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Les Palestiniens sans Israël.

© Proff

lundi 15 mars 2004
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Des rumeurs circulent en Israël et dans les territoires sous autorité palestinienne, que de profondes divergences de vue opposent le vieux dictateur, Arafat, et le Premier Ministre non élu, Qoreï. La cause de la dispute semble résider dans l’évaluation que ces deux co-fondateurs du Fatah font de la décision du gouvernement israélien de relocaliser 17 des 21 communautés israéliennes de la bande de Gaza. Ce serait la première étape de la séparation des populations palestiniennes des populations israéliennes, afin d’assurer la sécurité et la paix de ces dernières.

L’héritage d’Arafat.

Un des effets de cette stratégie sécuritaire devrait permettre aux Palestiniens de constituer leur propre état, sans qu’ils puissent se plaindre de la présence de Juifs (« colon juifs ») et de l’armée de l’entité sioniste (dixit). C’est, semble-t-il, ce qu’espère le Premier Ministre Qoreï et que redoute le vieux dictateur. Ni l’un ni l’autre n’a pris la peine d’informer les premiers intéressés, les Palestiniens, des arguments de leurs divergences, mais on ne peut demander à des leaders politiques qui n’ont jamais fonctionné suivant les règles de la démocratie de se convertir, sur le tard, au bien public.

L’Autorité palestinienne a renoncé à toute évolution démocratique depuis les « élections » qui ont suivi les accords d’Oslo, « élections » qui se sont déroulées avec vingt mois de retard. Et maintenant, dix ans plus tard, Tzahal va se redéployer et des communautés israéliennes vont abandonnerdes espaces à l’Autorité palestinienne. Alors que cette nouvelle stratégie se met peu à peu en place, nous apprenons que plusieurs centaines de membres du Fatah ont démissionné pour protester contre la corruption des Autorités palestiniennes et l’absence de perspective démocratique. Il s’agit là d’une authentique manifestation de désespoir, car compte tenu des violences domestiques et de la tyrannie entretenue par les Autorités palestiniennes, ces démissionnaires font preuve de courage. Ce cri de rage vient au moment où le Premier Ministre M. Qoreï entreprend un tour d’Europe. Or, il n’est porteur d’aucun plan de paix palestinien : c’eût été une grande première, car aucune sorte d’autorité palestinienne n’a jamais proposé un plan de paix qui respectait l’intégrité de l’Etat d’Israël.

M. Qoreï ne voyage pas pour défendre une vision de paix, mais alors qu’est-ce qui l’agite ? Que vient-il plaider en Europe, si ce n’est la poursuite de la légitimation d’Arafat et de son régime. L’Union Européenne (UE) prolonge la « légitimité » d’Arafat par leurs soutiens politique et financier constants, jusque dans la défaite où il a plongé son propre peuple. Peuple qui se nomme lui-même Peuple Palestinien depuis sa charte de 1960 et qui n’a pas réalisé ses objectifs nationaux. Pourquoi ? Parce que la Charte de l’OLP n’a pas pour projet de construire, mais de détruire, dans 15 de ses 33 articles. Dans cette perspective, il est clair que le missi dominici d’Arafat vient tenter de convaincre l’UE de faire pression sur Israël pour que l’Etat d’Israël renonce à un moyen de défense. Il vient demander à l’Europe de « contrer » la stratégie de Sharon qui vise à abandonner territoires et populations palestiniens à leur propre sort : qu’ils construisent leur Etat ou s’entretue, ce ne sera bientôt plus le problème d’Israël, au propre et au figuré. Cette rupture effraie les Qoreï, Arafat, et tous les autres despotes locaux, parce qu’ils vont se retrouver face à eux-mêmes et à un Islam foncièrement wahhabite, dont les objectifs sont moins nationaux qu’internationaux. La tension prévisible, que cela va provoquer au sein des populations palestiniennes reproduira à l’échelle de la Palestine les violences de la lutte entre la modernité (l’état de droit, la technologie et la permissivité, qui aussi le libre examen) et le despotisme qui est la forme de gouvernement dominante dans la monde arabe. Le soutien de l’Europe à cette équipe issue de l’échec du panarabisme et de la guerre froide, interdit aux Palestiniens de choisir le seul modèle de la modernité prospérant au Moyen-Orient, l’Etat d’Israël. L’Europe préfère pour les Palestiniens un modèle post-colonial, qui convient très bien aux trois co-fondateurs du Fatah, Abou Amar (Arafat), Abou Mazen (Mahmoud Abbas) et Abou Ala (Mohamed Qoreï).

Dans les frontières hérités de l’échec d’Arafat, la force sera d’amblée dans le camp de l’instauration d’un ordre parasite de la modernité, comme le sont toutes les dictatures à des degrés divers. Par exemple, la Chine maîtrise la technologie et l’exploite bien, mais elle ne fonctionnement pas sur l’état de droit, ni ne constitue pas une société permissive (pas de libre examen). Par contre, l’Union Indienne constitue bien un état de droit, avec une bonne maîtrise des techno-sciences et pour ce qui est du libre examen, c’est certainement une société permissive. Cette digression pour illustrer, l’ampleur du dilemme dans lequel la stratégie du premier Ministre Sharon va enfermer les structures sociales palestiniennes, hérités d’Oslo et d’Arafat. Si le vieux brigand proclame une République palestinienne, que des dizaines de pays sont prêts à reconnaître, les Palestinien devront choisir entre la Charte de l’OLP ou une constitution démocratique et laïque. Une telle tendance n’a jamais pu imposer sa vision de l’état au mouvement palestinien. En effet, dès la prise de contrôle des structures palestiniennes par Arafat, la démocratie fut réduite à servir un discours de bout en bout mensonger.

L’Europe n’a pas choisi la démocratie pour la Palestine.

Les amis de la Palestine nous ont expliqué que ce sont les agglomérations israéliennes de Judée et de Samarie et la présence de Tzahal qui inhibaient ce bon peuple palestinien. Eh bien, ce déplorable état des choses va peut-être cesser d’exister d’ici à la fin de 2004. Plus d’agglomérations israéliennes au cœur de la cis-Jordanie et Tzahal repliée derrière la barrière de sécurité, les Autorités palestiniennes auront tout l’espace géographique et historique pour construire, fut-ce « un cheval de Troie ». Non ! Monsieur Qoreï fait un tour de table diplomatique, avec un cahier de doléances qui toutes réclament le soutien à une politique qui a entraîné les Palestiniens dans la régression politique et économique.

Cette mascarade serait de bonne guerre, si nous ne pouvions soupçonner l’UE et les capitales qui auront la faveur de la visite de Monsieur M. Qoreï, de préférer l’expression de leur antiaméricanisme en assurant l’échec des initiatives américaines, comme « la carte routière » (et non « feuille de route » = « road log »). Leurs médias aidant et les échéances démocratiques étant intangible (Arafat aurait dû être « réélu » en1998), les Européens risquent d’entendre favorablement la supplique du co-fondateur du Fatah avec Abou Amar, alias Arafat, alias Abdul Rauf et Abou Mazen, tous Pères de la Charte de l’OLP. Ce sont à de tels individus que l’UE s’apprête à tendre l’oreille.

L’aveuglement politique de l’Europe, illustré par sa presse, risque de favoriser la survie d’un régime dont les Palestiniens auront encore beaucoup à souffrir. L’UE s’apprête sans doute à aider logistiquement sinon militairement l’Autorité palestinienne, sous prétexte d’aider ces démocrates palestiniens d’occasion à combattre la peste du Hamas et autres Hezbollah. Un avenir de déjà vu libanais, à une époque où l’ami Arafat avait montré la férocité dont il savait user à l’encontre de ses Frère palestiniens et arabes. M. Qoreï vient demander à l’UE européenne : « soutenez-nous et vous allez voir ce que les Palestiniens vont en baver. Ensuite vous nous aiderez à accuser les Israéliens de nos malheurs ». Il ne s’agit pas de prédiction, ce qui serait une certitude de déception, mais la transposition dans le futur de vieux schémas. En effet, dès la République Palestinienne proclamée, il faudra bien que les Palestiniens disent si s’il agit d’une Palestine partielle ou complète. C’est cette décision qui va raviver le feu et la terreur chez eux.

L’Europe, surtout la France, l’Allemagne et la Belgique se refusent toujours à constater le changement du paysage stratégique du Moyen-Orient, la sortie de la Libye du camp des fiers à bras et la crise de régime qui semble se développer en Iran. Cette Europe de la rhétorique va peut-être choisir de continuer sa non politique désastreuse de soutenir un perdant en offrant une caution à l’Autorité palestinienne, que ne peut lui assurer des amis comme la Syrie, le Soudan, l’Iran et toutes ces hordes rongées par le ressentiment. En cautionnant, les auteurs mêmes du drame palestinien, les Européens ferment l’impasse où l’irrédentisme d’Arafat a piégé les Palestiniens. Si, l’UE avait le courage de se débarrasser de l’auteur principal de cette impasse, le Conseil de l’Europe pourrait imposer des conditions à son soutien qui marginaliseraient Arafat et favoriseraient l’émergence d’une génération de Palestiniens soucieux du bien public. Ces évidences ont un côté happy end qui ne laisse rien présager de bon quant au choix de l’EU. Continuer à soutenir, la direction palestinienne actuelle, empêchera que ne se développe une classe moyenne palestiniens, une classe désireuse d’entrer dans la modernité. Si l’UE répond favorablement aux demandes de M. Qoreï, elle poussera une Palestine exsangue à s’aligner sur l’internationalisme islamiste et menacer l’existence même de la Palestine, à l’avenir.

En effet, à chaque fois que les Arabes ont refusé de négocier avec l’Etat d’Israël, l’espace dévolu aux arabes de Palestine s’est rétréci : d’abord en 1948, ensuite 1967 et 1973, et maintenant les Européens font comme si les guerres n’avaient pas des effets sur les limites territoriales. Cette énormité permet au Premier Ministre Sharon, de dessiner un tracer de la barrière de sécurité suivant les seuls objectifs stratégiques de son gouvernement. En répétant quasi in extenso les doléances du Premier Ministre ( ?), les de Villepin, Chris Patten et autres Louis Michel ne peuvent plus demander à leur allié palestinien de respecter le droit et la démocratie suivant les critères des Européens eux-mêmes. Alors les Européens et leur allié arafatiste unissent leurs voix pour condamner Israël de faire ce qu’il faut pour se prémunir de sa propre expérience historique…

Au contraire, supposons que l’UE fasse la synthèse des expériences historiques de ce qui les conduit à l’Union et puisse en faire profiter ses institutions politiques. Dans ce cas on pourrait interpréter les enquêtes que le Parquet de Paris ouvre sur les transferts de fonds de Mme. Arafat et les conclusions de OLAF sur les détournements de fonds opérés par Arafat et son entourage, comme autant d’occasion de changer de cheval. Cette hypothèse demande à être vérifiée et ne pourra l’être que par la disparition du pouvoir palestinien actuel, car c’est cette direction corrompue qui fait obstacle à l’émergence des forces progressistes palestiniennes, les forces de la modernité. Je crains qu’en fin de compte, l’UE ne pourra emprunter la voie du changement de sa politique étrangère au Moyen-Orient parce que cela voudrait dire pour les de Villepin, Louis Michel et autres Papes de morale passive, que la politique américaine est la seule alternative.

Ils préféreront toujours soutenir une peste connue (l’Autorité palestinienne), parce qu’ils sont concentrés sur eux-mêmes, sur leurs difficultés à atteindre leur propre objectif : une Europe politique et militaire.


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