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La menace iranienne : c’est la faute d’Israël

Par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

mercredi 18 février 2009
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Dans un article publié dans l’International Herald Tribune, daté du 17 février, le directeur général de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA), organisation associée à l’ONU, chargée, notamment de veiller au respect du traité de non prolifération nucléaire (TNP), s’est affranchi du devoir de réserve qui s’impose, pourtant, aux fonctionnaires internationaux.

Selon les « Normes de conduite requises des fonctionnaires internationaux » (Doc A/56/30), « il n’est pas permis, comme à un particulier de « prendre parti » ou d’exprimer publiquement ses opinions sur des problèmes controversés……Ce qui signifie que dans certains cas, il doit faire preuve de tact et de discrétion lorsqu’il exprime des opinions personnelles » (§9). De même, « il serait inacceptable pour un fonctionnaire international….de critiquer ou de tenter de discréditer un gouvernement » (§29).

Or, dans un article consacré au désarmement nucléaire (A receipe for survival - Une recette pour la survie), Mohamed ElBaradei, ancien diplomate égyptien, qui dirige l’AIEA depuis 1997 (et dont le 3ème mandat vient à expiration cette année), évoquant les raisons des lacunes de ce type de désarmement, considère que « le régime de non prolifération atomique a perdu sa légitimité aux yeux de l’opinion publique arabe, du fait de la perception d’un double standard concernant Israël, le seul Etat dans la région, qui est en dehors du TNP et qui est connu pour posséder des armes nucléaires ». Bien évidemment pour cet observateur impartial de la situation, le Moyen Orient ne connaîtra jamais la paix jusqu’à ce que le problème palestinien soit réglé. Au passage, notons qu’il a cru devoir (pourquoi d’ailleurs ?) évoquer le récent « carnage de civils » à Gaza….

C’est ce que Guysen.Israel.News a cru pouvoir présenter de la manière suivante : « Mohamed ElBaradei impute partiellement à Israël l’échec de l’AIEA à dissuader l’Iran de se nucléariser. "Le régime de non-prolifération nucléaire a perdu sa légitimité aux yeux de l’opinion publique arabe en raison du régime de deux poids, deux mesures dont bénéficie Israël’’ ».

On aimerait savoir en quoi Israël bénéficierait d’un régime de faveur, la ratification du TNP ne constituant pas une obligation, alors que l’Iran qui, volontairement, y a adhéré, viole, à l’évidence, son engagement, en éludant le contrôle de l’AIEA.

Or, Elbaradei se borne à une allusion discrète en évoquant « l’engagement de l’administration Obama d’engager une diplomatie directe avec l’Iran ».

Juste après avoir évoqué le cas d’Israël, Elbaradei considère que « les préoccupations concernant les actuels et les futurs programmes nucléaires dans la région » subsisteront « tant qu’une paix durable ne sera pas atteinte et que toutes les armes nucléaires n’auront pas été éliminées de la région ». Et ce n’est qu’ensuite, à propos des projets du nouveau président américain, que le cas de l’Iran est cité.

Quelle indécente discrétion.

Car, parallèlement, à cette mise en cause d’Israël, le directeur général de l’AIEA est bien obligé de reconnaître, à l’occasion d’autres prises de position, comme l’indique, concomitamment, Guysen.Israel.News le « manque de coopération de l’Iran », qui se refuse à fournir un quelconque « accès ou clarification concernant tout le domaine d’une possible dimension militaire » de son programme nucléaire et qu’il « n’a toujours pas apporté de réponse aux questions importantes sur son programme nucléaire ».

La façon de présenter Israël comme un danger pour la paix constitue une manière peu objective d’occulter le véritable danger que représente le programme de recherche nucléaire de l’Iran.

Et ce d’autant plus que le président iranien répète à l’envi qu’il faut « éradiquer » l’Etat d’Israël de la carte, de telle sorte que la possession de l’arme nucléaire constituerait une menace réelle pour cet Etat.

Malheureusement, les trois séries de sanctions adoptées par le Conseil de sécurité en 2006 (rés. 1737), 2007 (rés. 1747 et 2008 (rés. 1803) visant à interdire la fourniture de biens et de matériels à finalité nucléaire, la livraison de certains types d’armes et de matériels militaires, ainsi que l’entrée et le passage de personnes impliquées dans la recherche nucléaire, dont une liste est d’ailleurs publiée, n’ont pratiquement eu aucun effet, comme le Conseil de sécurité devait le constater dans sa résolution 1835, adoptée en septembre dernier.

Mais, du fait de l’appui implicite que la Chine et la Russie, membres permanents du Conseil de sécurité, où ils disposent d’un droit de veto, apportent au régime iranien, on ne peut guère envisager l’adoption de nouvelles sanctions, qui seraient susceptibles de contraindre l’Iran à renoncer à se doter d’un arsenal nucléaire.

De fait, il faudrait « toucher » l’Iran au « porte-monnaie », en décrétant, par exemple, un embargo sur les exportations de pétrole iranien, comme ce fut le cas, dans le passé contre Saddam Hussein, sans que cela permette, pour autant, il est vrai, d’éviter une intervention militaire, décidée unilatéralement par les Etats-Unis et quelques alliés.

Une telle mesure qui, restreignant la quantité de pétrole sur le marché mondial, entraînerait bien évidemment une hausse du prix du pétrole, ne pouvait pas être envisagée lorsque le prix du baril de pétrole dépassait déjà les 140 dollars. Or, la situation n’est plus la même aujourd’hui avec un prix du pétrole aux alentours de 40 dollars.

En tout état de cause, il est particulièrement malhonnête venant de la part du directeur de l’AIEA de rendre Israël responsable de la fragilité de la situation au Moyen-Orient, alors que la menace iranienne est loin d’être une hypothèse d’école.


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