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L’information vue par « Le Monde »

Par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

samedi 17 janvier 2009
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Dans le numéro daté du 17 janvier, le correspondant à Jérusalem de ce journal, Benjamin Barthe, s’est véritablement surpassé. Depuis que nous nous étions étonné de l’attribution du prix Albert Londres (v. notre point de vue du 13 mai 2008), Benjamin Barthe avait, à plusieurs reprises, suscité, à nouveau, de vives critiques de notre part, en raison de son parti pris, que traduisait son manque d’objectivité.

Cette fois, il s’agit pour ce journaliste, qui est bien dans la ligne de ses prédécesseurs, depuis des décennies, de rendre compte de « la guerre des JT », israélien et arabe et il trouve la « comparaison édifiante ».

A en juger par le commentaire placé sous les images respectives tirées desdits JT, il n’y a, pourtant, rien d’étonnant à voir « le journal de la chaîne israélienne Deux (qui) présente la progression de l’armée israélienne à Gaza…., tandis qu’à la télévision qatarie Al-Jazira… se succèdent les images de victimes palestiniennes des bombardements dans la bande de terre ».

Qu’y a-t-il de surprenant que dans le journal télévisé israélien, c’est « vingt minutes après le début du journal, que la présentatrice donne la parole aux Palestiniens ? On aimerait que dans le journal télévisé arabe, un habitant de Sderot puisse évoquer sa situation, au même titre qu’un Palestinien déclare à la télévision israélienne : « On nous a déjà expulsés de chez nous en 1948 et 1967, la situation est très dure ». Faut-il s’attarder plus de « quelques secondes » sur les funérailles d’un « médecin tué dans les combats et privé de sépulture, car le cimetière du centre-ville est déjà plein » ? Le commentateur israélien constate qu’effectivement : « A Gaza il est difficile de vivre et difficile de mourir ».

On ne peut manquer de relever une point de critique dans l’évocation de cette « parenthèse palestinienne », alors que le « journal retourne pour quarante minutes à l’actualité vue d’Israël ». Est-ce tellement anormal que les Israéliens, et donc leur télévision, s’intéressent avant tout à ce qui se passe en Israël ?

Ensuite, changeant de chaîne, notre journaliste constate, sur la chaîne arabe, un « changement radical d’ambiance ». De fait, - c’est nous qui résumons – c’est un « matraquage » contre Israël, dans lequel « entre chaque sujet, les mêmes images reviennent en boucle, accompagnées d’une musique dramatisante ». Apparemment, d’après le reportage de Benjamin Barthe, dans le JT israélien on ne donnait pas l’impression de minimiser la situation à Gaza, tandis qu’un commentateur arabe parle de « la plus calme journée de la guerre en Israël, avec seulement douze roquettes », ignorant bien évidemment la terreur dans laquelle vit la population à l’idée de pouvoir être effectivement atteinte même par un seul tir….

Et, sans guillemets, le journaliste français évoque une série de reportages sur l’ « hécatombe » (les guillemets sont de nous), causée par l’attaque israélienne » et relève le témoignage d’un père de famille qui déclare que deux de ses filles ont été abattues par des tireurs d’élite. On croirait une réédition du « bidouillage » du reportage de France 2 dans l’affaire Al Dura, lorsque le père affirme que « celle de 2 ans a pris douze balles ». Et Benjamin Barthe sans aucun « recul » dans son reportage, a noté que « la survivante, âgée de 4 ans, dit….qu’une balle lui est rentrée dans le dos et qu’elle est désormais paralysée »….

C’est, en tout cas, le journaliste français qui évoque « cet étalage de souffrances » et qui, rendant compte de la dernière demi-heure du journal consacrée à un tour du monde des manifestations de solidarité avec Gaza, constate « une goutte de réconfort dans un océan de dévastation ».

Et comble de l’hypocrisie, un autre reportage de Benjamin Barthe, sur la même page, est présenté sous le titre « La moitié de la vérité ». Même si les guillemets figurent sous la plume de Benjamin Barthe, car il s’agit d’une phrase du chef du service étranger de la chaîne 2 israélienne, le lecteur pressé qui ne prendra pas la peine de lire l’article sera tenté de croire que les Israéliens cachent la moitié de la vérité, donc qu’ils mentent.

De fait, le journaliste israélien explique que leur « audience est israélienne et elle n’a pas envie d’entendre parler des Palestiniens. Elle estime qu’en temps de guerre, il faut serrer les rangs avec les soldats ». Est-ce condamnable ?

Donc, contrairement à ce que le titre laisserait entendre, la TV israélienne, qui ne montre « que la moitié de la vérité » ne ment pas, simplement elle ne s’attarde pas sur la situation des Palestiniens, ayant vocation, surtout en temps de guerre, à traiter des sujets, qui intéressent les Israéliens.

Ce qui peut également s’expliquer par le fait que les Israéliens auraient, d’ailleurs, du mal à s’informer objectivement sur la situation.

Il est manifeste que bon nombre de chiffres, souvent cités, sont volontairement exagérés : un obus de mortier ne peut avoir tué 43 personnes réfugiées dans une école de l’UNRWA. Ou bien le chiffre a été surestimé, ou bien, plus vraisemblablement, des stocks d’explosifs étaient emmagasinés dans l’école et ont été touchés par le tir israélien.

Au même titre qu’il y a quelques jours le témoignage du médecin norvégien Mads Gilbert était sujet à caution, du fait de ses positions anti-israéliennes (et anti-américaines, l’intéressé s’étant réjoui de l’attentat du 11 septembre), fort anciennes, de même le témoignage d’un médecin néerlandais rapporté, dans le même numéro, par le confrère et compère de Benjamin Barthe, Michel Bôle-Richard, est non moins à prendre avec précaution.

Il est évident que nous ne sommes pas en mesure de contester les descriptions saisissantes de ce que ce médecin pu voir à l’hôpital Chifa à Gaza.

Mais, on ne peut que manifester un grand étonnement pour ne pas dire une colère certaine, quand cette personne, qui n’est restée sur place qu’une semaine affirme « je peux vous dire que le chiffre de 1 000 morts est certainement inférieur à la réalité ».`

Or, on sait que ces chiffres ont été fournis par des sources palestiniennes, qui étaient certainement mieux placées que Gérald Veen Fresed pour les recueillir et qui avaient tout intérêt à les gonfler.

Surtout, il nous paraît indécent, voire scandaleux que ce médecin, dont nous reconnaissons, bien volontiers, le courage d’être venu apporter son aide à la détresse de victimes civiles de la guerre provoquée par le Hamas, qui les a prises comme boucliers humains, ait osé évoquer son expérience du « génocide des Tutsis au Rwanda, en 1994 ».

Cette comparaison est odieuse non seulement parce que, heureusement, les chiffres à Gaza sont sans commune mesure avec les centaines de milliers de morts au Rwanda et aussi, et surtout, parce qu’à Gaza, il s’agit de « dégâts collatéraux », alors qu’au Rwanda, les Hutus s’en sont pris volontairement et directement aux populations civiles tutsies.

On nous répondra qu’il n’en demeure pas moins qu’il y a des femmes et des enfants qui meurent ou se trouvent blessés de façon horrible à Gaza, comme ce fut le cas au Rwanda, mais nous condamnons l’amalgame des situations qui vise, en réalité, à ranger les Israéliens avec les Hutus, dans la catégorie des assassins, coupables de crimes contre l’humanité.


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