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Egypte : L’énigme du gaz naturel

weekly.ahram

jeudi 27 novembre 2008
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Seul le temps nous dira quel effet aura la décision prise cette semaine par le tribunal pour geler les exportations de gaz égyptien vers Israël
Mardi dernier, le tribunal administratif du Caire a ordonné l’arrêt des exportations de gaz égyptien vers Israël.

Le tribunal a statué en faveur de l’ancien diplomate Ibrahim Yosri et des membres de l’opposition qui avaient déposé une plainte, il y a quelques mois, alors que le public s’insurgeait de plus en plus contre un contrat d’exportation de 15 ans conclu avec Israël.

« Les ressources nationales appartiennent aux générations actuelles et futures et l’exécutif doit obtenir d’abord l’approbation du parlement pour les exportations de gaz » a dit une source du tribunal, selon l’AFP.

Mais l’encre n’était pas encore sèche que le bureau officiel des appels annonçait hier qu’il préparait un appel contre la décision du tribunal administratif.

La plainte déposée par Ibrahim Yosri, en mai 2008, est une parmi six autres déposées contre le gouvernement égyptien et le ministère du pétrole afin de bloquer la décision 100/2004 permettant à l’Égypte de pomper le gaz égyptien à destination d’Israël à partir de mai 2008. Le gouvernement égyptien est depuis attaqué par les partis de l’opposition et les membres de l’assemblée du peuple qui qualifient ce contrat de corrompu et inéquitable.

En vertu de l’accord, la société de gaz de la Méditerranée orientale (EMG) basée au Caire, allait vendre annuellement 1,7 milliard de mètres cubes de gaz naturel égyptien à la société israélienne publique d’électricité (IEC) pour un prix situé entre minimum 0,75 dollars (British thermal unit) et maximum 1,5 dollars le million de Btu. Étant donné que le prix international du gaz a atteint 10 $ le million de Btu, l’accord est jugé scandaleux.

Pour éviter les embarras, le gouvernement égyptien a prétendu que l’accord avait un caractère économique. « L’Égypte ne vend pas de gaz à Israël. L’affaire a été conclue entre deux entités privées qui peuvent inclure les conditions qu’elles jugent souhaitables dans leur accord » a dit Moufid Shehab, ministre d’État pour les affaires juridiques et parlementaires, pendant une séance de l’assemblée du peuple, en juin dernier.

Selon Amr Kamel Hamouda, spécialiste du pétrole et directeur du centre de recherche Al-Fustat, le gouvernement égyptien a le droit d’aller en appel contre cette récente décision. « Toutefois, la décision a placé le gouvernement égyptien dans une situation très embarrassante non seulement vis-à-vis du public, mais également vis-à-vis de la partie israélienne » a dit Hamouda, lequel a ajouté que la décision créerait une crise politique entre le Caire et Tel-Aviv.

Bien qu’il soit trop tôt pour anticiper la réaction israélienne à la décision, les observateurs croient qu’Israël ne se contentera pas de ne rien faire. En vertu de l’accord, Israël a en fait commencé à remplacer le pétrole par du gaz égyptien pour la production d’électricité. En consequence, les factures mensuelles d’électricité ont commencé à baisser pour les Israéliens. En outre, le gazoduc sous-marin qui relie sur 100 km Arish sur la côte nord-est à Ashkelon, a coûté des milliards.

Sous le poids des critiques s’accumulant dans de nombreux cercles publics, le ministère égyptien du pétrole a dû reconnaître que tous les accords de gaz peuvent être modifiés après l’examen exhaustif de leur différentes dispositions. Il s’ensuit que le ministère a commencé une série de négociations avec l’Espagne, l’Italie et Israël dans le but d’introduire des clauses d’ajustement aux accords de gaz antérieurs. Sameh Fahmi, ministre du pétrole, aurait dit à plusieurs reprises qu’il n’y aurait pas d’exceptions à l’ajustement des prix du gaz dans les contrats d’exportation.

Pour sa part Sherif Ismail, ancien président d’EGAS, indique que tous les contrats d’exportation de gaz naturel peuvent subir des ajustements de prix. « Les accords d’exportation de gaz ont été conclus dans le plus grand secret et il n’existe pas de prix fixe pour la vente de gaz en raison des différents facteurs et variables intervenant sur le marché international qui appellent des ajustements de prix nécessaires ».

Les négociations avec Gaz de France ont déjà abouti tandis qu’une cinquième série de négociations avec l’Union Fenosa d’Espagne devrait commencer au début de l’année prochaine. Néanmoins, il semble que Tel-Aviv ne cède pas en ce qui concerne l’ajustement de prix. Bien que des négociations aient eu lieu dans le plus grand secret, aucun progrès n’a été réalisé. De fait, Tel-Aviv s’est dit inquiet de la modification des conditions de l’accord.

Pour sa part, l’Égypte a pompé moins de gaz pour des raisons prétendument techniques. L’ironie veut que la décision prise par le tribunal cette semaine devrait ouvrir la porte à une série de procès contre le gouvernement. « La décision encouragera indubitablement d’autres pouvoirs nationaux à déposer des plaintes similaires » a dit Hamouda, qui a ajouté que les prix de vente actuels du gaz sont marginaux et que les contrats de longue durée prévoient des prix fixes. Par exemple, la France achète le gaz égyptien à quatre dollars le million de Btu.

« Ceci à un moment où le gaz est vendu en Europe à un coût estimatif minimum de 10 $ le million de Btu » a dit Hamouda, qui a ajouté qu’une ressource nationale vitale est en train d’être gaspillée et que le gouvernement devrait être tenu pour responsable.


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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