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Un faux postulat

Par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

dimanche 13 septembre 2009
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Selon une information diffusée par Guysen.International.News, le vice-président du Conseil législatif palestinien, M. Ahmad Bahr, a, dans un discours prononcé, samedi soir à Beit Lahya, affirmé qu’ ’’admettre la judaïcité d’Israël, c’est renier l’existence de la Palestine’’,

Bien qu’il s’agisse d’une affirmation dénuée de tout fondement, cette déclaration a, du moins, le « mérite » de faire apparaître au grand jour ce que des « âmes naïves » cherchent à occulter, à savoir que l’objectif des Palestiniens est, en réalité, de remettre en cause le droit à l’existence de l’Etat d’Israël.

Car, ce faux postulat repose sur un « droit » tout aussi imaginaire qu’est le « droit de retour » des « réfugiés » palestiniens.

Ce « droit », dont la mise en œuvre, soit dans le cadre d’un « Etat bi-national », soit même dans l’hypothèse acceptée (pour combien de temps ?) de deux Etats, aboutirait, bien évidemment, ne serait-ce que sous la poussée démographique de la population palestinienne, à faire de la population juive une minorité dans l’Etat d’Israël.

Autrement dit, à terme, les Juifs auraient, dans un « Etat d’Israël », ainsi « repeuplé » un statut de fait, avant qu’il ne s’agisse d’un statut de droit, de « dhimmis », c’est à dire de « protégés » , comme ce fut le cas, dans le passé, dans les pays musulmans.

Quel idéal !

N’oublions pas, qu’à l’origine, si l’on peut dire, les Juifs avaient pu penser, sur la base de la Déclaration Balfour, dans laquelle la future puissance mandataire, se prononçait, avant même la fin de la Première guerre mondiale le droit à l’existence d’un « Foyer national juif ».

Et, lorsqu’en 1922, la Grande-Bretagne décida de partager le territoire que la Société des Nations lui avait confié, dans son intégralité (c’est à dire s’étendant des deux côtés du Jourdain), on pouvait penser que la Transjordanie ainsi créée ferait pendant au « Foyer national juif », qui avait vocation à être institué dans la partie située entre la Méditerranée et le Jourdain.

Mais, il n’en fut rien, puisque l’ONU, en novembre 1947, procéda à un nouveau partage de la Palestine, déjà amputée en 1922 : Les Juifs et les Arabes devaient se partager le territoire de la Palestine restant.

Ce que, pourtant, les représentants du Yichouv acceptèrent à la différence de la population arabe du territoire, encouragée par les Etats arabes voisins.

Et c’est ainsi que dans les années 60, se constitua l’Organisation de libération de la Palestine, dont le Fatah était le noyau principal.

Et, tout naturellement, dans l’esprit de leurs fondateurs, leurs Chartes comportent, aujourd’hui, encore, des références expresses à la « destruction de l’entité sioniste » et/ou à la « libération de la Palestine ».

De telle sorte que, contrairement à ce que certains journalistes ont pu écrire, à l’occasion du dernier congrès du Fatah, la référence à la « libération de la Palestine » n’est pas seulement une référence « historique » dans le texte fondateur du Fatah, comme l’atteste, si besoin était, la déclaration recensée du vice-président du Conseil législatif palestinien.

C’est encore le leitmotiv de l’idéologie palestinienne.

Il est quelque peu inéquitable, dans ces conditions, de demander à Israël de faire des concessions (même s’il est vrai que la poursuite de la colonisation dans les Territoires n’est effectivement pas de nature à faciliter la délimitation des futures frontières des deux Etats, car un échange de territoires a nécessairement des limites, surtout si cette politique est de nature à rendre impossible l’établissement d’un Etat palestinien d’un seul tenant).

En tout état de cause, comme nous l’avons souvent écrit, il serait bon que les ministres israéliens parlent d’une seule voix, au lieu de faire des déclarations individuelles, qui vont, parfois, à l’encontre de la politique officiellement présentée par le Premier ministre.

Ce n’est pas parce que du côté palestinien, les « bonnes paroles » de Mahmoud Abbas (lui-même parfois ambigu) sont souvent démenties par des déclarations qui témoignent d’un irrédentisme anti-israélien, comme celle d’Ahmad Bahr, sans parler des actions terroristes mettant en danger la vie de citoyens israéliens, que du côté israélien, des geste de bonne volonté, tel que le démantèlement - souvent annoncé, mais rarement effectué - des implantations illégales, ne devraient pas intervenir.

Plutôt que de se focaliser sur le « caractère juif » de l’Etat d’Israël, qui donnerait à entendre qu’il s’agit d’un Etat théocratique ou à tout le moins que des non-Juifs n’y auraient pas leur place, il serait préférable de mettre en avant que l’Etat d’Israël a vocation à être, effectivement, comme le prédisait Théodore Herzl, l’ « Etat des Juifs » (Der Judenstaat) et qu’un afflux d’une population non-juive (par ailleurs sans lien réel avec le territoire d’Israël, plus de 60 ans après sa création) serait de nature à le dénaturer, voire le déstabiliser.

L’exemple de l’Inde et du Pakistan qui sont parvenus à régler le problème des millions de personnes déplacées à la suite du partage de l’Empire des Indes, en 1947, est là pour illustrer la faisabilité d’une solution du problème des « réfugiés » palestiniens, sans la mise en œuvre d’un établissement massif de Palestiniens, à l’intérieur des frontières de l’Etat d’Israël.


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