La nouvelle doctrine anti-israélienne

Jean-Philippe Katz

samedi 1er mars 2008

Depuis plusieurs mois, un message revient de façon lancinante dans le discours des responsables palestiniens, un message d’autant plus efficace qu’il peut être parfaitement repris par l’intelligentsia occidentale, « Israël ne doit pas être un état juif ».


Encore aujourd’hui, cette déclaration citée dans Guysen.com :

« Mahmoud Abbas n’exclut pas le retour à la lutte armée contre Israël. Dans une interview au journal jordanien A-Doustour, le président de l’AP a ajouté qu’il s’oppose à la définition d’Israël comme ’’Etat juif’’ ».

La force de cet argument tient précisément dans son adéquation avec les positions traditionnelles de la gauche européenne, allergique à l’idée théocratique, même si elle fait preuve d’une complaisance criminelle avec les régimes Saoudiens ou Soudanais. A la vérité, nier la judéité d’Israël est un retour déguisé du vieil argument d’état bi-national qui réunirait juifs et arabes dans la concorde. Car si Israël n’est pas juif, alors chacun peut devenir citoyen, y compris les palestiniens musulmans (les chrétiens étant en voie de disparition), et la démographie peut ensuite faire son travail de sélection.

Cette position d’Abbas est d’autant plus cynique que le Hamas installe précisément le contraire à Gaza, territoire déjà Judenrein, bientôt débarrassé de ses chrétiens, et hostile aux éventuels athées ou archéo-marxistes.

Les soutiens occidentaux des palestiniens trouvent donc un ancien message rhabillé de neuf, et terriblement efficace. Car dénoncer la facette communautariste d’Israël, s’élever contre le « droit du sang », a fortiori celui d’un peuple « sûr de lui et dominateur », quoi de plus évident. Car le colon qui se double d’un zélote a tout pour se faire détester par une gauche prônant métissage, diversité et tolérance absolue.

Que les palestiniens eux-mêmes soient aux antipodes de ces principes n’ a jamais gêné leurs défenseurs, misant leur vieilles aspirations tiers-mondistes sur ce mouvement à la fois nationaliste et marxiste à ses débuts, islamo terroriste ensuite.
Que la diversité soit précisément au cœur de la société israélienne n’est jamais pris en compte, diversité inexistante dans nombre de pays voisins, ou occasionnant des guerres civiles à la libanaise. Des noirs éthiopiens côtoient des russes, des prêtres orthodoxes et des yéménites, sans oublier les arabes israéliens toujours absents des analyses germanopratines.

Qu’Israël affirme son dynamisme démocratique ne suffit plus, surtout à l’heure des élections (boiteuses) du côté palestinien. Il doit à présent se justifier en tant qu’état juif, des juifs, mais avec des citoyens qui ne le sont pas. Il est urgent de contrer cette nouvelle doctrine des responsables palestiniennes, car elle est riche d’avenir, prenant naturellement la suite du discours anti-colonialiste qui va en s’épuisant faute d’arguments (le désengagement de Gaza précédant une autonomie vraisemblablement élargie en Judée Samarie).


Les textes

Mots-clés

Accueil