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La guerre de Bombay : derniers bilans et nouvelles pistes

Par Samuel Rubinstein pour Guysen International News

On dénombre 9 morts chez les terroristes. Un seul a été capturé vivant. Les services de renseignement indiens et occidentaux pointent du doigt les réseaux terroristes islamistes basés au Pakistan.

Selon la police, les terroristes avaient assez de munition et d’armes pour « tuer environ 5000 personnes ».

Les attaques, minutieusement préparées, ont visé une dizaine de lieux stratégiques à Bombay, à la fois symboliques et bondés de monde au moment du drame :

La gare de Chhatrappi Shivati Shivaji, des hôpitaux, le Café Léopold très fréquenté par les étrangers, les hôtels de luxe Taj Mahal et Oberoi, et le Nariman House, siège local de la communauté juive loubavitch.

Les hôtels et le Nariman House ont été le théâtre de gigantesques prises d’otages, impliquant plusieurs centaines de personnes, et de sièges de plusieurs dizaines d’heures.

Parmi les victimes étrangères, on dénombre entre autres au moins 6 Américains, beaucoup sont toujours déclarés disparus par leur ambassade, deux Canadiens, deux Français, deux Australiens, un Britannique et huit Israéliens.

Les Israéliens ont été retrouvés morts dans le Nariman House après l’assaut des forces indiennes.

Au final, les forces de sécurité indienne auront mis plus de 60 heures pour neutraliser 10 terroristes. Et pour cause, leur mode opératoire était quasi-militaire. Un membre des forces spéciales s’est expliqué sur le sujet : « Par moment, ils se sont montrés aussi forts que nous au combat et dans les déplacements. Ils se comportaient comme l’auraient fait des commandos indiens ».

Les renseignements indiens ont précisé qu’en fait 8 des 10 terroristes étaient arrivés sur place un mois auparavant afin d’effectuer des « missions de reconnaissance ». Ils se seraient fait passés pour des étudiants en guise de couverture. Des ‘repérages’ auraient également été effectués dans les hôtels, où les terroristes auraient pu y stocker des armes et des munitions.

Selon le Sunday Times indien, les terroristes auraient apparemment loué une chambre dans le centre communautaire juif loubavitch et une autre dans l’hôtel Taj Mahal. La presse indienne a expliqué que les islamistes avaient parfois une meilleure connaissance des lieux que les forces de police.

Ce sont les commandos d’élite de l’armée qui ont mis un terme aux prises d’otages dans les derniers bastions aux mains des terroristes. Mohammad Ajmal Mohammad Amin Kasab, âgé de 21 ans et originaire du Pendjab pakistanais, est le seul terroriste arrêté vivant.

Il a déclaré pendant son interrogatoire avoir été envoyé à Bombay après avoir subi un entrainement au Pakistan. Son but, selon la télévision indienne, était de faire un « 11 septembre indien » en « réduisant en cendres les symboles de la puissance économique, le Taj Mahal et l’Oberoi-Trident, afin qu’ils ne puissent être reconstruits ».

Kasab parle couramment anglais. On évoquait il y a peu la piste de ressortissants britanniques d’origine pakistanaise, « issus de la région de Leeds et de Bradford ». Les autorités indiennes, le gouvernement britannique et les services anti-terroristes ont démenti l’information.

L’interrogatoire de Kasab aurait révélé la piste de Dawood Ibrahim, qualifié d’homme « le plus dangereux du monde » par les autorités indiennes. Il faut dire que depuis les attentats de 1993 à Bombay, ayant fait plus de 250 morts en 13 attaques coordonnées à la bombe, Dawood Ibrahim, millionnaire également, fait figure de « Ben Laden » de l’Asie du sud.

Selon des responsables de la sécurité indienne, Ibrahim aurait orchestré les attaques de Bombay depuis la cité portuaire pakistanaise de Karachi, envoyant ses hommes par la mer pour entrer illégalement en Inde et débarquer, seulement une heure avant le début des attaques, en divers points à Bombay afin de mener des attaques coordonnées.

L’organisation de Dawood Ibrahim, D-Company, ferait désormais partie intégrante, selon le renseignement indien, de l’organisation séparatiste Lashkar-e-Taiba, un groupe djihadiste basé à Lahore au Pakistan, et lié pour certains à Al-Qaïda.

Ce groupe est connu pour être responsable de plusieurs attaques sur le sol indien et au Cachemire, une des plus importantes fut celle contre le Parlement en 2001. Kasab aurait déclaré faire partie de cette organisation. Des responsables de Lashkar-e-Taiba ont toutefois démenti publiquement être à l’origine de ces attaques.

Des responsables occidentaux ont quant à eux ouvertement parlé de l’implication d’Al-Qaïda dans ces attentats.

Pour le renseignement américain, les preuves s’accumuleraient contre le Lashkar, mais pas seulement. D’autres pistes ont été évoquées. Notamment le groupe Jaish-e-Mohammed - connu pour ses incursions militaires au Cachemire indien, tout comme le Lashkar-e-Taiba - et basé à Karachi, ville d’où seraient partis les terroristes.

Mercredi il était fait par ailleurs mention des Moudjahidines du Deccan, qui avaient revendiqué les attaques. Au Pakistan, Asif Ali Zardari, le nouveau président, parle volontiers « d’acteurs non-étatiques ». Une manière de se dédouaner à un moment où les tensions sont exacerbées entre l’Inde et le Pakistan sur le plan diplomatique.

Le Pakistan a été, dès le premier jour des attaques, montré du doigt par son voisin indien. Le risque est grand dans la région, les deux pays se sont affrontés au cours de trois guerres après une partition ayant fait plus d’un million de morts, et ils possèdent tous deux la bombe atomique.
Les Indiens et les Américains ont exprimé leur scepticisme quant à la théorie des « acteurs non-étatiques », car ceux-ci ont longtemps été utilisés, soutenus et entretenus contre l’Inde par les services secrets de l’armée pakistanaise.

On pensait le Pakistan acculé. Après les fortes pressions de la classe politique indienne et des médias indiens, le Pakistan a voulu démontrer sa bonne foi, ayant toujours démenti avoir un quelconque lien avec les attentats de Bombay. Le général Shuja Pasha, le directeur général des services secrets militaires pakistanais, devait se rendre vendredi 28 novembre en Inde pour s’expliquer.

Néanmoins, les pressions intérieures au Pakistan on été plus fortes. Jugeant ce déplacement comme une « convocation », le général Pasha a été sommé de ne pas se rendre en Inde. Tout un symbole qui s’évanouit à un moment où les relations entre les deux pays en ont le plus besoin.

En effet, une chaîne privée a reporté ce dimanche 30 novembre que le commandement américain et l’OTAN ont été informés qu’Islamabad pourrait déployer 100 000 hommes depuis sa frontière avec l’Afghanistan jusqu’à la frontière indienne si les tensions devaient s’accroître avec New Dehli.

En Inde les conséquences politique de ces attentats ne se sont pas fait attendre, le ministre de l’Intérieur, Shivraj Patil a remis sa démission au Premier Ministre Manmohan Singh ce dimanche 30 novembre, expliquant qu’il voulait « assumer » sa « responsabilité morale ».



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