Allègement des restrictions à Gaza

Par Yaakov Katz & Herb Keinon © Jerusalem Post édition française

mardi 22 janvier 2008

Israël a allégé ses mesures à Gaza mardi 22 janvier, autorisant la livraison de fuel et de médicaments, suite à la chute drastique des tirs de Kassams contre le Néguev et Sderot. Alors que 50 tirs de roquettes étaient enregistrés chaque jour la semaine dernière, 4 à 5 roquettes ont été tirées ces derniers jours en moyenne.


Israël a également dû faire face à des pressions internationales.

La décision a suivi une journée de protestations issues du monde arabe. L’Autorité palestinienne a menacé de cesser les négociations tandis que l’ONU prévenait qu’elle allait arrêter de livrer de la nourriture tant que le siège continuait. Des amis d’Israël tels que le ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas, Maxime Verhagen, ont également exprimé leur désapprobation.

Le ministre de la Défense Ehoud Barak a décidé lundi soir de laisser passer une livraison de 2,2 millions de litres de fuel qui permettra la production de 60 megawats d’électricité pendant une semaine. Israël et l’Egypte fournissent 140 megawats.

Quelques 500 000 litres de diesel supplémentaires, destinés aux générateurs des hospitaux, seront également transférés vers Gaza avec 50 camions chargés d’aide humanitaire. 13 de ces camions viennent de Jordanie.

Malgré sa décision d’assouplir le siège, Barak - qui s’exprimait depuis la conférence d’Herzliya lundi soir - a déclaré qu’Israël devait intensifier ses actions contre Gaza jusqu’à ce que la paix et la sécurité du Néguev, de Sderot et des frontières soient garanties.

« Nous devons mettre la pression, et plus de pression, sur Gaza », a commenté Barak. « Nos inquiétudes doivent aller aux habitants du Néguev et de Sderot. Si ce silence rend nécessaire un grand bruit de l’autre côté, alors il y aura un grand bruit ». Tout en admettant que cela était difficile, Barak a confié : « Je suis plus sensible à notre bien être qu’à leur bien être ». Il a indiqué que l’armée trouverait une solution militaire et technologique aux roquettes.

Plus tôt dans la journée, Barak a parlé au président égyptien Hosni Moubarak et lui a confirmé qu’Israël n’avait pas dans l’intention de créer une crise humanitaire à Gaza. Il a expliqué qu’en même temps, Israël ne permettrait pas aux Palestiniens de tirer des roquettes contre le Néguev et Sderot. Moubarak s’est également entretenu avec Olmert, le mettant en garde contre une crise humanitaire.

Les officiels de la défense ont prévenu que si le Hamas recommençait ses bombardements contre le Néguev - la semaine dernière, 160 Kassams ont été tirés contre Sderot - Barak imposerait de nouveau la fermeture de tous les passages et l’interruption de toutes les livraisons. « Cela est entre les mains du Hamas », a commenté un officiel. « S’ils veulent des vivres, qu’ils arrêtent de tirer des roquettes ».

Alors que les Palestiniens mettaient en garde dès lundi contre une crise humanitaire imminente, les officiels de la défense ont déclaré qu’ils observaient attentivement les développements de la situation qui était loin d’être aussi catastrophique.

« Ils ont suffisamment de nourriture pour plusieurs jours et la nouvelle livraison de fuel leur permettra d’activer la centrale électrique », a commenté un officiel de la défense. « Même sans cette nouvelle livraison, ils ont sufisamment d’électricité pour plus de la moitié de Gaza vu qu’Israël fournit régulièrement à Gaza 70% de ses besoins électriques ».

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Arieh Mekel a déclaré que la décision d’alléger le siège s’expliquait par la baisse du nombre de tirs de roquettes. Il a expliqué que ceci montrait que le Hamas, quand il le voulait, était en mesure de les contrôler.

Olmert, au cours d’une réunion du parti Kadima, a réaffirmé qu’Israël ne laisserait pas une crise humanitaire se développer. Il a annoncé qu’en même temps, Israël ne permettrait pas que les résidents de Sderot soient tiraillés par la peur jour et nuit tandis que la vie continuait tranquillement à Gaza pendant ce temps.

« Nous ne permettrons pas une crise humanitaire, mais nous n’avons pas l’intention de leur rendre la vie plus facile », a expliqué Olmert.

Au cours de sa conversation avec Moubarak et Verhagen, Olmert a déclaré que le Hamas exagérait le niveau de la crise de manière à engendrer une pression internationale contre Israël. Les officiels du ministère des Affaires étrangères ont expliqué que le blackout de dimanche soir avait été orchestré par le Hamas et qu’ils suspectaient que ceci avait été fait avec la complicité des médias arabes. Ceux-ci avaient de nombreux correspondants déjà présents sur place qui consacrèrent beaucoup de temps à commenter l’événement.

Verhagen, qui a rencontré Olmert et la ministre des Affaires étrangères Tsipi Livni, a critiqué le principe du siège. Il a également précisé que selon lui, la réaction aux attaques de roquettes devait être proportionnée. Les officiels des Affaires étrangères ont rapporté que Verhagen s’était montré plus compréhensif envers les éliminations ciblées de terroristes qu’envers le siège.
Verhagen a visité Sderot avec Livni.

Les diplomates israéliens ont annoncé qu’il n’était pas certain que Livni continue les négociations avec Ahmed Quoreï cette semaine. Les Palestiniens ont déclaré de leur côté qu’ils envisageaient une suspension des négociations à cause de la situation à Gaza.

Livni, cependant, a indiqué qu’il était clair depuis le commencement que « les négociations se dérouleraient dans l’ombre de la guerre contre le terrorisme ». Elle a expliqué qu’Israël s’était engagé à maintenir une situation normale à Gaza, et que l’Etat juif « est le seul endroit au monde qui fournit de l’électricité à des organisations terroristes qui tirent des roquettes contre lui en retour. La vie pour les Palestiniens n’est pas facile à Gaza à cause du terrorisme, et ceci devrait être clair comme le cristal : le Hamas peut changer la vie des gens à Gaza en un instant s’il renonce au terrorisme. Il le sait, et les civils palestiniens doivent le comprendre également ».


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