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A propos du caractère asymétrique du combat d’Israël

par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

Tous ceux qui, de bonne ou de mauvaise foi, crient haut et fort qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit, auraient intérêt à lire ce texte, étayé par de nombreuses références. En l’occurrence, il ne s’agit pas d’une simple analyse socio-politique abstraite, mais d’une recherche à partir d’exemples précis de faits ou de déclarations.

Tout d’abord, et cela mérite d’être souligné d’emblée, les auteurs étudient « L’asymétrie psychologique de la guerre islamique  » (souligné par nous).

Pour notre part, nous avions, jusqu’à présent, tenu à souligner qu’Israël n’était pas seulement confronté à un « peuple palestinien », mais qu’il s’agissait, en réalité, d’un conflit opposant Israël au monde arabe. Car, si les Etats arabes, en 1947, avaient admis l’idée d’un Etat juif coexistant à côté d’un nouvel Etat arabe, nous n’en serions pas là, aujourd’hui.

Et cette hostilité du monde arabe à l’existence de l’Etat d’Israël ne s’est malheureusement, pas figée, à cette époque, dans la mesure où il est évident que ce rejet d’Israël, rarement proclamé (mis à part l’Iran), est perceptible dans le comportement plus ou moins feutré de la plupart des Etats du Moyen Orient.

Récemment, nous nous demandions pourquoi l’Egypte ne venait pas en aide aux frères palestiniens à Gaza et déplorions la carence des autorités égyptiennes à empêcher la contrebande d’armes, grâce à des tunnels creusés en territoire égyptien.

Mais, on vient de découvrir un fait plus grave : à l’occasion de l’ouverture forcée de la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte, il y a peu de temps, les terroristes du Hamas ont réussi à introduire du matériel de guerre plus perfectionné que les seules roquettes Qassam, à la trajectoire imprécise, d’où les dégâts conséquents causés par des missiles de moyenne portée à Ashkelon.

On évoquera, également, la tournée entreprise par le président Moubarak, au cours de l’été 2000, dans différentes capitales du Moyen Orient, afin d’inciter les dirigeants de ces pays à faire pression sur Arafat, afin qu’il ne fasse pas de concessions à Ehoud Barak.

Concrètement, il est évident, que sans l’aide matérielle officielle ou « privée » d’Etats voisins, les terroristes du Hamas, du Djihad islamique ou du Hezbollah ne pourraient s’approvisionner en armes et matériels de guerre, préparer des attaques, puis se réfugier sur leur territoire.

Le grand mérite des deux chercheurs israéliens est de faire apparaître la nouvelle dimension « islamique », car fondée non pas seulement sur des idées, mais sur des croyances religieuses, du conflit auquel Israël est confronté.

Déjà avec l’implication active de l’Iran qui, non seulement en paroles, mais aussi en actes, contribue à aider les terroristes, le conflit n’est plus un conflit avec le seul monde arabe, mais avec le monde islamique.

L’étude à laquelle nous nous référons met à bas la présentation fallacieuse de certains médias, pour lesquels déjà la guerre du Liban-sud et, actuellement, les ripostes aux lancements de roquettes et autres missiles, démontreraient que l’armée israélienne n’est plus invincible.

De fait, l’armée israélienne n’a pas à faire face à une armée qui respecterait les mêmes règles juridiques et morales, en cours dans toutes les armées du monde.

Les chercheurs israéliens mettent en parallèle les difficultés auxquelles sont confrontés les forces américaines de maintien de la paix en Somalie, les unités de l’OTAN au sud de l’Afghanistan et les soldats israéliens à Gaza.

Ils auraient tout aussi bien pu évoquer celles rencontrées, depuis 2003, en Irak et nous ajouterons que l’expérience passée de la présence française en Algérie et de l’intervention américaine au Vietnam démontre, à l’évidence, que des forces armées ne sont pas adaptées pour faire face à des forces non organisées sur le modèle classique des forces armées (uniforme, chef, discipline, respect des lois de la guerre).

Mansdorf et Kedar évoquent la « guerre asymétrique » menées par des groupes terroristes,pour s’opposer à des puissances militaires supérieures. Ces groupes rejettent « la totalité du concept occidental du droit de la guerre » et le « comportement restrictif sur le champ de bataille respecté par les puissances militaires occidentales constitue alors, pour celles-ci, un désavantage ».

A cet égard, ils citent l’épisode bien connu de la bataille de Djenine, durant laquelle l’armée israélienne intervint sur le terrain, maison après maison, plutôt que d’utiliser des forces aériennes qui auraient permis de préserver les soldats israéliens (ce qui, malheureusement, ne fut pas le cas), mais au prix de dommages collatéraux plus importants parmi les civils.

Il n’y a évidemment aucune analogie du côté des groupes terroristes avec le contrôle du pouvoir judiciaire israélien sur l’armée ou le traitement des prisonniers par Israël (rappelons que jusqu’à présent, aucun observateur international n’a pu rencontrer les 3 militaires israéliens enlevés à l’été 2006).

Contrairement à certaines affirmations que nous qualifierons de scandaleuses, Israël évite toute attaque indifférenciée contre des cibles civiles, tandis que des groupes tels que le Fatah, le Hamas et le Hezbollah visent délibérément des civils israéliens »

Les chercheurs israéliens constatent que la guerre conventionnelle entre les armées donne certes l’avantage à Israël, mais le fait que les islamistes ne fassent aucune différence entre les civils et les combattants légitimes créée une « asymétrie » en faveur des « gens prêts à utiliser tous les moyens susceptibles de soutenir leur cause ».

On lira avec beaucoup d’intérêt, à cet égard, les développements consacrés à l’ « idéologie suicidaire » et la « manipulation psychologique », qui sont autant d’obstacles que même la meilleure armée du monde ne pourrait surmonter.

Pour conclure, nous voudrions revenir sur les accusations lancées contre Israël, qui ne respecterait pas le droit international.

Mansdorf et Kedar rappellent que les règles du droit international sont mal interprétées par « les commentateurs des médias et les non-spécialistes qui le citent ». Effectivement, les terroristes (rappelons que les médias complaisants s’obstinent à les considérer comme des « activistes » ou des « militants », alors qu’ils ne remplissent pas les critères - que nous avons rappelés ci-dessus - permettant de jouir de la protection complète des combattants prévue par les conventions de Genève). De plus, les « personnes protégées » (les civils) ne doivent pas participer à des actions violentes contre l’occupant.

Précisons que l’article 68 de la IVème convention de Genève, cité dans l’article, permet un régime particulier en cas d’ « infraction (qui) ne porte pas atteinte à la vie ou à l’intégrité corporelle des membres des forces ou de l’administration d’occupation, (qui) ne créée pas un danger collectif sérieux... ». Ce qui est précisément le cas des terroristes.

D’ailleurs, nous estimons que les auteurs de l’article ont eu raison d’évoquer, à propos, de l’invocation du droit international contre Israël, « la légitimité de son combat » (souligné par nous). Nous avons, en effet, souvent, souligné qu’à défaut de faire, d’ores et déjà, coïncider légalité (c’est à dire respect des règles de droit) et légitimité (respect de valeurs fondamentales, parmi lesquelles le droit à la vie ), on devait admettre la suprématie de cette dernière.

Car, rappelons que l’article 17 de la convention européenne des droits de l’homme a, toutes choses égales par ailleurs, transposé dans le droit positif, le slogan du révolutionnaire Saint Just : « pas de liberté pour les ennemis de la liberté ».

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