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Mohamed ElBaradei : le processus de paix au Moyen-Orient est une plaisanterie
MEMRI Middle East Media Research Institute
Article mis en ligne le 7 mars 2010

Dans une récente interview télévisée, l’ancien directeur général de l’AIEA Mohamed ElBaradei se dit prêt à « se lancer dans l’aventure de la politique égyptienne, à condition évidemment qu’il y ait des élections libres. » ElBaradei, éventuel candidat à l’élection présidentielle de 2011 en Egypte, déclare que c’est « l’ensemble du cadre constitutionnel » qui doit être modifié afin de « se fonder sur la démocratie et… la justice sociale ».



ElBaradei, dont le troisième et dernier mandat comme directeur général de l´AIEA a pris fin en novembre 2009, évoque en outre la situation dans le monde arabe et islamique en ces termes : « Nous, Arabes, sommes devenus nos propres ennemis... la civilisation arabe et islamique… traverse une phase de dégénérescence et est devenue un fardeau pour le monde. »

Sur le processus de paix israélo-palestinien, M. ElBaradei estime que « c´est une plaisanterie. Nous parlons de ce processus de paix depuis plus de vingt ans, mais tout ce que nous voyons, c’est l´érosion de la cause palestinienne. » 

Au sujet des relations entre l’Iran et les États-Unis, il affirme qu´il est nécessaire de briser la barrière psychologique de la méfiance entre les deux pays. Il ose la comparaison suivante : « Le Président [iranien] Ahmadinejad - comme tous les autres dirigeants iraniens - veut un règlement global de ses relations avec l´Occident. L´Iran et les Etats-Unis sont comme deux gros éléphants qui se jaugent avant de copuler, afin d’arriver à un meilleur arrangement ».



Extraits de l´interview, diffusée sur la chaine égyptienne Dream 2 le 18 février 2010. 

 Voir le clip sous-titré en anglais sur MEMRI TV : http://www.memritv.org/clip/en/0/0/0/0/0/0/2395.htm

« Je voudrais jouer un rôle dans les préoccupations de ma patrie égyptienne »

Mohamed ElBaradei : « J´avais annoncé qu´en quittant mes fonctions de fonctionnaire international, je souhaiterais agir pour l´avenir de mon pays d´origine, l’Egypte, et faire tout mon possible pour aider l´Egypte à faire un bond vers la démocratie, vers le progrès économique et social.

[...]

En tant que citoyen égyptien, quand j´entends un si grand nombre d´Egyptiens me demander de jouer un rôle important, tout ce que je peux dire, c´est que je vais répondre à l´appel, si l´occasion se présente pour moi de devenir un facteur de changement.

[...]

Je me tiendrai toujours aux côtés du peuple égyptien. Je suis prêt à me lancer dans l´aventure de la politique égyptienne, à condition évidemment qu´il y ait des élections libres. Cela va sans dire. La porte doit être ouverte pour moi et pour d´autres. Comme je l’ai dit, ce n’est pas un problème d’individu. »

L´Egypte a besoin d´un cadre constitutionnel fondé sur la démocratie et la justice sociale 

« Si je me lance, la première mesure que je prendrai sera de modifier certains articles de la constitution pour permettre aux Égyptiens qui s’en sentent capables de se présenter aux élections. La seconde, et la plus importante mesure, consistera à modifier l’ensemble du cadre constitutionnel. Tant que nous n´aurons pas de cadre constitutionnel basé sur la démocratie et le socia lisme, au sens de la justice sociale, nous demeurerons dans l’impasse.

[...] 

Je ne suis pas autant intéressé par le poste de président que par le processus de changement. Le changement est nécessaire. » 

[...] 



Comment peut-on avancer avec 30% d´analphabètes en Egypte ? 

« 42% des Egyptiens gagnent moins de cinq livres égyptiennes par jour. 30% de la population égyptienne ne sait ni lire ni éc rire. Comment pourrons-nous progresser si nous ne donnons pas à 30% des Egyptiens les outils de base leur permettant de réfléchir et d´avancer ? 

J´étais dernièrement à Cuba, où l´on vit sous les sanctions et le siège des États-Unis depuis 40 ans. Le taux d´alphabétisation y est de 100%. C´est possible.

Nous parlons d’éducation depuis plus de 50 ans et sommes pourtant en 123e position du classement mondial du développement humain. Je ne crois pas qu’un seul Egyptien me contredira si je dis que ce niveau ne sied pas à l´Egypte, qu’il est grand temps que nous changions notre façon de faire afin que l´Égypte redevienne un acteur de premier plan, un pays économiquement développé où les gens se sentent libres, bénéficient de la just ice sociale, [un pays] actif et influent dans la région arabe. » 

[...]



« Nous parlons comme au Moyen-âge » 

« Malheureusement, nous Arabes sommes devenus nos propres ennemis. Nous voyons aujourd’hui combien de conflits et de guerres sévissent dans le monde arabe. Nous sommes devenus un fardeau pour le monde. Je vois et j´entends comment le monde nous considère. Il nous considère comme un fardeau, comme un handicap, car nous n´apportons rien à la civilisation, ni dans le domaine des sciences sociales, ni dans celui des sciences humaines ou naturelles.

Nous n´apportons rien, et nous nous sommes mis à parler comme au Moyen- âge. Nous parlons de chiites, de sunnites, de coptes, de musulmans et de Kurdes. Le monde, et nous-mêmes au sein du monde arabe et islamique, évoluons depuis des siècles. À mon avis, la civilisation arabe et islamique traverse une phase de dégénérescence. »

« Je considère le processus de paix comme une plaisanterie »

« Israël et la cause palestinienne ont engendré instabilité et insécurité régionales. Il n´y a aucun doute là-dessus. Depuis 1948, nous traitons avec Israël de la pire des manières. Nous n´avons pas réussi à définir un objectif précis et n´avons pas décidé de l´attitude à adopter face à Israël - la guerre ou la paix. Aujourd´hui, on extermine la cause palestinienne.

[...] 

Nous discutions de ce que je considère comme une plaisanterie : le processus de paix. Nous parlons de ce processus de paix depuis plus de vingt ans, mais n´assistons qu´à l´érosion de la cause palestinienne.

J´ai assisté à l´évolution de la cause palestinienne quand je travaillais à l´ONU. L´Etat palestinien représentait alors 44% du territoire arabe, mais aujourd´hui nous parlons de 22% de la terre de Palestine.

Le droit de retour est garanti indépendamment de la religion d´une personne, mais aujourd´hui, ils parlent de la jud éité de l´Etat palestinien [sic], ce qui signifie que les Palestiniens ne peuvent pas revenir à l’intérieur de l’Etat, et l´on s´interroge sur le sort d´un million de Palestiniens vivant en Israël. 

[...] 

Ce faisant, on continue à parler du processus de paix. Personne ne nous prend au sérieux. Nous ne sommes même pas membres dudit ´Quartet´.

[...] 

Aucun pays ne peut agir seul aujourd´hui. Où est [la coopération] entre le monde arabe et les grands pays islamiques ? Où sont les liens étroits entre l´Egypte, l´Iran, l´Arabie saoudite, l´Indonésie, la Turquie et le Pakistan ? 

[...] 

Les Frères musulmans, les socialistes, les communistes - tous possèdent une partie du territoire égyptien et devraient participer [à la gouvernance du] pays, avec leurs idées et capacités respectives, tant qu’ils acceptent le cadre démocratique et le dialogue pacifique, et qu´au bout du compte, le peuple égyptien aura son mot à dire.

[...] 

Au bout du compte, c´est le peuple qui décidera, car le peuple est souverain et source d´autorité. Nous avons dépouillé notre peuple de la possibilité de gouverner et de prendre des décisions et c´est pourquoi nous en sommes là aujourd´hui. »

« Les régimes au pouvoir dans le monde arabe ne sont pas de bon modèles : dans la plupart des cas, ils ne passent pas le pouvoir »


Interviewer : « Dans le monde arabe, on craint souvent que certaines forces idéologiques, de droite comme de gauche, n´empêchent autrui de suivre la voie les ayant menés au pouvoir. » 

[...] 



Mohamed ElBaradei : « Les régimes du monde arabe ont-ils accepté le principe qui veut que le pouvoir politique soit provisoire ? Ils disent que si les islamistes accèdent au pouvoir, le régime ne passera p lus jamais entre d´autres mains. Ils ne sont pas un meilleur modèle vu que dans la plupart des cas, ils ne passent pas le pouvoir. 

[...] 

Nous avons l’habitude de dire que la Constitution égyptienne est fondée sur la Constitution française, mais la Constitution égyptienne n´en est qu´une réplique déformée et faussée. Elle ne ressemble en rien à la Constitution française, excepté dans sa forme. 

[...] 

Je n´ ;ai vu aucun chef arabe se rendre au Darfour. Tous les dirigeants et responsables internationaux sont allés au Darfour. Or nous considérons le Darfour comme s´il se trouvait en Amérique centrale. Je n´ai pas vu un seul dirigeant ou responsable arabe se rendre en Somalie. Je n´ai pas vu un seul dirigeant ou employé arabe se rendre en Irak. L´Irak a été détruit et brisé en morceaux, mais je n´ai vu ni le monde arabe, ni la Ligue arabe, le placer sous son aile. » 

[...] 



L´Iran et les Etats-Unis sont comme deux gros éléphants qui se jaugent avant de copuler 

« Après l´att entat du 11 septembre 2001, le président Bush et son administration ont pris la décision, comme nous le savons maintenant, d´attaquer et d´humilier un pays arabe, en représailles à l´attaque contre les deux tours de New York. »

[...] 

À mon avis, le président Ahmadinejad - comme tous les autres dirigeants iraniens – souhaite un règlement global de ses relations avec l´Occident.

[...] 

Plusieurs des événements actuels résultent de la méfiance. Il faut donc casser la barrière psychologique qui existe entre l´Iran et les Etats-Unis depuis 50 ans. Ils attendent de voir qui va ciller le premier, comme dit l´adage.

À mon avis, ces deux pays sont comme deux gros éléphants qui se jau gent avant de copuler, afin d’arriver à un meilleur arrangement".



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