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Gouverner c’est prévoir

par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

lundi 8 septembre 2008
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On a appris que le débat au Conseil des ministres israélien sur le projet de loi préparant le terrain à l’évacuation de la Judée-Samarie, qui devait avoir lieu dimanche 7 septembre, a finalement été reporté, à cause d’ une altercation entre les ministres Ramon et Barak sur les ’’normes des accords’’. (Guysen.International.News).

Dans le courant de la semaine, le journal Haaretz, avait, en effet, indiqué les grandes lignes de ce projet, présenté par le vice-premier ministre Haïm Ramon, qui prévoyait la mise en place, dès aujourd’hui, d’un dispositif offrant aux habitants des implantations situées à l’est de la barrière de sécurité la possibilité de quitter leurs maisons pour se réinstaller en Israël, en échange d’une compensation financière.

Ce projet se fondait sur l’hypothèse selon laquelle Israël finira, en tout état de cause, par se retirer des territoires à l’est de la barrière d’ici quelques années et qu’il vaut mieux encourager un départ volontaire des colons dès aujourd’hui, afin d’éviter leur évacuation forcée à l’avenir.

Et le journal israélien de rappeler que M. Ramon avait déjà voulu soumettre ce projet de loi au gouvernement en mars denier, mais la situation politique et les enquêtes menées contre le Premier ministre Olmert l’en avaient empêché.

Immédiatement, plusieurs ministres se sont étonnés de la date choisie pour aborder ce projet de loi au conseil des ministres. Le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Emploi, Eli Yishaï, président du parti orthodoxe-séfarade Shas qui s’oppose vivement à cette loi, a déclaré que discuter de ce sujet maintenant « est une démarche illégitime. Les Israéliens n’ont pas encore eu le temps de se remettre de la regrettable expulsion de la bande de Gaza, que certains projettent une nouvelle expulsion ».

Plusieurs ministres importants au sein de Kadima s’opposent aussi à cette loi, parmi eux, les deux candidats les mieux placés pour succéder à Ehud Olmert à la tête du parti, les ministres Tzipi Livni et Shaoul Mofaz. M. Mofaz a déclaré que le plan de Haïm Ramon « affaiblirait Israël lors de toute négociation future », tandis que Tzipi Livni a estimé qu’il ne faut prendre de décision à ce sujet qu’après avoir fixé les frontières permanentes du futur Etat palestinien.

Le député Likoud Youval Steinitz, anticipant sur ce qu’aurait pu décider le gouvernement, l’a accusé de « planter un couteau dans le dos des habitants » de la région. Et Avigdor Lieberman, chef du parti russophone de droite Israël Beitenou, a reproché, à l’avance, également, au cabinet d’adopter « l’attitude d’une société d’immobilier qui liquide ses biens ».

Pourtant, à l’ouverture du Conseil des ministres, Ehoud Olmert avait bien déclaré qu’ « il faut se préparer à l’évacuation de la Judée-Samarie ». Mais, selon Guysen.International.News, se référant au projet de loi d’indemnisation des départs volontaires de Judée-Samarie, le chef du gouvernement aurait précisé que « le moment n’était pas encore venu de prendre une décision » et de rappeler qu’ « on nous a reproché plus d’une fois que les localités en périphérie de Gaza n’avaient pas été préparées d’avance (au désengagement), ce qui a engendré des souffrances superflues. Il faut commencer à réfléchir à ces sujets (pour la Judée-Samarie), et s’y préparer de façon adéquate’’, a-t-il ajouté.

Bref, suivant la formule familière : « il est urgent d’attendre ».

Ce n’est pourtant pas ce que, modestement, nous pensons, précisément au regard de l’expérience affligeante des conditions dans lesquelles le désengagement de la Bande de Gaza a été opéré il y a près de 3 ans et dont les suites n’ont pas été toutes réglées, encore à l’heure actuelle.

Häim Ramon, actuellement vice-premier ministre, ne nous avait, pourtant, pas habitué à un tel sens politique. Car, ainsi que l’avait formulé de façon lapidaire, au XIXème siècle, le journaliste et homme politique français, Emile de Girardin : « Gouverner c’est prévoir. ».

Et l’on se rappelle, en effet, les mésaventures de Haïm Ramon, en 2006, lorsqu’il dut démissionner de son poste de ministre de la justice, avant d’être déclaré coupable, par un tribunal israélien, d’ « acte indécent » (un baiser, non consenti, à une soldate).
C’est sans doute le sens politique inné de cet ancien avocat qu’Ehoud Olmert voulut récompenser, en le « repêchant » quelques mois plus tard, et en le nommant vice-premier ministre.

Dommage que le cabinet israélien n’ait pas fait preuve de courage, et préféré « bottaer en touche ».

« Reculer pour mieux sauter » ne nous paraît, pas, en effet, une bonne méthode de gouvernement.

Tôt ou tard, dans une proportion plus ou moins importante, Israël devra bien, comme il l’avait fait, à l’époque de Begin, pour l’évacuation du Sinaï, et comme l’avait improvisé Sharon, pour la Bande de Gaza, en 2005, procéder au rapatriement de nombreuses familles israéliennes, aujourd’hui installées (souvent avec l’aide financière du gouvernement), au delà de la Ligne verte.

Or, il faut, à tout prix, éviter la réédition du fâcheux précédent constitué par les conditions de l’évacuation bâclée de la Bande de Gaza.

Et il est illusoire d’imaginer qu’il suffit de décider de ne rien abandonner, comme le suggère le représentant du parti Shas, qui, dans le passé, ne s’est pas toujours montré aussi intransigeant, pour qu’une nouvelle tragédie humaine puisse être évitée.

Les prises de position de Shaoul Mofaz et de Tsipi Livni ne s’expliquent que par leur souci - égoïste - de ne pas perdre des voix, lors des prochaines élections à la présidence de Kadima, et donc à la succession, à terme, sans doute, d’Ehoud Olmert.

Il n’est pas sûr - mais pas sûr du tout - que les intérêts individuels de quelques hommes (ou de femmes) politiques se confondent avec les intérêts généraux de la nation israélienne.


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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