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Alexandre Adler et la passerelle Mugrabi à Jérusalem : étonnante désinformation et véritables enjeux

Hélène Keller-Lind

Hiver 2004 : une passerelle s’effondre, les enjeux : une réécriture de l’histoire

La passerelle Mugrabi s’écroule en hiver 2004. Le Bureau des Antiquités Israélien découvre alors « une petite pièce contenant une alcôve couverte d’un dôme, une sorte de niche de prières musulmane, dirigée vers le sud. Certains pensent que ce sont les vestiges d’une salle de prière qui faisait partie d’une madrasa – école pour études religieuses musulmanes – installée près de la Porte Mugrabi. »

Des vestiges bien entendu préservés comme le sont tous les vestiges découverts par les archéologues israéliens que ce soit autour du Mont du Temple ou dans d’autres lieux de fouilles en Israël. A Jérusalem les découvertes archéologiques revêtent une importance particulière, on le sait, étant donné que l’histoire de la ville atteste d’une présence juive millénaire, ce que réfute le monde arabe. A commencer par les Palestiniens. Palestinian Media Watch en donne une foule d’exemples tout à fait clairs

Le 30 juin 2005 à, Paris, des responsables religieux musulmans, mais pas uniquement, affirmaient au cours d’une table-ronde dans le cadre du Salon du Livre euro-arabe de l’Institut du Monde Arabe à Paris dont l’invité d’honneur était « la Palestine, » qu’il n’y avait aucun rapport entre le Mur des Lamentations et les Juifs mais que ce mur avait servi à attacher la jument El-Burah du Prophète Mahomet lors d’un voyage céleste éclair de ce dernier. Réécriture de l’histoire éhontée faite en présence de Mme Shahid qui était alors la déléguée palestinienne en France.

Réécriture se faisant aussi sous les auspices du ministère des Affaires étrangères qui était l’une des puissances invitantes. Voici d’ailleurs le programme et la liste des participants : « 19h - Table ronde / Jérusalem : les enjeux d’aujourd’hui Avec Ahmed Abdelrahman (conseiller du président de l’Autorité palestinienne aux affaires politiques), l’Archimandrite Atallah Hanna (porte-parole de l’Eglise Grecque Orthodoxe à Jérusalem et en Palestine), cheikh Taysir Altamimi (Haut conseil de la magistrature palestinien) , Khalil Altoufakji (topographe, spécialiste de la question des colonies à Jérusalem), Elias Sanbar (ecrivain, historien) et Farouk Mardam-Bey (écrivain ) Modérateur : Badr Eddine Aradaky (IMA) » http://www.france-palestine.org/ L’IMA ne semble malheureusement pas avoir gardé de traces de cette table-ronde.

Une passerelle temporaire devenue dangereuse aujourd’hui

Récemment les autorités israéliennes ont constaté que cette passerelle Mougrabi temporaire et en bois, servant principalement d’accès à la police israélienne si besoin était – on a vu par le passé des fidèles musulmans jeter des pierres sur les fidèles juifs priant devant le Mur des Lamentations...- était devenue dangereuse. Non seulement peut-elle s’écrouler sur la section des femmes devant le Mur des Lamentations, mais elle risque également de prendre feu. En mai dernier l’Ingénieur en chef de la ville de Jérusalem demanda donc sa démolition pour que puisse être construite au même endroit une passerelle en dur ne présentant aucun danger.

Il n’y a là que rien de très banal. Et de bon sens. Le 8 décembre l’Ingénieur en chef de Jérusalem, Shlomo Eshkol, ordonne la fermeture de cette structure. Invoquant la loi il en informe la Fondation de l’Héritage du Mur Occidental – des Lamentations -. Celle-ci à une semaine pour faire appel de cette décision, note la municipalité de Jérusalem dans un communiqué, précisant que cette décision a été prise avec le Chef des pompiers de la ville mais aussi le Bureau des Antiquités Israélien et la Fondation.

On ne voit pas dans ces décisions une quelconque intervention irresponsable du Premier ministre israélien qui serait soucieux, selon Alexandre Adler, de faire preuve de « virilité »....risquant de mettre le feux aux poudres moyen-orientales....analyse qu’il livrait à propos de cette affaire sur les ondes d’Europe1 le 9 novembre au matin...D’autant que, bien au contraire, Benyamin Netanyahou a suspendu cette décision.

Par ailleurs, en 2007 Ehoud Olmert et son Cabinet avaient déjà décidé de reconstruire la passerelle qui était déjà dangereuse...Etait-il déjà question de « virilité » ? Toujours est-il que le gouvernement israélien avait alors reculé.

Un nouveau prétexte pour des émeutes ? Jordanie, Égypte, Autorité palestinienne, Hamas


Si émeutes il y a, à propos de la fermeture d’un édifice dangereux risquant de s’écrouler, quel qu’il soit, et de son éventuelle reconstruction, la responsabilité en incombera entièrement à ceux qui appellent à la violence. Ainsi, le ministre des Affaires islamiques jordanien, le Dr. Abdul Salam Al- abbadi, a-t-il demandé à « la communauté internationale d’arrêter ce qu’il a décrit comme « des menaces et des agressions » contre l’Esplanade des Mosquées » rapporte l’agence de presse palestinienne Maan News.

Agence qui précise que la Jordanie est la gardienne des Lieux Saints musulmans à Jérusalem et que la fermeture et la reconstruction de cette passerelle « pourrait provoquer des violences sans fin au Moyen-Orient », selon le royaume hachémite

S’adressant à l’agence de presse jordanienne Petra, ce même ministre apportait quelques précisions belliqueuses, déclarant que : « Bab Al Magharbeh est situé là où le Prophète Mahomet a attaché sa monture pour faire son voyage nocturne miraculeux...et les pratiques des autorités israéliennes contre la Mosquée Al-Aqsa violent la responsabilité qu’a la Jordanie en tant que gardienne des lieux saints de l’Islam à Jérusalem et violent les lois et conventions internationales....la Jordanie fera tous les efforts nécessaires pour protéger Jérusalem et ses lieux saints...le roi Abdallah II suivant de près ces questions, roi qui a souligné mainte fois que Jérusalem est une ligne rouge... .préserver Jérusalem étant un devoir arabe et musulman...qui exige qu’une action conjointe arabe et islamique soit menée pour mettre un terme à de telles pratiques...de telles violations contre Al Haram Al Sharif - le Noble Sanctuaire- provoqueront à des violences au Moyen-Orient  » On voit le glissement de la passerelle extérieure à la Mosquée Al-Aqsa puis à ce qui est l’Esplanade des Mosquées pour le monde musulman.

Quant à l’Égypte , elle souffle elle aussi sur les braises...

Les mosquées du Mont du Temple, appelé par les musulmans Esplanade des Mosquées, sont gérées par le Waqf, organisme musulman en charge des biens musulmans Or, le journal suissse Le Temps rapporte que « Cheikh Azzam al-Khatib, le directeur du Waqf....a affirmé à l’AFP que « la porte des Maghrébins, un des principaux points d’accès à la mosquée Al-Aqsa, se trouve sous la responsabilité du Waqf. Nous pouvons la restaurer en l’espace de quelques jours, si Israël l’autorise ».
« L’entrée à Al-Aqsa pour les touristes est contrôlée par Israël et nous exigeons du gouvernement israélien qu’il restitue les clefs de la porte au Waqf », a-t-il demandé.
Par ailleurs, «  L’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas et le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir à Gaza, ont mis en garde contre les retombées de la décision de la municipalité de Jérusalem. « Nous tenons le gouvernement israélien pour responsable des conséquences de ces crimes commis contre les droits du peuple palestinien », a averti le négociateur palestinien Saëb Erakat. Dans un communiqué, le Hamas a estimé que "l’occupant sioniste porte l’entière responsabilité des conséquences de cet acte criminel qui constitue (...) une provocation envers les sentiments de millions de musulmans  »|1 .

On voit que l’Autorité palestinienne, qui fait désormais tragi-comiquement partie de l’UNESCO et le Hamas parlent ici d’une même voix accusant Israël de « crimes... » pour vouloir reconstruire une passerelle chancelante...

La directrice de l’UNESCO déclarait d’ailleurs sans rire le 4 novembre dernier en clôture de la 36ème session de cet organisme onusien que « Tous les États membres ont placé l’éducation au coeur de la culture de la paix et du développement durable. » Pour se convaincre de la stupidité d’une telle déclaration il suffit de se référer au travail de Palestinian Media Watch quant à l’ »éducation palestinienne

D’ailleurs l’Autorité palestinienne s’est empressée d’aller se plaindre auprès de l’UNESCO, lui demandant sa protection en la matière... UNESCO qui déclarait lors de sa 35ème session que cette partie de Jérusalem fait partie du patrimoine musulman

Quant à l’agence de presse officielle palestinienne WAFA, elle présente ainsi les choses : il s’agirait de «  judaïser cette zone...les autorités israéliennes s’emploient à changer le caractère de la Vielle Ville de Jérusalem, y compris en démolissant le pont de la Porte des Ordures – autre nom pour la Porte Mugrabi- Accusation reprise par les anti-israéliens de tout poil

Tous les musulmans hostiles à Israël vont se saisir de ce prétexte, prétendant que ces travaux sont, en réalité, destinés à porter atteinte aux mosquées construites sur le Mont du Temple, pour fomenter des émeutes sanglantes comme ils l’ont fait, par exemple, en 1929, 1990, 1996 et 2000. Le début des travaux est prévu pour le 16 décembre. On se demande si Alexandre Adler fera d’ici là quelques recherches avant de vouer le gouvernement israélien aux gémonies...



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