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Olmert a annoncé qu’il démissionnerait en septembre, après les primaires du Kadima

Revue de la presse israélienne du service de Presse de l’ambassade de France en Israël

jeudi 31 juillet 2008
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Hier à 20h00, lors d’un discours spécial à la nation prononcé depuis sa résidence à Jérusalem et retransmis en direct par les principales chaînes de la télévision, le Premier ministre Ehud Olmert a annoncé qu’il ne se présenterait pas aux élections primaires à la tête de Kadima mi-septembre prochain, et qu’il démissionnerait de ses fonctions de Premier ministre dès l’élection d’un nouveau dirigeant pour son parti.

Le Haartez publie des extraits de ce discours. Selon M. Olmert, il a été dès son premier jour en poste la cible d’attaques personnelles incessantes, d’enquêtes et de contrôles émanant de personnes qui cherchaient à le destituer à tout prix. Néanmoins, a-t-il poursuivi, le gouvernement qu’il dirigeait est parvenu à conduire Israël vers une meilleure situation dans un grand nombre de domaines, notamment la défense, l’économie et l’éducation.

Tout en avouant « avoir commis des erreurs durant sa longue carrière », M. Olmert affirme que son image actuelle dans l’opinion est loin d’être fidèle à la réalité. Cependant, poursuit-il, la campagne de diffamation qui le vise l’oblige désormais à faire le choix entre son désir que la justice soit faite avec lui, et la nécessité de protéger l’Etat. Entre les deux, conclut-il, il choisit l’Etat et décide donc de ne pas se présenter aux élections primaires à la tête de Kadima. Dès que son successeur à la présidence du parti aura été élu, M. Olmert s’engage à lui céder la place de façon respectable et digne, et de démissionner de son poste de Premier ministre, afin que le candidat élu puisse former un nouveau gouvernement de coalition.

Enfin, dans son discours, le Premier ministre Olmert estime qu’aujourd’hui plus que jamais, Israël est proche d’un accord de paix avec les Palestiniens et la Syrie. L’obtention de la paix avec ses deux voisins d’Israël lui paraissant primordiale, il s’engage à œuvrer par tous les moyens, dans les mois qui lui restent en poste, afin de promouvoir ces deux processus.

Le Maariv présente les deux principaux scénarii envisageables suite à cette annonce d’Ehud Olmert.

Selon la législation israélienne, une fois qu’un Premier ministre a démissionné, le Président de l’Etat charge le député ayant les meilleurs chances de recueillir le soutien de la Knesset de former un nouveau gouvernement. Ehud Olmert s’étant engagé à démissionner après les élections primaires dont le second tour est prévu au 25 septembre, le Président Shimon Pérès devrait charger, le 26 septembre au plus tard, le gagnant à ces primaires de former le nouveau gouvernement. Cette personne, qui serait le plus probablement soit la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, soit le ministre des Transports Shaoul Mofaz, disposera alors de 42 jours pour créer son gouvernement. Elle pourrait alors conserver la coalition existante, ou bien en créer une autre, en invitant, par exemple, le Likoud à se joindre au gouvernement. Quoi qu’il en soit, dans ce cas de figure Ehud Olmert reste à son poste environ 2-3 mois avant que son successeur à la ! tête du gouvernement le remplace.

Selon le deuxième scénario, le gagnant aux primaires ne parvient pas à former un gouvernement de coalition. Les 42 jours dont il dispose pour accomplir cette tâche écoulés, le Président de l’Etat annonce la dissolution de la Knesset et la tenue d’élections législatives anticipées dans 90 jours, suite auxquelles il charge de nouveau un député de la Knesset de former un nouveau gouvernement. Dans ce cas de figure, Ehud Olmert resterait à son poste environ 8 mois, jusqu’en mars-avril 2009.

Selon le Haaretz, au sein de Kadima on juge peu probable que le nouveau président du parti élu en septembre, que ce soit Tzipi Livni ou Shaoul Mofaz, parvienne à former un nouveau gouvernement avec la composition actuelle de la Knesset. Les responsables de Kadima estiment donc que la Knesset se dissoudra et qu’Ehud Olmert continuera à être le Premier ministre jusqu’après la tenue d’élections anticipées, vers mars 2009.

Toujours selon le Haaretz, les quatre candidats à la présidence de Kadima, Shaoul Mofaz, Tzipi Livni, Avi Dichter et Meïr Shitrit, se sont félicités hier de la décision d’Ehud Olmert de démissionner. Pour Tzipi Livni, le Premier ministre « a pris une décision personnelle pas facile, mais c’était la bonne décision à prendre ». Selon elle, « Kadima doit défendre son unité et sa capacité à diriger Israël même pendant la période électorale ». Shaoul Mofaz a qualifié la décision d’Ehud Olmert de « courageuse, prouvant que malgré sa détresse personnelle, il a préféré privilégier le bien de l’Etat ». Le président du parti travailliste et ministre de la Défense, Ehud Barak, a lui aussi fait l’éloge de l’annonce de M. Olmert, qu’il a jugé « juste et méritante ». Le Likoud a quant à lui déclaré qu’il ne se joindrait pas à un gouvernement dirigé par Kadima quel que soit son diri ! geant, réclamant la tenue de nouvelles élections à l’issue desquelles son président, Benyamin Netanyahu, sera nommé Premier ministre et formera un gouvernement d’union nationale.

Demain, Ehud Olmert devrait être interrogé pour la quatrième fois dans les affaires Talanski et RishonTours. Le Haaretz cite des sources au sein de l’appareil judiciare impliquées dans les enquêtes contre le Premier ministre, selon lesquelles M. Olmert aurait choisi d’annoncer sa démission avant son interrogatoire demain car il avait compris que les preuves dont dispose la police étaient solides et bien fondées.

« L’interrogatoire vendredi (demain) devrait être difficile et désagréable », a affirmé au journal l’un des enquêteurs.

COMMENTAIRES

Pour Yossi Verter, commentateur politique du Haaretz, Ehud Olmert aurait du faire son discours d’adieu il y a longtemps, peut être il y a deux ans, à l’issue de la guerre du Liban. Car d’une certaine manière, c’est la guerre du Liban qui a déterminé son avenir. Depuis cette guerre, il n’a pas réussi à remonter la pente, et les affaires de corruption n’ont fait qu’accélérer le processus. En réalité, poursuit M. Verter, les acquis dont Ehud Olmert s’est félicité dans son discours de départ, dans les domaine social, économique ou de la défense, sont bien réels et significatifs. Mis à part la guerre du Liban et ses affaires de corruption, conclut ce commentateur, ce Premier ministre aurait pu marquer l’histoire comme l’un des premiers ministres les plus efficaces qu’Israël ait jamais connu.

Ben Caspit du Maariv estime que « l’ère Ehud Olmert » a pris fin au moment où Morris Talanski est monté sur le podium pour donner sa déposition anticipée. Le compte à rebours vers la fin de sa carrière politique a commencé ce jour-là. Son cadavre politique s’agitait et se débattait parmi nous encore quelque semaines, mais ce n’étaient que des derniers réflexes, dépourvus de chance. Hier, on a signé son acte de décès. Ehud Olmert, cet homme venu de nulle part, y repart maintenant. Il s’est retrouvé au poste de Premier ministre grâce à un concours de circonstances, et en a été chassé avec des enquêtes et des coups de bâton. C’est une tragédie. La sienne, mais peut-être la nôtre aussi.

Selon Maya Bengal du Maariv, ceux qui connaissent Ehud Olmert savent bien qu’il n’a point l’intention de quitter la scène politique avec l’image d’un Premier ministre défaillant et corrompu. Dans les mois qui lui restent, il devrait donc déployer des efforts pour obtenir un acquis historique. Parmi les quatre dossiers à l’ordre du jour : Guilad Shalit, l’Iran, la Syrie et les Palestiniens, seul le dernier présente une véritable chance de parvenir à une percée. Ehud Olmert devrait donc tenter de conclure un accord de principe avec les Palestiniens durant le temps qui lui reste.

Pour le commentateur politique du Yediot, Shimon Shiffer, il est presque impensable que les candidats à la tête du Kadima permettront à Ehud Olmert de promouvoir un accord-cadre avec Abou-Mazen dans les mois qui lui restent au poste de premier ministre. De même pour les négociations indirectes avec les Syriens, qui, dès le départ, n’étaient qu’un préambule en vue de la reprise des négociations israélo-syriennes sous les auspices du nouveau président américain : elles ne mèneront à rien. Ehud Olmert semble peut-être avoir tous les pouvoirs, mais en réalité, à partir de ce matin il ne gère que les affaires courantes. Petite réserve : dans la réalité israélienne, les deux ou trois mois qui lui restent sont une éternité et peuvent encore nous réserver des surprises.


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