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Al-Quaïda n’a pas frappé à Damas

Par Ilan Tsadik © Metula News Agency

jeudi 29 avril 2004
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Pour faire semblant de croire aux communiqués des officiels syriens quant à la description des actes de violence qui ont eu lieu hier à Damas, il faut soit être...

...commissaire politique à l’AFP [1], soit présentateur des nouvelles sur une télévision nationale française, soit ministre du cabinet de collaboration Hariri au Liban, soit, encore, membre de l’un des conseils de direction de l’Institut français du Quai d’Orsay au paradis des al-Assad. Sans cela, mieux vaut s’asseoir, le derrière sur les trames d’un tapis volant et réciter « abracadabra » à la façon de Jacques Chirac ; cela a tout autant de chances de persuader les observateurs avertis que c’est al-Quaïda qui a mis le quartier de Mazzeh à feu et à sang.

Lorsque l’on veut saisir la probabilité d’un récit de ce type, on peut a priori se poser au moins deux questions : Pourquoi al-Quaïda aurait perpétré un acte aussi inutile et secondement, les attaques d’hier - du moins le peu qu’on en sait - cadrent-elles avec les modus operandi des organisations terroristes islamistes, que certains ont pris l’habitude d’appeler al-Quaïda ?

On a beaucoup à dire à propos de la cruauté cannibalesque d’al-Quaïda Islamic Terrorist Generic Association Inc., de la haine ravageuse de ses composantes pour tous ceux qui ne prient pas en direction de la Mecque, spécialement pour les comptables, les employées de maison et les infirmières se déplaçant en train dans la région madrilène, mais on ne dira pas de ces Bachi-bouzouks qu’ils s’adonnent à des actes contre-productifs à la propagation de leur idéologie. De là à s’attaquer à un bâtiment désaffecté de la FNUOD, la force des Nations Unies qui était chargée d’observer le désengagement des armées israélienne et syrienne sur le Golan en 1974, c’est justement prendre la responsabilité d’une affirmation qui ne vous mènera pas au Nobel.

Si au moins il s’agissait d’un acte symbolique mais même pas. La dictature alaouite est la meilleure alliée de la connivence bachi-bouzouk, alors pourquoi se la mettre à dos. Béchar pourvoit le gîte et le couvert au Hezbollah chiite, qui, sauf la débonnaireté de l’oculiste borgne de Damas, ne serait au Liban qu’un parti politique hyper insignifiant de derviches fanatiques. Béchar couvre de sa protection le successeur de feu le successeur très éphémère de feu monsieur Ahmed Yacine. Faute d’avoir à sa disposition un bunker de rêve dans la capitale des Hashishin [2], Khaled Mashal, le chef de l’organisation du Hamas, qui croit en la nature profonde de l’islam et de la Palestine (selon le lexique divertissant du Monde et de Franz Zwei et d’après la définition de notre copine Larousse), aurait déjà, lui aussi, goûté à l’Eden des Apaches (prononcer toujours à l’américaine a-pa-tchi, même les anti-atlantistes gaulliens-amibiens que cela fera certainement éternuer !).

Hamas, Hezbollah, Mouqtada Sadr, Téhéran, l’Elys… (qu’est-ce que vous me faites écrire ? Meuh non, j’ai glissé) même combat, tous faisant partie intégrante et indivisible de l’association générique du terroriste islamiste. Tous s’agitant à faire transiter les shahyd de l’apocalypse par la frontière syro irakienne pour aller se viander contre le Yankee infidèle. Tous derrière les trois voitures piégées que Béchar al-Assad avait gentiment laissé traverser le poste de douane syro jordanien afin de réduire Aman-la-félonne à l’état de cratère [3]. Alors, dans ces conditions et à moins d’être maboule en plus d’être islamiste, criminel et raciste, faire des misères à Béchou c’est complètement fada.

Par contre, du point de vue relationnel, si ces attentats contre des immeubles garantis abandonnés n’avaient pas eu lieu, il aurait fallu les inventer. Avec les sanctions étasuniennes qui pleuvent comme le déluge sur la junte de Damas. Avec Paris, qui, malgré toute sa mauvaise volonté, malgré Alain Gresh et l’Institut français d’études arabes de Damas - sorte de pépinière pour la sélection et la formation de cadres-sup garantis anti-juifs pour la diplomatie française. Sorte d’émulation excentrée, aussi, de l’école des cadres d’Uriage, qui remplissait la même fonction pour le régime du maréchal Justin-Machin à Vichy - se montre incapable de leur faire office de pétain (mais non, de « pépin », mais que t’arrive-t-il, Ilan, nom d’un pt’i Saddam ?). Cet assassinat collectif virtuel de fantômes de soldats onusiens a au moins permis au très habile mais pas très honnête Imad Moustapha, le gérant de la succursale de la Al-Assad & Co. Successeurs à Washington, l’occasion de prononcer cet immense mensonge : « Nous faisons ce que nous pouvons contre le réseau al-Quaïda, nous partageons le même ennemi avec les Etats-Unis ! »

Depuis cette déclaration, la Ména a appris que monsieur Moustapha avait été admis au Mount Sinaï Hospital où il est soigné, je cite, « pour une élongation substantielle de l’appendice nasal, jamais diagnostiquée depuis le cas Pinocchio, à Gênes, au siècle dernier ».

Les services syriens montant une parodie d’attaque dans leur capitale pour calmer le Texan de la White House ? Non. On ne joue pas à ce genre de passe-temps dans les dictatures arabes, surtout lorsque la dictature en question est aussi menacée et déstabilisée que ne l’est la dynastie des équarisseurs alaouites. Dans les circonstances actuelles, une petite étincelle peut faire exploser Damas, tant la contrée est troublée par des pressions insistantes et des intérêts prêts à bondir sur une bonne occase de devenir vizir à la place du vizir.

J’ai abondamment causé aux spécialistes de la Ména avant de lâcher ce remugle. Ils retiennent trois hypothèses et pas une moitié de carotte de plus. D’abord il y a les Kurdes, qui n’ont guère apprécié le départ de génocide dont ils ont été victimes de la part des SA de Béchar à la mi-mars. Les maladresses et le manque de préparation des attaques d’hier cadrent assez bien avec l’une des premières opérations dans la capitale de résistants d’une communauté d’opprimés.

Autre hypothèse retenue par les meilleurs analystes du Proche-Orient, un caca nerveux des services de sécurité du Fils-de, qui sont à cran, cause de qu’ils ont peur que l’on vienne exécuter extrêmement extrajudiciairement quelques tueurs de petits enfants juifs, auxquels leur président à donc prêté un bunker. Papa Hafez avait bien accueilli des officiers SS, fugitifs de la seconde guerre mondiale, comme quoi, les saines traditions restent dans la famille. Michaël Béhé me confirmait de Beyrouth, pas plus tard que cet après-midi, que les gouvernants syriens et leurs potiches libanaises sont absolument certains que des agents du Mossad ont déjà franchi leurs frontières et qu’ils s’apprêtent à enlever les piles de certains chefs du Hezbollah et du Hamas. D’après Béhé, les gens des services ont ces jours la gâchette facile et ils voient des juifs dans chaque immeuble délaissé. De là à imaginer qu’ils aient allumé un gros feu d’artifice à l’ouest de Damas - mon petit doigt me disant en plus que la planque de Mashal n’est pas très éloignée de l’ancien bâtiment de l’ONU - tirant un peu dans tous les sens, parce qu’ils avaient cru voir un Rominet, il s’agit d’une possibilité que je ne me hâterais pas d’amener aux objets trouvés.

Puis il y a l’éventualité de l’action d’un groupe de résistance locale à la tyrannie des al-Assad. Le nombre des opposants à Béchar va augmentant, de même que leur détermination, soutenue, il est vrai, par des conseillers américains spécialisés en matière de détermination. Il faut relever que les raisons de se révolter pullulent au paradis alaouite, comme l’incarcération totalement arbitraire de Aktham Nayssé. Nayssé, secrétaire du Comité pour la défense des libertés et des droits de l’homme en Syrie, lauréat du Prix international des droits de l’homme décerné par le barreau de Bordeaux, a été une nouvelle fois appréhendé par les scouts de Béchar le 13 avril dernier. Or pas moins de 17 organisations syriennes ont mis en garde, malgré les risques qu’elles encourent, l’Héritier de l’état de santé préoccupant de l’activiste syrien.

Dans toutes les hypothèses envisagées, les incidents d’hier montrent que la dynastie népotique de al-Assad est au bout du rouleau. A l’agonie, pour toutes les excellentes raisons exprimées lors des nombreuses analyses que notre agence a consacrées à ce sujet. La question qui reste en suspens, c’est combien de temps va durer l’agonie de cette dictature en tous points détestable. Car on sait que certains régimes totalitaires mettent longtemps à expirer et que leurs sursauts d’autorité peuvent coûter cher en vies humaines. Le jeune Béchar se consolera de ces tristes augures en pensant qu’il y aura au moins un chef d’Etat démocratique pour suivre le convoi funéraire. On se fait les amis qu’on peut, pas ?



Notes :

[1] On ne sait plus comment les appeler. On ne va tout de même pas écrire « journalistes »

[2] Hashishin nom donné par les Syriens aux aïeux de Béchar al-Assad, les hordes de bandits alaouites qui descendaient des montagnes afin de piller leurs maisons et de violer leurs femmes. Ce nom provient du Haschich que ces bandits consommaient en quantité avant de commettre leurs méfaits. En français, ils sont à l’origine du mot « assassin ».

[3] Autre niouze donnée, avec détails et analyse, par la Ména avant tous les autres organes de presse occidentaux et avant le communiqué diffusé par le gouvernement jordanien.


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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