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Chronique de Michaël Bar-Zvi |Yoh Het Beyyaar 5772 | 10 mai 2012

Les élections en France, puis en Grèce et en Serbie en sont la preuve récente. Le déni de confiance à l’égard de la classe politique et des institutions est probablement une des causes principales de cette remise en question. Le pilier le plus solide d’une démocratie est sans aucun doute l’adéquation de son système politique aux aspirations, à la mentalité, et à la nature de la nation qu’il sert.

La démocratie américaine semble adaptée à la manière dont le peuple américain appréhende la politique.

Le régime constitutionnel anglais semble lui aussi correspondre à l’esprit britannique.

En France, le général De Gaulle a instauré une dimension monarchique au régime de la cinquième république, et la droite comme la gauche semblent s’en accommoder depuis 1958.

La jeune démocratie israélienne dont le régime parlementaire se fonde essentiellement sur la représentation proportionnelle traverse depuis des années une crise majeure que de nombreux dirigeants ont identifié mais n’ont pas été en mesure de résoudre.

Le jeu des équilibres et des coalitions n’a jamais permis à la Knesset de modifier ses propres règles et on le comprend facilement, car aucun parti n’a vocation à se suicider politiquement. Pourtant ces tactiques de survie ont montré leurs limites et on ne compte plus les partis disparus depuis trente ans en Israël.

La plupart des mandatures ne sont pas arrivées à leur terme et régulièrement les échéances électorales sont avancées. Plusieurs anciens ministres ont été et sont impliqués dans des affaires de corruption. L’opinion publique se désintéresse de plus en plus de la politique.

La démocratie israélienne a besoin d’un changement en profondeur. Alors que la Knesset avait déjà voté l’avancée des prochaines élections, les deux grands partis ont signé avant-hier un accord pour la formation d’un gouvernement d’union nationale, avec une coalition comprenant 96 des 120 députés la Knesset. La presse a présenté cet accord inattendu comme une brillante manœuvre politique de Netanyahou, mais aussi comme l’enterrement du parti Kadima par son nouveau chef Shaul Mofaz.

Le gouvernement israélien a, aujourd’hui, l’opportunité unique de réformer le système politique et d’assurer la pérennité de l’unique démocratie du Proche-Orient. Si les mois à venaient à montrer qu’il ne s’agissait que d’une lamentable magouille politicienne, les risques pour l’avenir du pays seraient énormes et j’ose espérer que nos dirigeants mesurent l’immense responsabilité qui est la leur.



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