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La paix contre la paix

Par Guy Senbel pour Guysen International News

vendredi 15 août 2008
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Cette semaine, essentiellement marquée par une actualité brûlante dans le Caucase, théâtre d’une guerre meurtrière qui oppose la Russie à la Géorgie, nous souhaiterions attirer l’attention de nos lecteurs sur un élément essentiel de l’avenir politique au Moyen Orient, et qui n’a pourtant pas fait l’objet d’un traitement médiatique important : la poursuite des négociations entre le gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne.

Le plan de paix qui a été proposé par Ehoud Olmert à Mahmoud Abbas lundi 11 août est un plan détaillé de règlement global du conflit, un plan qui prévoit des « concessions douloureuses » concrètes pour Israël, mais un plan que les Palestiniens n’ont pas tardé à rejeter, le Président de l’Autorité palestinienne le qualifiant de « perte de temps ».

Ce nouveau plan est fondé sur le principe d’un échange des territoires contre la paix, puisque ce sont essentiellement des concessions territoriales qui sont proposées. En apparence, la démarche est logique puisque l’indépendance territoriale palestinienne est la condition de jure et de facto de la création d’un Etat palestinien. Pourtant l’idée même de paix, fondée sur une reconnaissance réciproque et une volonté commune de vivre en harmonie, a disparu.

Le principe du partage d’une ambition noble est effacé au profit de propositions techniques fondées sur la nécessité et la raison politiques. Or le principe de l’échange de territoires contre la paix n’est valable voire souhaitable que s’il s’inscrit dans le cadre d’une volonté de voir la paix s’installer effectivement dans la région.

La paix « juste et durable » que voudrait signer Ehoud Olmert avec les Palestiniens ne peut s’obtenir qu’en échange d’une volonté réelle de vivre en paix de ces derniers.

« La paix contre la paix », voilà une condition nécessaire et suffisante pour parvenir à un plan de règlement du conflit équitable, parce qu’elle suppose l’adhésion de toutes les parties à l’idée même de faire la paix avec l’autre. En effet, tous les plans de paix proposés dans l’histoire d’Israël aux Palestiniens reposaient sur des concessions territoriales israéliennes, et tous ont été balayés par les leaders palestiniens ; la mauvaise aventure d’Ehoud Barak à Camp David ressemble à celle qui a commencé à Annapolis au mois de novembre 2007.

Les conditions politiques sont pourtant optimales. Israël n’est-il pas devenu le meilleur allié de Mahmoud Abbas face aux violences inter palestiniennes liées au conflit qui oppose le Fatah et le Hamas ? C’est l’organisation qui « tient » aujourd’hui Gaza qui empêche la création administrative d’un Etat palestinien, et nullement la question du partage de Jérusalem ou celle du retour des réfugiés palestiniens.

La proposition d’Ahmed Qoreï, le principal négociateur palestinien, devant les membres du Fatah réunis dimanche 10 août à Ramallah, selon laquelle les Palestiniens pourraient faire partie d’un « Etat binational » avec Israël dans la mesure où « Jérusalem continue de bloquer toutes les négociations de paix », est une stratégie qui vise à contraindre les Israéliens à assouplir leurs positions sur la question des frontières et à empêcher finalement toute progression du processus puisque Israël ne peut absorber des millions de Palestiniens qui à terme remettraient en question le caractère juif de l’Etat d’Israël.
Cette proposition d’Ahmed Qoreï a été lancée la veille du plan de paix proposé par Olmert au Président Abbas.

Il convient par conséquent de s’interroger sur les motivations qui conduisent le Premier ministre israélien à poursuivre « intensément » les négociations avec les Palestiniens, comme il s’était engagé à le faire lorsqu’il avait annoncé sa démission, voire son retrait de la vie politique, il y a deux semaines.

Cette volonté est semble-t-il celle d’un homme qui au crépuscule de sa vie politique veut marquer l’histoire en inscrivant son nom aux côtés des grands responsables politiques israéliens qui ont réussi à signer la paix. L’histoire de la mandature d’Olmert en aura besoin, marquée essentiellement pour l’heure par les affaires, et les errements de la deuxième guerre du Liban.

Il faut aussi tenir compte de l’engagement du Premier ministre israélien auprès de George Bush qui avait souhaité amorcer à la Conférence d’Annapolis au mois de novembre 2007, une paix entre Israéliens et Palestiniens, une paix qui a soixante ans de retard. Le Président américain souhaite aussi montrer, d’ici la fin de son mandat, sa capacité à susciter la paix, et pas seulement la guerre.

Le contexte diplomatique au Moyen Orient ne donne pas tort cependant au Premier ministre ; le rapprochement entre le Liban et la Syrie, deux pays qui n’avaient jusqu’à présent jamais noué de relations diplomatiques depuis la fin de leur indépendance à la fin du mandat français, il y a plus de soixante ans, ne fait pas nécessairement les affaires d’Israël... Quant à la question iranienne, elle se complique encore avec la visite du Président Mahmoud Ahmadinejad en Turquie, pays membre de l’OTAN, qui a de nouveau attaqué Israël en déclarant à la presse que « les pays occidentaux ne devraient pas soutenir autant Israël, la vie de ce régime touchant à sa fin »...

Ehoud Olmert sait aussi que le livre de la paix au Moyen Orient s’écrit par étapes, et que le chapitre palestinien est éminemment stratégique. Il s’agirait d’une forme de « paix intérieure » qui pourrait servir à terme Israël et son image à l’extérieur. Pourtant, les 98% de la Judée-Samarie qu’Ehoud Olmert souhaite restituer aux Palestiniens ne suffisent pas, la continuité territoriale qu’il propose avec les territoires palestiniens de Gaza non plus.

C’est Jérusalem, la « ville de la paix », qui continuera officiellement de dissuader les Palestiniens de signer la paix avec Israël ; eux aussi veulent faire de la Cité de David la capitale de leur futur Etat.

Retenu en otage par le Hamas depuis 782 jours, Guilad Shalit est sans doute la première victime de l’échec de la paix entre Israël et les Palestiniens, un échec voulu par ceux qui, en échange de la paix, ne veulent pas la paix.


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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