque la plupart d’entre eux sont nés dans des pays arabes] ; en second lieu, Israël ne devra pas en revenir à ses frontières de 1967 [NDLR : la ligne verte de 1967 n’était pas une frontière mais une ligne d’armistice. A la demande des pays arabes, le traité d’armistice mentionne qu’il ne s’agit pas d’une frontière]. Des éditorialistes éclairés ont dénoncé cela comme un revirement de Bush par rapport à 30 ans de diplomatie américaine.

Ce ne sont que de parfaites balivernes. Rejeter le prétendu droit au retour n’est rien d’autre que s’opposer à un règlement final qui verrait l’invasion d’Israël par des palestiniens et donc l’éradication du seul état juif de la planète. Est-ce radical ? Est-ce quelque chose que Washington devrait refuser de dire ?

Qui y a t’il de nouveau sur ce point ? Il y a quatre ans à Camp David, c’était un élément central du plan Clinton. De même que la notion selon laquelle Israël conserverait un petit pourcentage de la Judée-Samarie habité par des dizaines de milliers de juifs.

De plus, la notion selon laquelle Israël ne sera pas obligé de revenir aux lignes d’armistices de 1967 date de 37 ans — de 1967. L’administration Johnson a joué un rôle déterminant pour s’assurer que le document régissant le règlement du conflit du Moyen-Orient — la résolution 242 du Conseil de Sécurité — prévoit un retrait israélien sur des « frontières sûres et reconnues », et non sur les « frontières précédentes ». Elle prévoit aussi qu’Israël se retire « de territoires occupés » durant la guerre de 1967 — non « des territoires occupés »2 comme le demandaient les pays arabes, et non « de tous les territoires occupés » comme le demandait l’Union Soviétique.

Arthur Goldberg (ambassadeur des Etats-Unis aux Nations Unies), Lord Carandon (ambassadeur de Grande-Bretagne aux Nations Unies) ont négocié cette formulation avec le plus grand soin. Ils ont passé les décénnies suivantes à expliquer que la résolution centrale de l’ONU sur le conflit n’imposait pas à Israël de se retirer sur les lignes de 1967.

Confrontés à ces faits, les critiques disent : bon, c’est peut-être vrai, mais Bush n’aurait pas du le dire en l’absence de négociations. Ciel ! Cela fut proposé aux palestiniens dans le cadre de négociations — en juillet 2000 à Camp David — avec des concessions israéliennes encore plus généreuses. Yasser Arafat [NDLR : sur les conseils de Chirak] a dit non et a lancé une sanglante guerre terroriste qui a tué presqu’un millier de juifs et en a estropié des milliers d’autres.

Le fait est qu’il n’y a pas de négociations puisque d’après la road map — adoptée même par l’ONU — il ne peut y avoir de négociations tant que les palestiniens n’ont pas mis un terme au terrorisme et démantelé les infrastructures terroristes.

Prétendre que ni Israël, ni les Etats-Unis ne peuvent agir en l’absence de négociations revient à donner aux palestiniens, par la continuation du terrorisme, un veto sur n’importe quel action constructive américaine ou israélienne — que ce soit le désengagement de Gaza, le déracinement d’implantations ou l’établissement des conditions d’un règlement de paix final garantissant la survie d’un état juif. C’est un argument particulièrement absurde. Et une ordonnance pour une violence perpétuelle et une impasse sans fin.


Original : http://www.washingtonpost.com/ac2/wp-dyn/A54899-2004Apr29?language=printer


1. Le Quai d’Orsay qui est aussi incompétent en anglais qu’en stratégie a traduit à tort road map (carte routière) par feuille de route (road log en anglais)

2. Ce n’est pas par méconnaissance de l’anglais que la traduction française de la résolution 242 dit qu’Israël doit se retirer des territoires et non de territoires.
Probablement vexée que sa récente trahison d’Israël se soit avérée désastreuse, la diplomatie française a délibéremment truqué une résolution pour essayer de nuire à Israël. On note au passage que la France a adopté la version arabe de la résolution.


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