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Suites de l’affaire du reportage photo de l’Obs sur l’explosion à Rafah. Daniel, à chasser des fantômes au loin, les coupables festoient, tout près…

Par Stéphane Juffa © Metula News Agency

Après avoir effectué un changement, qu’on pourrait appeler esthétique, dans la légende de l’une des images qu’il publie, l’hebdo parisien choisit de continuer de prétendre, entre autre, que « le cadavre d’un Palestinien gît dans une mare de sang à la suite de l’explosion qui a eu lieu dans la zone qui venait d’être la cible d’une opération de l’armée israélienne dans le camp de Rafah » et que « La cause de l’explosion n’a pas été déterminée, trois personnes sont mortes et 17 ont été blessées ».

Everest de désinformation, l’Observateur continue également à attribuer à l’AP la paternité de témoignages que l’AP n’a jamais produits. C’est, de la part de ce média, la démonstration que ses responsables se contre fichent, en bloc, de la vérité, des réclamations de l’agence américaine, de l’innocence des soldats israéliens, de l’image de l’Etat hébreu qu’ils diffament et finalement, et ça n’est pas la moindre des choses, de leur obligation éthique envers leur lectorat, de lui fournir des informations conformes à la vérité.

A ce stade des choses, après que nous ayons rétabli l’ensemble des composants factuels des événements se rapportant à l’explosion, la déontologie journalistique et le droit exigent maintenant que le magazine français se livre sans attendre à trois actes. A savoir :

1. Tout en maintenant le reportage sur son site - au plan de l’information, c’est désormais absolument nécessaire ! - que l’Obs efface ses commentaires fallacieux et les remplace par la vraie détermination de l’auteur des photos, l’Associated Press, c’est-à-dire : « Dans la bande de Gaza, une bombe prévue pour exploser au bord d’une route et destinée à un bulldozer israélien opérant dans le camp de réfugiés de Rafah a coûté la vie de trois Palestiniens à la place » (AP).

2. Que l’Obs s’explique, de façon claire, visible et exhaustive, sur les raisons qui l’ont fait imputer à tort la responsabilité du carnage aux autorités israéliennes ainsi que sur les raisons pour lesquelles ses rédacteurs ont pris la liberté de signer leur forfaiture du sigle de l’Associated Press.

3. Que ce média présente des excuses - crédibles, Jean Daniel, cette fois ! - aux personnes qu’il a lésées, à l’Etat qu’il a diffamé ainsi qu’à ses lecteurs. Que l’Obs présente à ces entités les mesures qu’il entend prendre pour que des « erreurs » de cette gravité ne se reproduisent plus dans ses colonnes.

Bien entendu, on pourrait aussi s’attendre, de la part du moraliste magistral qui dirige le Nouvel Observateur, et qui passe ses dernières années à expliquer, dans des pensums interminables, à la terre dans quel sens elle doit tourner, qu’il s’exprime sur les leçons rendues indispensables par la publication de cette monumentale imposture. On pourrait, idéalement, s’attendre à ce qu’il ne se contente pas d’accuser les fantômes insaisissables du néo-antisémitisme mais qu’il ait le courage, pour une fois le courage, de faire la liaison entre la diabolisation médiatique systématique de l’Etat juif en France et le sentiment de haine, naturel dans ces circonstances, en tous cas compréhensible, que ces médias inspirent à une minorité de moins en moins minoritaire de leurs compatriotes.

Le paragraphe qui précède veut définir la nécessité urgente d’une prise de conscience morale, philosophique et donc intelligente et pas une obligation déontologique ou légale.

Soucieux, toujours, de différencier entre l’obligation publique des médias à ne pas transgresser la vérité factuelle lorsqu’elle leur est connue et la liberté d’opinion, d’empathie et d’expression, que nous désirons absolue, j’appelle de mes vœux la prise de conscience dont je parle tandis que j’exige le suivi des règles de notre profession. A moins d’être un théoricien d’inspiration nationale-socialiste, nul ne pourra prétendre que l’acte d’attribuer indûment et sciemment le meurtre d’arabes à des Israéliens, d’absoudre les vrais responsable arabes du meurtre en n’en faisait, sciemment toujours, aucune mention et de prêter la paternité de ce complot à des collègues qui affirment le contraire de ce que l’Obs leur fait dire, constituerait, en aucune manière, une opinion quelconque ou un droit à critiquer.

La Ména est une agence de presse, qui se considère volontairement confinée dans les frontières non négociables de l’action d’une agence de presse. Notre vocation est à présenter les choses et pas à prendre la place des juges, ni à inciter le peuple à se faire justice lui-même. Lors, nous disons, nous déconstruisons les infamies lorsqu’elles se présentent, et nous donnons notre opinion par le biais de l’analyse. Nous laissons le peuple à son intelligence.

Dans le cas qui nous intéresse et par souci déontologique, nous avons introduit une plainte circonstanciée auprès de notre autorité de référence, l’office de presse de l’Etat d’Israël (GPO), afin qu’il fasse à son tour son travail. Dans la même préoccupation, je me suis entretenu, ce matin, avec le très expérimenté correspondant du Nouvel Observateur en Israël, monsieur Victor Cygielman, auquel j’ai fourni tous les détails nécessaires à sa compréhension de l’affaire. J’aurais pu lui rappeler, que c’est d’avoir suivi l’une de ses conférences, à mon adolescence, qui avait participé à susciter en moi la vocation d’informer. Il m’a répété ce matin que le principe de vérité était intransgressible.

Auquel j’ajoute celui de transparence, alors que chaque minute qui passe, durant laquelle la rumeur photographique pendouille à la devanture d’un journal européen du XXIème siècle participe d’un affront pour tous les deux principes. Et il en sera ainsi jusqu’à ce que les gens de l’Obs n’aient pas rempli leurs devoirs de journalistes. Et on badigeonnera les tombes juives en France, jusqu’à ce que les mêmes, leurs collègues et les intellectuels tricolores n’auront pas effectué leur devoir de conscience.



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