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Comment l’ONU perpétue le problème des réfugiés

Par Natan Sharanski, ancien premier ministre adjoint d’Israël | Wall Street - Traduit par Albert Soued pour www.nuitdorient.com

jeudi 8 janvier 2009
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Nulle part au monde les terroristes ne reçoivent autant d’aide du monde libre. L’assaut d’Israël contre le Hamas est juste le dernier d’une longue chaîne d’affrontements militaires dont le scénario est toujours le même. D’un côté, l’armée israélienne, technologiquement et militairement supérieure, avec des soldats motivés par leur engagement à défendre la sécurité de leur pays. De l’autre côté, des terroristes Palestiniens dont le but est de tuer le maximum d’Israéliens innocents en lançant des missiles et des bombes humaines sur des centres civils.

Alors, quand Israël réplique, ceux-ci attirent le monde entier autour d’horribles images du Palestinien souffrant, images faisant partie d’une campagne médiatique globale pour empêcher Israël de se défendre.
Tôt ou tard, cette tactique des terroristes palestiniens est payante. Les protestations augmentent et parviennent à entraîner des pressions internationales contre Israël. Et inévitablement, des Israéliens protestent aussi.

La semaine dernière, avant que les chars n’entrent à Gaza, le journaliste Tom Segev écrivait un article dans Haaretz où il disait « un enfant à Sdérot est le même enfant qu’à Gaza, et quiconque touche l’un ou l’autre fait le mal » – Mr Ségev a raison de dire que la souffrance d’enfants est intolérable, où qu’elle soit – et c’est pourquoi les images diffusées à Gaza nous secouent. Mais il se trompe dans l’équivalence morale, car alors il légitime la tactique militaire la plus honteuse des Palestiniens, brandir la souffrance de leur peuple comme arme de guerre !

Les enfants Palestiniens ne meurent pas aujourd’hui du fait de la brutalité israélienne, mais parce que leurs dirigeants ont choisi de les utiliser comme boucliers humains (1), et font usage de leur supplice comme d’un poignard pour remuer les sensibilités occidentales.

Bien sûr, il est aisé de blâmer le Hamas. Pourtant ils ont délibérément caché leurs armes dans les mosquées, leurs missiles dans les cours d’écoles et leurs centres de commandements dans les hôpitaux… — le tout avec l’objectif avoué d’amplifier la tragédie de toute réplique israélienne.

Pourtant le Hamas n’est pas le seul groupe palestinien à agir de cette manière. En 2005, peu après le retrait d’Israël de la bande de Gaza, j’ai rencontré le chef d’état major de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne. Je lui ai posé la question « Maintenant que nous avons déraciné des milliers de Juifs et que nous avons permis aux habitants de Gaza d’être maîtres de leur destin, peut-on espérer que dans un délai d’un an, il y aura moins de réfugiés dans les camps de Gaza ? » Il me répondit : « Absolument pas ! Les réfugiés seront réinstallés uniquement dans le cadre d’un accord final. Où les réinstaller si on ne sait pas encore où ils vont vivre ? Peut-être qu’ils iront vivre en Israël ! »

En quittant Gaza, Israël a fait des concessions pénibles pour avoir la paix, en déracinant de force des Juifs installés là depuis deux ou trois générations. Et pourtant, considérée comme modérée, l’Autorité Palestinienne ne souhaitait nullement atténuer les souffrances de son propre peuple, attendant un lointain compromis. En fait ces souffrances des réfugiés constituent une arme essentielle dans la lutte politique des chefs palestiniens.

Comment l’Occident réagit devant cette exploitation évidente des réfugiés Palestiniens ? Aussitôt après mon entretien avec le chef d’état major de Mr Abbas, j’ai rencontré l’ambassadeur d’un des pays occidentaux les plus éclairés. A ma question « Pourquoi les Palestiniens ne veulent-ils pas aider eux-mêmes leurs propres frères réfugiés ? », il me répondit « Je peux les comprendre, ils ne souhaitent pas que le problème des réfugiés soit ôté de leurs listes de revendications »

Le réflexe de comprendre les dirigeants Palestiniens qui abusent de leur propre population est le fond du problème. Pendant des décennies, la communauté internationale a contribué activement à construire et à perpétuer le seul système de contrôle de la population palestinienne par les terroristes, les camps de réfugiés. Ceux-ci sont devenus les centres de la machine de guerre des Palestiniens, car c’est là où les terroristes contrôlent où chacun habite, dans quelles conditions et surtout ce qu’il pense.

Au lieu de travailler pour soulager la misère des réfugiés, l’Onu a dédié la totalité d’une énorme organisation, l’UNRWA, à perpétuer cette misère. Pour le reste des réfugiés du monde, l’Onu n’arrête pas de travailler pour améliorer leurs conditions, pour les réinstaller et les aider à refaire leur vie ailleurs, aussi vite que possible. Avec les Palestiniens, c’est tout le contraire, jusqu’à donner le statut de réfugié aux arrières, arrières, arrières petits enfants de ceux qui avaient quitté leur foyer, 60 ans avant. L’Onu n’a rien fait pour démanteler les camps et a facilité le travail des terroristes qui ont écrasé une population entière sous leurs bottes. Nulle part ailleurs au monde des terroristes n’obtiennent autant d’aide du Monde Libre.

L’Occident n’a pas seulement aidé à perpétuer les camps de réfugiés. Pendant des années, le Hamas à Gaza – comme le Hezbollah au Liban, et comme l’Autorité Palestinienne sous Yasser Arafat – ont amassé d’énormes quantités d’armes, sous la barbe des observateurs de l’Onu ou de l’Occident, supposés empêcher leur introduction. C’est comme si on disait aux terroristes : « Allez-y construisez vos armées, préparez-vous à la guerre. Nous comprenons ».

On peut dire la même chose des enfants utilisés comme boucliers humains. Où l’Occident se cachait-il, quand les dirigeants palestiniens transformaient fébrilement leurs écoles en centres d’endoctrinement de martyrs ?

Et le scénario se déroule toujours de la même manière : le Hamas tire ses missiles, Israël réplique par des attaques aériennes ciblées, des enfants sont tués, (collatéralement), les images sont aussitôt diffusées mondialement par les médias, des articles sont publiés dénonçant les deux parties et on fait pression sur Israël pour qu’il arrête … de se défendre.

Je ne sais si la guerre actuelle mettra un terme à ce scénario, ou ne fera que le répéter, dans l’attente d’une autre confrontation…Tout cela dépendra du Monde Libre. Une riposte israélienne victorieuse – lors de laquelle le Hamas serait éliminé comme force terroriste de contrôle de Gaza – sera une rare occasion pour les dirigeants occidentaux, pour qu’ils changent les règles du jeu concernant les civils palestiniens.

Il est grand temps que l’Occident reconnaisse aux Palestiniens, notamment ceux parqués depuis 60 ans dans les camps, des droits humains, non seulement lorsqu’ils souffrent lors des confrontations.


Note de la traduction
(1) on vient d’apprendre par Mena que « les dirigeants du Hamas se terrent dans un bunker situé sous l’Hôpital Shifa à Gaza City. Plus précisément encore, sous le département de la médecine pour enfants ».


Par Natan Sharanski, ancien premier ministre adjoint d’Israël, il préside l’Institut Adelson pour les études stratégiques au Centre Shalem. Auteur de nombreux livres dont le plus récent est « Défendre son identité » publié chez Public Affaires-2008


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