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Le salut public est la loi suprême

Par Michel Gurfinkiel

mardi 30 mars 2004
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De bonnes âmes se sont émues de l’exécution de Cheikh Ahmed Yassine. Les unes pour contester la légalité d’une telle opération : une exécution sans procès préalable en bonne et due forme serait nécessairement un assassinat, quelques que soient les circonstances. Les autres pour affirmer que Yassine, paralytique et chef religieux, ne pouvait être un terroriste au sens ordinaire du mot.

La première objection est un sophisme. Certes, nul ne peut être exécuté sans procès : mais là où un procès est possible, en temps de paix, dans le cadre d’un Etat de droit, et dès lors que le criminel a été mis hors d’état de nuire. En temps de guerre, dans une situation de non-droit, alors que les crimes de l’intéressé sont patents, répétés, quotidiens, assimilables à des crimes contre l’humanité, et que l’intéressé, de surcroît, les avoue, s’en vante, affiche l’intention de les poursuivre et de les amplifier, l’exécution est une simple mesure de salut public, et c’est le refus d’y procéder qui pourrait être considéré, à bien des égards, comme une atteinte au droit.

La seconde objection ne vaut guère mieux. Une infirmité physique n’a jamais empêché certaines personnes de sombrer dans le crime, ni d’organiser des crimes, ce qui revient au même. Et elle n’a jamais constitué, à la différence de l’infirmité mentale, un motif de clémence ou de pardon. Le paralytique Couthon fut, avec Robespierre et Saint-Just, l’un des organisateurs de la Terreur de 1793-1794 : fallait-il lui épargner la guillotine après le 9 thermidor ? Hitler était vraisemblablement atteint de plusieurs déficiences physiques et sexuelles : cela excuse-t-il la Shoah ? Goebbels avait un pied bot : s’il ne s’était pas suicidé dans les derniers jours de la guerre, aurait-il fallu l’acquitter à Nuremberg ? Staline avait un bras atrophié : cela justifie-t-il les purges, le goulag, Katyn, l’organisation méthodique de la famine en Ukraine ou la seconde Shoah qu’il préparait à la veille de sa mort, en 1953 ? Quant au rôle religieux de Yassine : religion et massacre ont malheureusement toujours fait bon ménage, sous tous les cieux. Il suffira de mentionner, pour nous s’en tenir à France la douce, des pogromes perpétrés par les croisés, contre lesquels s’éleva saint Bernard de Clairvaux, du massacre des Albigeois, et de la Saint-Barthélémy.

Cheikh Ahmed Yassine était le chef reconnu, incontesté, charismatique, du Hamas. Depuis septembre 2000, cette organisation a perpétré et revendiqué plus de quatre cents attaques contre Israël, principalement dirigées contre des civils, dont cinquante-deux attaques suicides. Et ces opérations - tenues pour des crimes contre l’humanité par deux ONG majeures, Amnesty International et Médecins du Monde - ont fait 420 et 2076 blessés : Israéliens ou étrangers, juifs, musulmans ou chrétiens. Les attaques suicides, à elles seules, ont fait 288 morts et 1646 blessés. A l’échelle de la France, dix fois plus peuplée qu’Israël, cela ferait plus de quatre mille morts et de vingt mille blessés, dont quelque 3800 morts et 16 000 blessés à la suite des seuls attentats suicides. Parmi les attentats les plus odieux : l’attaque suicide contre la discothèque Delfinarium de Tel-Aviv, le 1er juin 2001, qui tue vingt et un adolescents, et celle qui, le 27 mars 2002, fauche à Nethanya trente personnes qui allaient célébrer la Pâque juive. Mais que dire du dernier attentat en date ? Le 14 mars dernier, le Hamas envoyait deux adolescents mineurs, mineurs, Nabil Saoud et Mohamed Salem, en mission suicide contre les entrepôts chimiques du port d’Ashdod, dans l’intention avouée et explicite de provoquer, dans le sud et peut-être le centre d’Israël, un désastre « non-conventionnel » analogue à ceux de Seveso, de Bhopal et de Toulouse AZF. La Providence a voulu que ces deux terroristes soient interceptés in extremis et se fassent exploser à l’extérieur des entrepôts, ne tuant - et je ne prononce ce « ne » qu’en frémissant - que dix personnes, au lieu de plusieurs milliers ou plusieurs dizaines de milliers

Ceux qui entretiendraient encore des doutes sur la responsabilité personnelle,directe, de Yassine, peuvent se reporter à ses écrits, que le Hamas a largement diffusés. Dans une langue froide et implacable, le chef du Hamas justifiait le génocide en mélangeant, mixant, remixant, l’idéologie des Frères musulmans, le nationalisme arabe et palestinien et un antisémitisme textuellement démarqué des Protocoles des Sages des Sion. Je voudrais m’attarder sur deux passages particulièrement significatifs de son texte le plus célèbre, la Charte du Hamas, publiée en 1988.

Le premier concerne les femmes. Cheikh Yassine écrit que « la femme musulmane a un rôle qui n’est pas moindre que celui de l’homme musulman dans la guerre de libération : elle produit des hommes et assure leur formation et leur éducation » . La femme réduite au rôle de productrice de combattants, d’usine à terroristes et à kamikazes. Qu’en disent les militants et les militantes des droits de la femme et de l’enfant ?

La seconde citation concerne le statut des pays qui ont été islamisés une seule fois dans leur histoire. Cheikh Yassine écrit qu’aucun musulman ne peut renoncer à la Palestine, bien inaliénable de l’ensemble de la communauté islamique depuis sa conquête. Mais il ajoute : « Ce statut est le même pour tous les pays que l’islam a conquis par la force pour toutes les générations de musulmans jusqu’au jour de la Résurrection » . En d’autres termes, la guerre sainte que le Hamas mène contre Israël n’est qu’un prélude à celle qu’il mènera ailleurs, contre l’Inde, contre la Russie, contre l’Arménie et la Géorgie, contre les pays balkaniques et la Grèce, contre la Hongrie, contre l’Autriche, contre le Portugal, contre l’Espagne (mais oui, M. Zapatero), et contre la France, qui fut conquise de force jusqu’à Poitiers. `


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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