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La barrière de séparation saoudienne

Par Yotam Feldner * - MEMRI

dimanche 22 février 2004
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Voilà deux mois, le gouvernement saoudien a entrepris de construire une barrière le long de la frontière avec le Yémen, dans un effort pour séparer les populations des deux pays.

Contexte historique

La frontière entre le Yémen et l’Arabie Saoudite a été établie par le traité de Djedda sur la frontière en 2000, lequel mentionne une zone neutre, large de 20 kilomètres, permise aux deux côtés. La construction de la barrière a fortement mécontenté la tribu chiite de Wayilah (du côté yéménite) qui, avant même la construction de la barrière, contestait déjà la localisation de la frontière.

La tribu Wayilah possède près de 200 véhicules militaires et des milliers de fusils, et a par le passé mené de dures batailles contre la tribu saoudienne de Yam. En 2000, elle s’est aussi battue contre la tribu yéménite de Dahm, qui aurait manifesté son appui au gouvernement saoudien.

Le cheikh Ben Shag’e, chef de la tribu Wayilah, décédé en 2002 dans de mystérieuses circonstances, avait affirmé détenir des documents vieux de 240 ans prouvant que la tribu était propriétaire des terres mentionnées dans le traité de Djedda. L’Arabie Saoudite s’est efforcée de rassurer les Wayilah, accordant à 500 d’entre eux la citoyenneté saoudienne, mais les membres de la tribu ont néanmoins participé à diverses émeutes, notamment à l’occasion de l’arrestation d’un cheikh chiite de la tribu par les autorités saoudiennes et de la fermeture de sa mosquée. (1)


La tribu Wayilah : Nous ne reconnaissons pas la frontière

Quand l’Arabie Saoudite a entrepris d’ériger la barrière de sécurité, la tribu Wayilah a annoncé que si les Saoudiens persévéraient et n’ôtaient pas toute trace de barrière dans la région, ils ’feraient tout sauter’, y compris le traité de Djedda. La tribu a comparé la barrière saoudienne à la barrière de séparation israélienne, assurant qu’elle pénétrait dans le territoire yéménite sur une distance de cinq kilomètres.

La tribu Wayilah a également affirmé qu’elle ne reconnaissant pas les frontières internationales qui empiétaient sur son territoire et la divisait, pour ne rien dire de la barrière, qui bafouait ses droits humains. La tribu a également fait savoir que « le sang de milliers de nos membres a été versé au cours de guerres tribales contre la tribu saoudienne de Yam au nom de leur frontière (…) ; les membres de notre tribu sont prêts à sacrifier leurs vies pour préserver les frontières de leurs territoires tribaux. »

Les Wayilah ont déclaré que les frontières tribales séparant la tribu de Wayilah de celle de Yam étaient conformes aux accords écrits conclus avant même l’existence de l’Arabie Saoudite et du Yémen, précisant que ces accords avaient été officiellement reconnus par le premier monarque saoudien Abd El-Aziz Aal Saoud, ainsi que par la monarchie yéménite, à l’époque de l’imam Yahyah Hamid Al-Din.

Un communiqué publié par la tribu de Wayilah précise : « Nous réitérons notre objection aux accords qui ont donné lieu [à la construction d’]une barrière qui nous sépare de nos terres et de notre propriété. Nous refusons le principe de compensation ainsi que la division de la terre ou de la tribu (…) Chaque nouveau tracé de frontière sera nul et non avenu, n’étant pas conforme au tracé de la frontière établi par les tribus de Wayilah et de Yam (…) » (2)

Le gouvernement saoudien : la plupart des armes et explosifs capturés par les forces de sécurité saoudiennes ont été introduits frauduleusement par des islamistes du Yémen

Des officiels saoudiens ont confié au quotidien Al-Sharq Al-Awsat , édité en arabe à Londres, que « cette barrière de tuyaux et de béton » ne pouvait en aucun cas être assimilée à une « barrière de séparation ». Talal Anqawi, commandant de la police saoudienne des frontières, a déclaré : « Ce qui est érigé à l’intérieur de nos frontières est une barrière de tuyaux et de béton, dont le but est de prévenir l’infiltration et la contrebande (…) Cette ligne ne ressemble en rien à une barrière. Le lieu de sa construction se trouve sous souveraineté saoudienne. » (3)

Le prince saoudien de Nadjran, Mashal Ben Abd El-Aziz, a également nié le fait que cette construction puisse consister en une barrière de séparation, assurant que les autorités saoudiennes avaient érigé une barrière de tuyaux longue de 95 km, dans une région vide située entre deux montagnes, pour empêcher l’infiltration de contrebandiers motorisés en territoire saoudien (…) Selon les Saoudiens, la plupart des armes et explosifs capturés par les forces de sécurité saoudiennes ces derniers mois ont été frauduleusement introduits par des islamistes du Yémen. (4)


Le Yémen affirme que l’Arabie Saoudite a cédé

Suite à la publication de rapports de médias, les dirigeants saoudiens et yéménites ont démenti l’existence de la moindre crise, tentant de résoudre le contentieux dans les coulisses du pouvoir. Le président yéménite Ali Abdallah Saleh s’est rendu en Egypte pour jouer le rôle de médiateur entre les parties. Parallèlement, une délégation yéménite s’est rendue en visite en Arabie Saoudite afin de résoudre le problème. Mais selon un rapport du Yemen Times , édité en anglais, la tribu de Wayilah se préparait à la guerre :

« Un grand cheikh de la tribu de Wayilah (…) a déclaré au Yemen Times que jusqu’à 3000 membres de la tribu se préparent à attaquer les forces saoudiennes si l’Arabie Saoudite ne se retire pas du Yémen. Le cheikh affirme que l’Arabie Saoudite a déjà construit une barrière de sécurité située entre 4 et 7 km au-delà de la zone neutre, en territoire yéménite, et s’étendant de Djabal Hobash à Djalal Al Fara. » L’Arabie Saoudite a déjà construit une clôture de sécurité au Yémen « , a aussi dit le cheikh, ajoutant : » Nous nous battrons si l’Arabie Saoudite ne retire pas ce qu’elle a construit dans notre pays (…) « Bien que les tribus se préparent au conflit, un responsable yéménite a déclaré mardi au Yemen Times que les autorités saoudiennes avaient bien accepté de retirer la barrière de sécurité, érigée le long de la frontière avec le Yémen, précisant que les gros efforts déployés par l’Egypte et les Etats-Unis en ce sens avaient porté leurs fruits et convaincu les autorités saoudiennes d’agir : » Les Etats-Unis et l’Egypte sont intervenus auprès du Yémen et de l’Arabie Saoudite, ce qui a donné lieu à un accord d’annulation de tous les resserrements opérés par les Saoudiens « , a déclaré le responsable yéménite. » (5)

* Yotam Feldner est directeur de recherche à MEMRI

[1] <http://www.memri.org/bin/#_ednref1> Voir http://www.islamonline.net/iol-arab....

[2] <http://www.memri.org/bin/#_ednref2> Al-Qods Al-Arabi (Londres), le 9 février 2004.

[3] <http://www.memri.org/bin/#_ednref3> Al-Sharq Al-Awsat (Londres), le 9 février 2004.

[4] <http://www.memri.org/bin/#_ednref4> Al-Hayat (Londres), le 10 février 2004.

[5] <http://www.memri.org/bin/#_ednref5> Yemen Times, le 12 février 2004.

L’Institut de Recherche Médiatique du Moyen-Orient (MEMRI) est une organisation indépendante à but non lucratif qui traduit et analyse les médias du Moyen-Orient. Des copies des articles et autres documents cités, ainsi que toute information d’ordre général, sont disponibles sur simple demande.


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