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Hébron, la terre impossible

Par Guy Senbel pour Guysen International News

vendredi 5 décembre 2008
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Cette semaine, nous souhaiterions attirer l’attention de nos lecteurs sur l’évacuation de « la maison de la discorde » pour les uns ou « la maison de la paix » pour les autres, à Hébron, jeudi 4 décembre 2008. Les forces de l’ordre israéliennes ont fini par utiliser la force pour évacuer les personnes retranchées depuis une dizaine de jours dans la maison disputée de Hébron, désormais appelée par la presse israélienne « la maison de la discorde ».

Depuis dix jours, des jeunes juifs de Hébron et du site de Kyriat Arba attendaient cette évacuation qui devait se dérouler de nuit. Tancé par l’ensemble de la classe politique israélienne qui lui reprochait de ne rien faire ou de laisser faire, Ehoud Barak, le ministre de la Défense a décidé d’organiser une évacuation surprise, le jour même des primaires du Parti travailliste organisées deux mois avant les élections législatives israéliennes qui doivent avoir lieu le 10 février prochain.

Ehoud Barak s’est donc montré plus intransigeant qu’il ne l’a été depuis qu’il a rejoint le gouvernement dirigé par Ehoud Olmert. Avant l’intervention des forces de l’ordre, il a même lancé « nous n’allons pas autoriser des éléments radicaux à saper l’autorité de l’Etat, les résidents de la maison doivent l’évacuer, en application des ordres des institutions de l’Etat et de la Cour ».

Non, Ehoud Barak ne parlait pas du Hamas à Gaza ou de la menace du Hezbollah libanais au Nord de l’Etat hébreu, mais d’une centaine de jeunes Israéliens décidés à contester la décision prise par la Cour suprême, la plus haute juridiction du pays, le 16 novembre dernier.
Celle-ci avait donné trois jours aux occupants pour quitter la maison, car il n’avait pas été établi qu’ils en étaient devenus les acquéreurs, le propriétaire palestinien niant l’avoir vendue… Pourtant, l’affaire n’est pas encore bouclée au plan juridique. Des recours ont été déposés et les verdicts sont attendus.

Après un ultimatum, plusieurs centaines de policiers et gardes –frontières ont finalement pénétré dans le bâtiment, évacuant un à un les résidents, sous le regard amusé et les cris moqueurs des populations arabes. Des pierres tombent et des cocktails Molotov finissent par embraser l’ensemble du quartier de la discorde.

L’excitation est à son comble lorsque la police tire des grenades lacrymogènes pour dissuader les Juifs et les Arabes de s’affronter directement. Deux heures après la fin de l’expulsion, les reporters de Guysen TV constataient que les provocations dégénérèrent en violence. Il s’agissait cette fois d’empêcher des affrontements directs entre Juifs et Arabes.

Ces derniers voulaient attaquer les jeunes opposants à l’évacuation, au prétexte qu’ils cherchaient à incendier leurs maisons, tandis que les jeunes Juifs cherchaient à rejoindre par tous les moyens la « maison de la discorde », pour l’occuper à nouveau. La police matraque. Les opposants ne décolèrent pas et cherchent à « passer », tandis que des Palestiniens jettent des pierres. La violence aura fait 25 blessés.

Voilà l’essentiel. Hébron reste une ville-passion, dont l’histoire est marquée par de terribles violences. Hébron demeure aussi une ville-mémoire en Israël, la plus ancienne cité encore habitée du Moyen Orient. Elle porte un nom qui symbolise le fondement de toutes les rivalités : l’Alliance. En hébreu comme en arabe, elle symbolise l’union et l’amitié, et l’alliance divine. Abraham, le premier juif, est aussi un prophète pour les Musulmans. A Hébron, son tombeau est un sanctuaire revendiqué comme tel par les deux religions.

Dans la religion juive, Hébron symbolise la terre, comme Jérusalem symbolise le feu, Safed l’air et Tibériade l’eau. Hébron est la terre de la révélation.

Les opposants à l’évacuation de la « maison de la discorde », sans doute frappés du syndrome d’Amona, implantation évacuée en février 2006, ont une conscience forte de l’histoire et de la dimension sacrée de Hébron dans le judaïsme.

Pour eux, la ville qui abrite le Tombeau de ses Patriarches est une terre possible pour les Juifs...

Dominée ou conquise par les plus grands, le roi David, Hérode, l’Empereur Justinien, Godefroy de Bouillon, Saladin ou Richard Cœur de Lion, Hébron ne vit le retour des Juifs que sous le règne de l’Empire Ottoman ; Hébron devient un centre d’études juives. Sous le mandat britannique, la population arabe multiplie les pogromes et organise le massacre de 1929 où 67 Juifs perdront la vie. Pour éviter un nouveau massacre, les Britanniques déplacent les populations juives hors de Hébron.

En 1969, un groupe de Juifs s’installe à nouveau à Hébron. Les accords d’Oslo prévoient leur départ. Depuis, Hébron est le théâtre d’une violence inouïe. En 1997, le Protocole de Hébron finit par diviser la ville en deux zones. 500 Juifs vivent dans celle qui leur est affectée.

Jeudi 4 décembre, parmi les opposants à l’évacuation de la « maison de la discorde », qu’ils avaient baptisée « maison de la paix », nombreux sont ceux qui portaient un T-Shirt à l’effigie de Guilad Shalit, l’autre victime d’un autre désengagement.

Ce soir, nous pensons au soldat de Tsahal et citoyen français retenu par le Hamas à Gaza, otage depuis 895 jours, Guilad Shalit.


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