L’hypocrisie du patriarche latin et archevêque catholique de Jérusalem Michel Sabbah

Par David Horovitz © Jerusalem Post édition française

dimanche 30 décembre 2007

« Il existe une discrimination liée à la nature de l’Etat. Israël dit simplement ’Je suis un Etat juif’ et cela crée de la discrimination en ce qui concerne les non-Juifs. » L’auteur de cette phrase n’est pas du négociateur de l’OLP Saeb Erekat, qui a déclaré il y a un mois que les Palestiniens ne reconnaîtraient pas Israël comme un Etat juif puisque « aucun Etat dans le monde n’assimile son identité nationale à une identité religieuse ».


Tandis que la logique d’Erekat est aisément démontable - la Loi fondamentale de l’Autorité palestinienne ne déclare-t-elle pas que « l’islam est la religion officielle en Palestine » - le diplomate palestinien entretient simplement la tradition de la classe politique palestinienne décrépite qui, en plus de mener une campagne internationale de diffamation d’Israël, n’a rien réussi à offrir à son peuple après quinze ans de légitimité universelle.

Non, l’orateur de la semaine dernière est un érudit qui possède un doctorat de la Sorbonne, au dire de tous un homme compatissant et un serviteur dévoué du pape - le patriarche latin et l’archevêque catholique de Jérusalem Michel Sabbah, depuis 1987 le prélat catholique de plus haut rang pour Israël, la Jordanie, Chypre, la Judée-Samarie et la bande de Gaza.

En plus de l’insulte profonde inhérente au message de Noël du patriarche, il est hypocrite et significatif que Sabbah n’ait pas appliqué son principe universel en exigeant également la « désislamisation » de sa Palestine native, que ses ouailles continuent de fuir en masse. En effet, le prélat a condamné seulement Israël : « Le fort qui a tout en main, celui qui impose l’occupation à l’autre partie, a l’obligation de voir ce qui est juste pour tous et d’avoir le courage de l’accomplir », a affirmé Mgr Sabbah aux journalistes à l’occasion de son message annuel de Noël.

Premier Palestinien à servir de patriarche latin, Michel Sabbah s’inscrit directement dans la lignée de l’élite palestinienne quant à sa position sur « l’illégitimité de l’autodétermination juive ». Selon cette logique, les Juifs ne sont pas un peuple pour qui un Etat peut être construit, mais plutôt simplement une religion. Et, à la différence de l’islam, qui figure dans les appellations officielles de quatre Etats - l’Iran, le Pakistan, la Mauritanie et les Comores - et qui jouit du statut officiel dans 57 autres, les Juifs ne méritent pas de lier leur religion à leur Etat.

Il est impossible d’échapper la conclusion que Sabbah ne parlait pas comme un catholique, mais comme un Palestinien, témoignant non pas de la position déclarée du Saint-Siège à Rome, mais de l’Autorité palestinienne à Ramallah.

C’est là, dans l’acceptation absolue par la direction palestinienne de la position de Sabbah, que se trouve le talon d’Achille du processus de paix. Pendant des années, la direction palestinienne a prétendu qu’elle était disposée à faire la paix, mais que son peuple, radicalisé par l’occupation, n’était pas « mûr » pour des concessions.

Mais il apparaît maintenant qu’une fois encore, c’est la direction palestinienne, du patriarche latin à Mahmoud Abbas lui-même, et non juste le peuple, qui ne comprend pas la nature du conflit dans lequel ils sont engagés. Au lieu de reconnaître que la tragédie profonde de ce conflit provient du fait que les deux côtés exigent légitimement l’autodétermination et l’indépendance souveraine, la direction palestinienne continuent d’insister pour qu’il n’y ait aucune justice à la requête juive.


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