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Richard Prasquier : « Du huis clos au verdict, un procès sans vertu pédagogique »

CRIF Conseil Représentatif des Institutions Juives de France

mardi 14 juillet 2009
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Depuis la condamnation du Gang des Barbares, vendredi 12 juillet, des voix s’élèvent au sein de la communauté juive contre le verdict. Si la peine maximale infligée à Youssouf Fofana a été saluée, celles de ses coaccusés sont jugées trop « indulgentes » par Richard Prasquier, président du CRIF qui, dans une interview donnée au Figaro, lundi 13 juillet 2009, réclame un nouveau jugement public.

L’avocat de la famille Halimi, Francis Szpiner, conteste les peines des complices de Youssouf Fofana jugées trop clémentes. Qu’en pensez-vous ?

Si Fofana n’avais pas été condamné à la peine maximum, j’aurais évidement contesté le verdict. Il est difficile de se prononcer sur l’ensemble des autres inculpés, puisque les audiences se sont déroulées à huis clos. Je remarque cependant qu’à partir d’un réquisitoire déjà jugé indulgent, les sanctions ont été dans l’ensemble minorées. On ne peut évidement pas connaître l’axe d’analyse privilégié par le jury, mais on peut penser que le réquisitoire de l’avocat général a joué un rôle dans cette évaluation : par définition, il était censé porter la parole de la société et non pas celle d’intérêts particuliers. Or, je suis troublé par l’attitude de Phillipe Bilger. D’après plusieurs témoignages, il a soutenu qu’il existait un antisémitisme acceptable et un autre qui ne le serait pas. D’autres éléments laissent craindre qu’il ait minoré la part de l’antisémitisme dans les motivations du gang. Si cela se confirmait, je crois qu’il serait disqualifié dans sa fonction d’avocat général.

Souhaitez-vous un nouveau procès ?

Un nouveau procès serait utile, uniquement s’il se déroulait en public, pour que l’opinion puisse comprendre le fonctionnement de cette bande, appréhender sa violence et ses préjugés antisémites. La famille Halimi, la communauté juive, tous les citoyens ont été privés de ce qui aurait pu être une leçon. Du huis clos au verdict, ce procès, replié sur lui-même, n’a pas eu de vertu pédagogique.

La justice a-t-elle minoré les responsabilités de certains ?

C’est son rôle d’étudier le cadre psychologique et la trajectoire de chaque accusé et de graduer les responsabilités. Mais ce crime est aussi collectif. Chacun des 26 accusés pouvait à tout moment stopper cette torture par un appel anonyme. Or le silence a prévalu. Il est tentant d’escamoter le facteur antisémite pour faire l’assassinat d’Ilan un simple « plan thunes ». Hormis Fofana, les protagonistes ont assuré qu’ils n’étaient pas antisémites et certains ignorent probablement la signification de ce mot. Mais ils ont intériorisé, et cela revient au même, des stéréotypes féroces contre les Juifs forcément « riches ». Or l’antisémitisme a souvent été cette somme de préjugés. Les pogromistes de l’Empire russe n’avaient pas lu la littérature antisémite. La plupart des coupables de la Shoah étaient des hommes ordinaires, indifférents aux Juifs. La France n’est pas un pays antisémite. C’est justement ce qui la rend parfois aveugle à ce mal qui la ronge à nouveau.

Certains dans la communauté juive regrettent d’avoir suivi les consignes de la police au lieu d’avoir versé la rançon ?

Je n’étais pas président du CRIF lors du drame, mais je crois que personne ne savait. Par ailleurs, ceux qui étaient informés de la séquestration ont respecté les consignes de silence de la police. Il était difficile d’aller contre les conseils de professionnels. Aujourd’hui le dénouement tragique alimente l’amertume. Je sais que des esprits s’échauffent, que d’aucuns ont envie de faire justice eux-mêmes. On s’interroge sur d’éventuels ratés de l’enquête. Je comprends l’indignation. Mais au risque d’être impopulaire, je prône le calme. Le CRIF sera présent et soutient la manifestation de ce soir, en espérant qu’elle sera un rassemblement citoyen digne.


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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