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Contre-réponse à Dominique Vidal

Par Stéphane Juffa © Metula News Agency

samedi 14 février 2004
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Dominique Vidal est un personnage entêté. La leçon de choses mémorable que lui a administrée mon camarade Jean Tsadik ne lui ayant apparemment pas suffi, le voilà qui revient tâter de la Ména en exigeant d’elle qu’elle publie un nouveau droit de réponse de sa fabrication

Rien, cependant, dans les manières de Vidal n’a évolué depuis que Jean a dégorgé, avec la précision d’un clinicien, une à une les arguties du bonhomme. Il apparaît toujours aussi imbu de sa personne, comme ébloui par son reflet, au point de confondre entre les situations qui existent uniquement du fait de sa composition et la précision du verbe, qui elle, est l’exigence de la raison.

J’ai parlé des manières de Vidal ; ce sont celles d’un polémiste pressé et excessif, qui sacrifie volontairement la rigueur de la réflexion, en sautant, un peu comme le chien sur un os, sur la première théorie venue, qui lui semble pouvoir servir sa dialectique. Celle-ci est celle d’un homme systématiquement outragé de ce que certains ont encore le front de sourire de ses théories. Et cette espèce de résistance l’irrite au point de lui faire perdre ses repaires - d’autres parleraient de délire - et de le pousser vers des raccourcis absolument indignes d’un intellectuel authentique.

Inutile d’écrire que ces manières ne nous inspirent aucune sympathie ni aucune indulgence. Aussi, au lieu de pleurnicher comme une madeleine à prétendre que nous n’avons de cesse de le diffamer, il devrait ester devant les instances. Ou bien, s’il a de vrais arguments à faire valoir, que Vidal trouve enfin la maturité de les mettre en miroir de ceux qui le critiquent. Car, jusqu’à maintenant, si la Ména a diffusé tous les points de vue qu’il nous demandait, sans y modifier la moindre virgule, le rédacteur en chef du Monde Diplomatique, passant outre nos propositions, a soigneusement évité de faire connaître à ses lecteurs l’existence de l’univers entier qui jouxte le camp retranché de la pensée unique dans lequel il se terre. C’est ainsi que lesdits lecteurs ignorent les attendus de la stratégie du porte-avions de Yasser Arafat ; tout comme ils ont interdiction de connaître - puisque Dominique Vidal a conclu (sans voir notre reportage et avant de lire notre livre, c’est un sorcier !) que la Ména n’a pas pu prouver que les seuls tirs véritablement observés en direction du personnage de Mohamed A-Dura provenaient des positions palestiniennes et que nous avons inventé qu’il s’agirait d’un faux, d’une fiction - les résultats contradictoires des enquêtes d’experts balisticiens indépendants de l’armée française et de spécialistes cameramen français des reportages de guerre, sur l’Affaire A-Dura.

A lire le dernier « droit de réponse » de Dominique Vidal, le motif d’icelui serait conditionné par une diffamation « intolérable » caractérisée par ce que notre site aurait « repris à son compte la théorie nazie de la race juive » et qu’il n’aurait « jamais cru qu’une publication se réclamant du judaïsme utiliserait cette expression, soixante ans après la Shoah. »

Et pour ceux qui, tout en s’écarquillant les yeux, connaissant la définition d’une diffamation, malgré la gravité apparente de cet os de Vidal, n’en voient pas l’ombre d’une à son encontre, n’ajoute-t-il alors : « Et vous osez, dans la même phrase, m’accuser d’ inciter à la haine ethnique  ! »

Non seulement nous osons, camarade, mais nous avons si sérieusement étayé cette observation dans les deux articles de Jean Tsadik qui s’y réfèrent [relire attentivement La guerre aux Juifs ! et Contre-réponse à Dominique Vidal] que nous ne voyons pas, dans votre agrégat de genre babélien suspendu, le moindre élément qui pourrait nous faire reconsidérer votre immense responsabilité.

En outre, les articles suscités de Jean Tsadik étant en tous points circonstanciés, notamment sur les raisons, assez affligeantes au demeurant, qui vous font récidiver à appeler l’agence de presse de Métula du nom de site, j’éviterai de revenir sur son argumentaire.

Pour le surplus, et à part par Vidal et aux fins de servir sa propagande burlesque, la Ména ne s’est jamais réclamée du judaïsme. Difficile pour les êtres pondérés qui nous regardent, d’imaginer qu’une agence de presse, faisant jour après jour son œuvre d’agence de presse, composée en grande partie de journalistes et d’analystes palestiniens, jordaniens, libanais et algériens, puisse se réclamer du judaïsme.

Reste la dénonciation extravagante que me fait le personnage, et qui n’a, bien entendu, rien à voir avec l’accusation détaillée d’inciter à la haine ethnique que lui porte Tsadik : Ainsi, j’aurais dans mon article Les limites d’une réflexion tronquée. 2ème partie du six février, épousé la théorie nazie de la race juive. Cette affirmation tient tout à la fois de l’inculture de Vidal, d’un acte malhonnête de sa part et d’une diffamation - authentique cette fois - à mon égard mais dont je laisserai à ma seule plume le soin de réparer l’offense.

La théorie nazie à propos de la race juive s’articulait sur trois pignons : D’une part, elle définissait, de manière originale les critères décrivant l’appartenance à cette race, notamment, combien il vous fallait de grands-parents juifs pour qu’elle vous considère comme Juif. Secondement, les Nazis avaient établi un ordre social basé sur la hiérarchie des races et dans laquelle la race juive était considérée comme une race d’Untermensch, de sous hommes. Troisièmement, lors d’une réunion de sinistre mémoire, tenue par les chefs nazis le 20 janvier 1942 sur les bords du lac de Wannsee, les Nationaux Socialistes allemands prirent la décision du génocide de mon peuple, sur la base des deux considérants précédents.

Pour « prendre à mon compte la théorie nazie de la race juive », il aurait impérativement fallu que j’embrasse au moins l’un des trois composants de ladite théorie nazie, ce que, bien évidemment, je n’ai jamais eu l’intention de faire.

L’os sur lequel Vidal a sauté, dans le cas présent, dans un débordement d’imprécision sémiologique construit pour jouer un rôle outré-dénigreur sur les lecteurs en manque d’Histoire (qu’il se console de son coup d’épée dans l’eau, ils ne sont de toutes façons pas nombreux dans le lectorat de la Ména), a consisté non pas à m’accuser de prendre à mon compte la théorie nazie de la race juive, comme il a la malhonnêteté de l’écrire et la sensiblerie de s’émouvoir de sa propre composition mais d’envisager, comme les Nazis, qu’il existât une race juive.

Vidal, le bonimenteur, aurait pu, cependant, tout aussi bien me comparer à Léon Blum à la place des Nazi, mais là, son haut-le-cœur de pucelle geignarde au sujet de la Shoah, soixante ans après, n’aurait pas su à quelle barre se tenir. Léon Blum, l’un des plus grands socialistes de tous les temps en général, que je tiens pour le plus grand socialiste français en tous cas et en particulier, ennemi juré des Nazis, pensait également que l’on pouvait parler des Juifs comme d’une race.

Voilà d’ailleurs quelques très belles choses qu’en homme de lettres Blum en disait (in Nouvelles Conversations de Goethe avec Eckermann) : « La race juive est clairvoyante, elle sait prévoir. Accoutumée aux dangers, dressée par la persécution, elle perçoit avec un flair presque animal l’approche des cataclysmes révolutionnaires ».


Léon Blum : Il affirmait l’existence de la race juive

Et encore, s’exprimant par la bouche de Goethe : (…) Et cependant la race (juive) est profondément croyante, éminemment capable de foi.« Et si on lui demande ce qu’est cette foi, il répond : »Elle est toute rationnelle. Elle tient en un mot : la Justice. Le Juif a la religion de la Justice... ; l’idée seule de la Justice inévitable a soutenu et rassemblé les Juifs dans leurs longues tribulations... Et ce n’est point, comme les Chrétiens, d’une autre existence qu’ils attendent la réparation et l’équité... C’est ce monde-ci, ce monde présent et vivant, avec ses vieilles gens et ses vieux arbres, qui doit s’ordonner un jour selon la Raison, faire prévaloir sur tous la règle, faire rendre à chacun son dû.. . Si le Christ a prêché la charité, J…voulait la. Justice. La Bible dit : un juste - quand l’Evangile dit : un saint."

Bien entendu, il ne suffit pas que je cite Blum afin de rassasier le très vaste débat sur la nature du peuple juif, qui dépasse certainement la seule notion de race, sauf qu’ici, dans ce papier, je me contente de prouver que Dominique Vidal est un intellectuel en peau de baudruche, dont l’argumentation se dégonfle au tout premier grattage. Je choisis d’ordinaire mes sujets en fonction de mes intérêts et traiterai de la nature des Juifs lorsque j’en ressentirai l’inspiration où que je croiserai quelqu’un qui désire en débattre et dont je pourrai respecter et la substance de sa démarche et l’intégrité de sa quête.

Disons tout de même que, même si le concept de ce qu’est une race a profondément évolué durant les deux derniers siècles, la prétention de former une race, dans sa validité symbolique à tout le moins, fait partie intégrante de la tradition juive. S’appuyant sur la légende biblique, les Sémites (Shémym en hébreu) seraient les descendants de Sem (Shém), qui signifie « Nom ». Il est d’ailleurs cocasse de relever que Vidal, tout en affirmant qu’il faut être sympathisant nazi pour prétendre à l’existence d’une race juive, le prétend lui-même, sans s’en rendre compte, le nigaud, pas ailleurs que dans son droit de réponse.

Il s’agit en l’occurrence d’une prétention implicite, dont tout linguiste confirmera volontiers la présence dans son texte. Dans l’effet de manche final dudit, notre donneur de leçons s’offre un : « Vous y constaterez que (…) je combats toute forme d’antisémitisme avec la même détermination que toute forme d’arabophobie et d’islamophobie. C’est là, sans doute, ce qui nous sépare : pour moi, le racisme est indivisible ».

Le racisme ? Indivisible ? Monsieur l’humaniste du Golfe et des banlieues veut sans doute dire qu’il condamne aussi bien ceux qui haïssent la race arabe que la… race sémite. Et qu’au moins, par le choix sémantique qu’il utilise, il affirme que l’affiliation sémite procède de l’appartenance à une race, car sinon, le racisme qu’il définit comme indivisible et qu’il combat, ce serait vraiment l’art de prendre les Dominique Vidal pour des canards sauvages. Quelle blague !

Par ailleurs, je ne sais pas dans quel article de la Ména mon détracteur a relevé la moindre connotation arabophobe (celle qui nous séparerait sic), mais on a vu qu’il n’était pas à une incongruité près. Dans le cas du racisme, de la race et de mon adhésion au national socialisme, il aurait certes eu bien meilleurs temps de se taire, il se serait épargné que je le montre tel qu’en lui-même.

Tout comme il aurait pu s’abstenir - cela n’aurait lésé personne - de demander que l’on imprime son : « Les nombreux débats que j’ai animés autour de mon livre Le Mal-être juif m’ont permis de rencontrer des centaines de Juifs qui ne se reconnaissent pas dans l’actuelle direction du Conseil représentatif des institutions juives de France. C’est ce qui explique aussi le succès de la pétition » Une autre voix juive ".

Les seules choses que je tiens pour vraies, dans cette autre envolée, c’est que Dominique Vidal se sent vraiment très mal dans sa peau de Juif et qu’il a rencontré des centaines de coreligionnaires partageant son supplice. Quatre cents, en comptant large, pour être un peu plus précis, malgré une pub voyante sur le Monde (et dont j’aimerais follement voir la quittance du paiement) en faveur de sa pétition. Quatre cents, sur environ huit cents milles Israélite français, il faut vraiment être un Dominique Vidal et concupiscer à demeure pour le ridicule, pour nous prier d’appeler cela un succès. Au fond, le texte de cette pétition est tellement indigeste, si tellement suicidaire et témoin de la haine de son état, qu’à la lecture de son analyse publiée par Les Amis de Shalom Akhshav France [lire], les abonnés de la Ména comprendront - ne vous faites aucun souci pour eux, Dominique - les raisons authentiques du succès édifiant de son initiative.

Le Monde de Dominique Vidal est peuplé de complots et de campagnes dont il est le seul témoin, de chantages et de diffamation permanente, de la propagande des autres (c’est ainsi qu’il nomme l’opinion de ceux qui ne partagent pas la sienne), de combats que personne, à part lui n’a jamais perçus, de victoires et de faillites, de caricatures grotesques de lui par les autres (c’est comme cela qu’il appelle les conclusions de ceux qui parlent de ce qu’il fait), de chasses aux sorcières, ayant tous la particularité de n’exister que dans son cerveau traqué. Ce personnage continue d’évoluer dans un monde binaire et manichéen, dont il barre l’entrée, à la façon des névrotiques, aux idées de ceux qui pourraient l’aérer.

Et c’est pour cela, parce qu’il est renfermé dans sa forteresse vide, recroquevillé sur lui-même, auto protégé contre le doute et coupé de la réalité et de la lumière, que le monde de Vidal empeste. Il parle de la faillite de notre propagande, alors que je n’ai jamais surpris personne en train d’en faire à la Ména (comment le lui faire comprendre, lui qui nous a vus, avec assez de certitude pour l’écrire dans son journal et dans un petit bouquin, prendre part à un gigantesque complot dont nous n’avons jamais entendu parler ?). Mais c’est pour se gausser de résultats d’un sondage, en tégument de Yéti, qui démontre dans toute son épouvante le degré de mal-information du peuple, auquel l’a mené l’emprise sur l’information française de pyromanes, aussi dogmatiques qu’inconscients, que ne l’est Vidal. Car ce qui ressort en rengaine de l’effort de ce personnage, que ce soit dans ses pétitions, dans le journal pour lequel il collabore ou dans l’exploitation outrancière de ces sondages européens, c’est la vision obsessionnelle qu’il a de la nécessité de détruire Israël. Bien sûr, parle-t-il, comme Sami el-Soudi, Sari Nusseibah, Jean Tsadik et moi même d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël mais c’est en surfant sur l’expression de 161’200 Israéliens et de 100’000 Palestiniens - cela, ça n’est pas un sondage anonyme, c’est une initiative signée par les premiers concernés par ce conflit, qui, par la force des choses, savent un peu de quoi il en retourne - en faveur de la solution des deux Etats pour deux peuples. Ensemble, nous, les autochtones, déclarons que cette solution, que la paix en somme, est antithétique du principe du retour des réfugiés de 48, soutenu à tous vents, et dans un même souffle irrespirable, par Dominique Vidal.

Il faut aussi dire, car il n’y a pas de gestes gratuits en temps de guerre, que ceux qui soutiennent Yasser Arafat et qui confondent volontiers sa vision prophétique d’une Palestine Juderein - maintes fois explicitée par notre très crédible confrère palestinien Sami el-Soudi - qu’ils nomment pudiquement les positions de l’Autorité palestinienne, n’oeuvrent pas pour une variante de l’initiative Ayalon-Nusseibah mais dans le sens de l’instrumentalisation politique des assassinats collectifs de civils israéliens et pour la poursuite du sabordage par Arafat des aspirations nationales du peuple palestinien et partant, ceux-là participent à la pérennisation du conflit israélo-arabe et à la multiplication de ses victimes.

Il est temps de laisser Dominique Vidal ressasser son mal-être juif et retourner à ses cauchemars ainsi qu’à ses impressions de persécutions. Il est bien à sa place parmi les amis qu’il s’est choisis tout seul, entre un être écoeurant, qui a commenté une fable destinée à faire croire au monde que son peuple était à ce point dégénéré - où se sont volatilisés les Juifs de Blum, qui cultivaient la justice, la réparation et l’équité ? - qu’il assassinait les enfants des autres, les prenant pour cible, de sang froid, durant quarante-cinq minutes et un autre loustic, qui trouve significatif que le sionisme et l’apartheid soient nés la même année. Aux côtés d’un troisième mariole, qui a dénoncé un fabuleux complot secret, ourdi par son peuple contre les USA, et dont, à Métula, on attend toujours le nom du premier condamné.

On ne peut se tromper plus. Et si Dominique Vidal, entre deux hallucinations, s’intéresse à savoir ce qui nous sépare vraiment - et ça n’est évidemment pas la haine des Arabes - qu’il lève un peu les yeux et qu’il recherche cette différence abyssale dans les paroles de sagesse de Léon Blum. Tiens, peut-être qu’au passage, il y retrouverait sa race !


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