Depuis Septembre 2000, DESINFOS.com est libre d’accès et gratuit pour vous donner une véritable information indépendante sur Israël
Personnalisé
Inscription gratuite à la Newsletter - cliquer ici
-
Accueil > La revue des infos > L´Arabie saoudite, « plus grande prison pour femmes au monde »

L´Arabie saoudite, « plus grande prison pour femmes au monde »

MEMRI Middle East Media Research Institute

jeudi 23 juillet 2009
- Lire la version pour téléphone mobile (iPhone, smartphone, etc.) -


Partager  | Autres liens

Dans un article paru sur le site progressiste Minbar Al-Hiwar Wal-Ibra (http://www.menber-alhewar1.info), la journaliste réformiste saoudienne et militante pour les droits de l´Homme Wajeha Al-Huweidar qualifie l´Arabie saoudite de « plus grande prison pour femmes au monde ». Elle ajoute que contrairement aux prisonniers officiels, les Saoudiennes n´ont aucun espoir d´être libérées : elles passent toute leur vie sous la tutelle d´un tuteur : leur mari, père, grand-père, frère ou fils.

Huweidar et d´autres militantes ont dernièrement lancé une campagne contre la loi du Mahram en Arabie saoudite (1), qui interdit aux femmes de quitter leur domicile sans tuteur. Elle rapporte au quotidien koweïtien Awan que la campagne, dont le mot d´ordre est « traitez-nous comme des citoyens adultes ou nous quitterons le pays », a été officiellement lancée sur le pont du Roi Fahd, reliant l´Arabie saoudite à Bahreïn, que ces Saoudiennes ont demandé à traverser sans tuteur. (2)

Ci-dessous des extraits de l´article de Huweidar : (3)

Les prisonniers peuvent être libérés, les femmes non

"Les lois relatives à l´emprisonnement sont connues dans le monde entier. Ceux qui commettent un crime ou une offense sont placés dans une cellule de prison… où ils purgent leur peine. [Quand ils la terminent], ou la voient raccourcie pour bonne conduite, ils sont relâchés… sauf dans les cas [de condamnation] à la prison à vie ou à la peine de mort. En Arabie saoudite, il existe deux façons supplémentaires de faire raccourcir son temps de prison : apprendre le Coran par cœur, entièrement ou partiellement… ou obtenir le pardon du roi à l´occasion d´une festivité religieuse ou d´un couronnement. Le prisonnier se retrouve alors libre et peut profiter de la vie auprès de sa famille et de ses êtres chers.

Toutefois, les Saoudiennes ne peuvent profiter d´aucune de ces possibilités : ni celles qui vivent derrière les barreaux, ni celles qui vivent loin des murs de prison. Nulle d´entre elles n´est jamais libérée, sauf avec la permission de son tuteur homme. Une Saoudienne qui a commis un crime ne quittera pas sa cellule à la fin de sa peine si son tuteur ne vient pas la chercher. En conséquence, il est fréquent que des Saoudiennes demeurent en prison uniquement parce que leurs tuteurs refusent de venir les chercher. L´Etat leur pardonne, mais leurs tuteurs tiennent à prolonger leur châtiment.

Toutefois, les femmes ´libres´ ont également besoin de la permission de leur tuteur pour quitter leurs domiciles, leurs villes ou leurs pays. De sorte que dans tous les cas, la liberté des femmes dépend de leurs tuteurs."

« Les détenus sont privés du contrôle de leurs propres vies… de même que les Saoudiennes »

« Dans toutes les prisons du monde, les détenus sont privés du contrôle de leurs propres vies : tous leurs mouvements sont surveillés et contrôlés par le geôlier. Les autorités carcérales décident de leur sort et pourvoient à leurs besoins, jusqu´au jour de leur libération. C´est également le lot des Saoudiennes. Elles n´ont pas le droit de prendre des décisions, de faire un seul pas sans la permission de leur geôlier, c´est-à-dire de leur tuteur. Mais dans leur cas, il s´agit d´un emprisonnement à vie. »

« La police religieuse saoudienne poursuit les femmes en tout lieu comme s´il s´agissait de fugitives »

"La loi saoudienne du Mahram fait des femmes des prisonnières le jour de leur naissance, ce qu´elles demeurent jusqu´au jour de leur mort. Elles ne peuvent quitter leurs cellules, c´est-à-dire leurs domiciles, ni la grande prison, c´est-à-dire l´Etat, sans autorisation signée… Bien que les Saoudiennes soient plus que toutes les autres femmes du monde privées de liberté et de dignité, elles subissent toutes ces formes d´oppression et d´injustice dans un silence amer, réprimant leur colère et [affichant] un découragement qui ressemble à la mort. Les Saoudiennes sont paisibles au sens fort, mais jusqu´à présent l´Etat saoudien n´a pas su apprécier [la noblesse de] leurs âmes, leur patience, leur résistance tranquille…

Les dignitaires religieux, qui ont reçu l´autorisation de l´Etat d´opprimer les femmes, considèrent le silence et la patience de ces dernières comme la marque d´un esprit arriéré et de leur faiblesse émotionnelle… C´est ainsi qu´ils se sont permis d´accroître le ´sommeil´ de l´oppression au fil des décennies… Ils étouffent [les femmes] dans tous les domaines au moyen de lois opprimantes [appliquées] par la police religieuse, qui les poursuit partout comme s´il s´agissait de fugitives. Les lois relatives aux femmes ont fait d´elles des objets sur lesquels des malades peuvent libérer leurs [instincts] sexuels et leur violence.

Ces dignitaires religieux saoudiens privent les Saoudiennes de toute occasion de trouver du travail, recevoir une instruction, voyager, recevoir un traitement médical ou d´exercer tout autre droit, aussi minimaliste soit-il, sans l´autorisation de leur geôlier, c´est-à-dire de leur tuteur – tout cela sur la base de fatwas opprimantes sanctionnées par les hommes [qui dirigent] l´Etat."

« Les mères et les grand-mères [des Saoudiennes d´aujourd´hui] avaient tous ces droits et jouissaient d´une liberté beaucoup plus importante [que les femmes d´aujourd´hui]. »

"Les mères et les grand-mères [des Saoudiennes d´aujourd´hui] avaient tous ces droits et jouissaient d´une liberté beaucoup plus importante [que les femmes d´aujourd´hui] – de même que toutes les musulmanes appartenant aux époques révolues, telles que les épouses du Prophète. Elles n´étaient pas sujettes à la répression née de la loi du Mahram, qui n´est pas basée sur les principes de l´islam et qui n´a en fait rien à voir avec l´islam.

Combien bénie est l´Arabie saoudite, le royaume humain qui est devenu la plus grande prison pour femmes au monde. [C´est un pays] qui permet à n´importe quel homme, sans conditions, de jouer le rôle de geôlier, et qui a transformé ses femmes en prisonnières à vie, alors qu´elles n´ont rien fait pour le mériter."



(1) Le Mahram (« interdit ») est un parent qu´une femme ne peut légalement épouser et qui peut donc lui servir de tuteur.

(2) Awan (Koweït), 6 juillet 2009. Le cheikh Abdel-Muhsin Al-Obikan, conseiller du roi et membre du Conseil de la Shura, a dernièrement émis une fatwa autorisant les femmes à voyager à l´étranger sans accompagnateur, www.islamonline.net, 25 décembre 2008.

(3) http://www.menber-alhewar1.info/news.php?action=view&id=4364, 24 juin 2009.


Soumettez vos réactions - Imprimer la page - {id_article}

Chaque matin recevez la Newsletter de Des Infos.com
Cliquez pour vous inscrire gratuitement

Articles associés

MEMRI
Le directeur d’un quotidien koweïtien : la lutte contre le terrorisme ne devrait pas être la préoccupation des seuls Etats-Unis - une alliance internationale est nécessaire. - septembre 2006
A l’Université libanaise, un symposium d’Al-Manar appelle à rayer Israël de la carte, citant Hitler en exemple - décembre 2005
Ractions syriennes aux premiers contacts avec le gouvernement Obama : Les Etats-Unis ont capitul face la Syrie et lIran - avril 2009
Des responsables saoudiens défendent l’accusation du prince héritier Abdallah contre les sionistes qui seraient, selon lui, derrière les attentats meurtriers en Arabie Saoudite - juin 2004
Un chroniqueur koweitien : « Le cafard sioniste contrôle le monde et suscite la haine de tous à l’encontre des Arabes et des musulmans » - décembre 2009
L’islamiste britannique Anjem Choudary : Nous voulons appliquer la loi islamique en Grande-Bretagne - février 2010
Le directeur du quotidien égyptien gouvernemental Al-Gumhouriyya : le Hamas, la Syrie et l´Iran, nouvel axe du mal - janvier 2009
Editorial d’un quotidien saoudien gouvernemental : « Bush, le nazi » - novembre 2004
Hassan Iquioussen, grande figure de l’UOIF : « La vie du musulman est un effort pour répandre la miséricorde et le combat » - mai 2013
Une journaliste soudanaise invite la presse à assister à son procès et à l’administration de coups de fouet pour « tenue indécente » : « je portais un pantalon. » - juillet 2009
Inscription  gratuite à la Newsletter de



Informations , services  et publicité sélectionnés gratuitement par Desinfos.com











IDC

 





Docteurinfo.com la santé par la connaissance


Avis d'utilisation |     | Accueil | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Contact | Mentions légales | Espace privé |     | SPIP | squelette