Nicolas Sarkozy accueille Shimon Pérès « en ami »

Par Christine Ollivier AP - Yahoo

lundi 10 mars 2008

Le président israélien Shimon Pérès a été accueilli lundi « en ami » à l’Elysée par son homologue Nicolas Sarkozy, au premier jour d’une visite d’Etat en France de cinq jours qui doit confirmer le réchauffement des relations entre les deux pays. C’est donc en tant qu’ami que Nicolas Sarkozy a affirmé à son hôte lors du dîner d’Etat en son honneur à l’Elysée que « la sécurité d’Israël passe par l’arrêt de la colonisation », selon le texte de son intervention. Les annonces de nouveaux projets israéliens de construction dans des secteurs revendiqués par les Palestiniens se succèdent depuis deux jours.


De même, « la création d’un Etat palestinien démocratique, moderne et viable », et ce avant la fin 2008, « est une condition de la sécurité à long terme d’Israël », a-t-il souligné.

« Je veux le redire avec force : la France sera toujours aux côtés d’Israël quand son existence sera mise en cause », a martelé Nicolas Sarkozy selon ce texte. « Ceux qui appellent de manière scandaleuse à sa destruction trouveront toujours la France face à eux, pour leur barrer la route ».

Selon le président israélien, les deux hommes sont par ailleurs tombés d’accord lundi « pour voir en l’Iran le plus grand danger aujourd’hui qui menace ».

« Le programme nucléaire de l’Iran appelle (...) une réaction de grande fermeté », a confirmé Nicolas Sarkozy lundi soir. « La France est déterminée à poursuivre (...) une politique alliant des sanctions croissantes, à l’ouverture, si Téhéran faisait le choix de respecter ses obligations internationales ».

A l’issue de son premier entretien avec Nicolas Sarkozy, M. Pérès s’est dit « extrêmement ému » par l’accueil du président français. « C’est avec beaucoup de chaleur qu’il a parlé de l’Etat d’Israël (...) Il se considère comme un ami véritable du peuple juif » et ce « sans aucune ambiguïté et sans aucune excuse ou fausse excuse », s’est-il réjoui.

En particulier, Nicolas Sarkozy n’a « aucun doute et aucune hésitation pour ce qui est de la nécessité de combattre le terrorisme ». Le président a aussi assuré M. Pérès de l’aide de la France pour faire libérer Gilad Shalit, le soldat israélien enlevé par des militants palestiniens en 2006.

Nicolas Sarkozy « lui a dit que ce n’était pas un hasard s’il avait choisi de réserver au président Pérès la première visite d’Etat en France de son mandat », a confirmé David Martinon. « Israël est pour la France un partenaire essentiel ».

Pour le président français, « la sécurité d’Israël ne se discute pas » et « la France sera toujours à ses côtés ». Mais « la meilleure réponse à la menace terroriste, c’est de relancer les négociations de paix », a-t-il souligné, selon son porte-parole.

Shimon Pérès a par ailleurs défendu l’idée d’un rapprochement économique entre Israël, la Jordanie et les Palestiniens, ce qui « permettrait à la négociation (de paix) de se dérouler dans une atmosphère plus positive ». Il s’est montré « très intéressé » par le projet d’Union de la Méditerranée défendu par Nicolas Sarkozy, selon l’Elysée.

Le président français a offert à son hôte une gravure d’un portrait de Chateaubriand datant du XIXe siècle ainsi que quatre livres anciens. Selon David Martinon, Shimon Pérès lui a offert une oliveraie, soit 3.600 oliviers plantés dans une école agronomique à Holon, près de Tel Aviv. En fait, il s’agit selon Shimon Pérès d’une oliveraie de 6.000 arbres, qui portera le nom du président français.

Shimon Pérès devait inaugurer jeudi le Salon du Livre, dont Israël est l’invité d’honneur cette année.

Interrogé sur le boycott de ce salon du livre par certains pays arabes, Shimon Peres a rétorqué : « je suis contre les autodafés » et « contre le boycott des livres ». « Celui qui décide de boycotter se punit lui-même. »

Si les relations entre les deux pays ont été parfois glaciales sous les mandats de Jacques Chirac, considéré comme pro-arabe par les Israéliens, elles se sont nettement réchauffées depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, qui s’est présenté à plusieurs reprises comme « l’ami d’Israël ».

Le président français doit se rendre en Israël fin juin. Il prononcera à cette occasion un discours à la Knesset, le Parlement israélien.


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