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De Charybde en Scylla (bis)

par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

mardi 26 août 2008
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Cette formule que nous avions employée, à l’époque du remplacement de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies par un Conseil des droits de l’homme, vaut également pour le choix des rapporteurs par cet organe.

Ainsi, nous avions, il y a quelque temps, évoqué les travaux de John Dugard, « rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, au moment où il quittait ses fonctions d’ « expert » auprès du Conseil (www.desinfos.com/impression.php?id_article=9806).

Et, il faut bien reconnaître que cet organe des Nations Unies n’a pas eu la main plus heureuse en choisissant son successeur. Il s’agit de Richard Falk, formé au droit par les réputées universités de Yale et Harvard et qui termina sa carrière comme professeur de droit à la non moins prestigieuse université de Princeton, en 2001.

Cela lui laissait désormais beaucoup de liberté pour donner libre cours au dernier en date de ses « dadas » : la question des droits de l’homme dans les Territoires.

Désigné en 2001, avec précisément, John Dugard et Kamal Hussein, ancien ministre des affaires étrangères du Bangladesh, Richard Falk participa à une commission d’enquête dans les « territoires palestiniens » qui, bien évidemment, y conclut à la violation par Israël des droits de l’homme et considéra que les attentats-suicides constituaient une méthode valable de lutte.

Compte tenu de la partialité du Conseil, son choix était donc normal, même s’il surprit, notamment, l’intéressé lui-même ainsi que l’ancien ambassadeur américain aux Nations Unies, John Bolton, qui déclara que ce choix illustrait exactement la raison pour laquelle les Etats-Unis avaient voté contre la mise en place du nouvel organe.

Connu pour ses positions iconoclastes à l’époque de la guerre du Vietnam Richard Falk, auteur prolixe, qui s’était déjà fait remarquer, en 1979, par son soutien à la révolution des ayatollahs en Iran, récidiva à propos de la guerre en Irak. La qualifiant de guerre d’agression, il n’hésita pas à considérer que ses initiateurs avaient commis un crime contre la paix de la même nature que celui commis par les dignitaires nazis, qui durent en répondre devant le tribunal militaire international de Nuremberg, en 1945.

Pour mieux « situer » le personnage qui, également, n’avait pas hésité à préfacer un ouvrage soutenant la « théorie du complot » à propos des attentats du 11 septembre, on signalera que Richard Falk, qui, pourtant, n’a jamais caché sa judéité, déclarait en juin 2007 que l’on était en droit de faire un rapprochement entre les atrocités nazies et le traitement des Palestiniens par les Israéliens.

Si nous attirons l’attention, aujourd’hui, sur Richard Falk c’est parce que le service de presse de l’ONU a cru devoir faire état de la réaction de cet expert « indépendant » (sic) à la suite de l’arrivée à Gaza de deux bateaux « transportant des cargaisons humanitaires affrétées par des militants des droits de l’homme ».

Pour Richard Falk, ce que nous nous permettons de qualifier d’ « histoire de Pieds Nickelés » serait une « victoire symbolique importante ».

De fait, il y a quelques jours, dans son édition datée du 21 août, Le Monde rendait compte, sous le titre « A l’abordage du blocus de Gaza » d’une expédition projetée par une quarantaine de militants pro-palestiniens, originaires d’une dizaine de pays, à bord de deux rafiots, visant à provoquer la marine israélienne, qui surveille les abords de la côte, avec le secret espoir qu’elle ne les laisserait pas passer.

Mais, Israël a été bien inspiré de ne pas tomber dans le piège et, et a laissé passer cette bande d’énergumènes, dont le journaliste du Monde, Benjamin Barthe, toujours à l’affût de témoignages biaisés, précisait que leur moyenne d’âge était d’environ 60 ans (la doyenne, juive bien évidemment, âgée de 84 ans se prévalant de la qualité de « rescapée de la Shoah » et n’ayant rien trouvé de mieux que de considérer que « les persécutés sont devenus des persécuteurs »).

Ces « militants » qui, d’après l’AFP, entendent visiter des « hôpitaux, des universités » ( ?) « et des camps de réfugiés » ont, bien évidemment été reçus par les responsables du Hamas, qui contrôle la Bande Gaza, et ont reçu des documents leur attribuant « symboliquement » la nationalité palestinienne.

Il faut dire que, dans son communiqué, Richard Falk a signalé que les bateaux transportaient, notamment, des appareils auditifs, pour quelque 200 personnes, précisant qu’ »il y a beaucoup de personnes atteintes de surdité à Gaza, à cause du bruit produits par les avions israéliens ».

Il n’est, évidemment, pas question de la situation des habitants de localités israéliennes, comme à Sderot, en particulier, qui subissent les tirs incessants de roquettes palestiniennes.

Mais, pour en revenir à Richard Falk, qui, en dépit de sa formation juridique, n’en est pas à une contre-vérité, cette initiative aurait attiré « l’attention mondiale sur la dure réalité du siège punitif enduré par les 1,5 millions d’habitants de Gaza depuis plus d’un an ».

Pour ce donneur de leçons, « ce siège est une forme de punition collective qui constitue une grave violation de l’article 33 de la Quatrième Convention de Genève ».

Il ne suffit pas de qualifier les mesures prises par Israël de « punition collective » pour que cela soit, effectivement, le cas, alors qu’il ne s’agit que de mesures d’auto-protection.

Qu’Israël soit habilité par le droit international a veiller à sa sécurité en contrôlant effectivement l’espace maritime, aérien et terrestre de la Bande de Gaza, qui, rappelons-le ne relève toujours d’aucune autorité étatique, n’a pas effleuré l’esprit de Richard Falk.

Pas plus d’ailleurs que ce distingué penseur ne met en évidence la responsabilité de l’Egypte qui, non seulement, omet d’empêcher la contrebande d’armes à partir de son territoire, facilitant, ainsi, les actions terroristes dirigées contre Israël, mais de plus s’abstient de venir en aide à ses frères musulmans.

Nous avons déjà souligné qu’aucune disposition du droit international n’impose à Israël de subvenir aux besoins en nourriture, carburant et médicaments de la population de la Bande de Gaza qui, non seulement, a voté massivement pour le Hamas, mais, de plus, se complaît avec la main mise totale de ce mouvement terroriste sur ce territoire.

S’agissant de Palestiniens, ayant obtenu des bourses d’étude aux Etats-Unis, qui profiteraient de l’occasion pour quitter la Bande de Gaza, à bord d’un de ces bateaux, narguant, ainsi, les autorités israéliennes, on se demande pourquoi, une fois encore, les Egyptiens ne pourraient pas, grâce à leur frontière commune, permettre de régler ce problème.

Mais, il est évident qu’il s’agit, avant tout et toujours, de mettre en difficulté Israël, qui a, on le sait, vocation, nolens volens, à jouer le rôle de bouc émissaire.


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