Réactions de la presse saoudienne à la participation de Saoudiens aux actions terroristes dans le monde

Par Y. Admon | MEMRI

mercredi 19 septembre 2007

La participation de Saoudiens aux actions terroristes dans le monde a dernièrement fait couler beaucoup d’encre en Arabie saoudite. Cette implication a été confirmée par plusieurs sources. Des rapports font notamment état de la participation de Saoudiens au terrorisme en Syrie.


Selon l’agence de nouvelles libanaise Al-Markaziyya, qui cite une source diplomatique, l’Arabie saoudite a demandé que la Syrie rassemble les 980 membres Saoudiens d’Al-Qaïda se trouvant actuellement dans un camp de réfugiés en Syrie et les remette aux autorités saoudiennes, comme condition préalable à toute négociation entre les deux pays.

Le 8 juillet 2007, l’organisation saoudienne des droits humains a envoyé un comité examiner les conditions d’incarcération des prisonniers saoudiens dans les prisons syriennes, jordaniennes et libanaises. Le porte-parole de l’organisation, Dr Zuhair Al-Harithi, a déclaré que 73 Saoudiens étaient incarcérés en Jordanie, dont Fahd Al-Fahiqi, condamné à perpétuité pour avoir fait une tentative d’attentat suicide.

Des rapports font également état de la participation de Saoudiens aux actions terroristes du camp de réfugiés Nahr Al-Bared, au nord du Liban. Selon les services de sécurité libanais, 30% des membres du Fath al-Islam, qui combat l’armée libanaise, sont saoudiens. D’autres rapports font état de Saoudiens tués au combat ou mis en état d’arrestation. Parmi ces derniers, certains ont déjà été extradés vers l’Arabie saoudite. Des sources précisent que le combattant saoudien et membre d’Al-Qaïda Abdallah Al-Bishi s’est rendu au Liban directement d’Iran pour rejoindre le Fath Al-Islam. Le prince Nayef Bin Abdel Aziz, ministre saoudien de l’Intérieur, a souhaité que le gouvernement libanais coopère avec l’Arabie saoudite au sujet des Saoudiens arrêtés au Liban. Certains rapports précisent en outre que des extrémistes libanais se sont rendus en Arabie saoudite dans le but de recruter des Saoudiens pour des actions terroristes.

Abdel Karim Khalaf, directeur du centre de commandement national du ministère saoudien de l’Intérieur, a récemment confié au quotidien saoudien Al-Watan que quelques 70 citoyens saoudiens avaient été arrêtés en Irak. Il a ajouté que « la majorité des personnes arrêtées ont reconnu lors de l’interrogatoire s’être rendues en Irak sur l’ordre de fatwas émises par »des oulémas appelant à l’action armée".

Après la publication de ces rapports et suite aux derniers événements intervenus au Liban, la presse saoudienne a vivement critiqué l’implication de Saoudiens dans les actions terroristes à l’échelle mondiale. Tandis que certains journalistes ont affirmé que cette participation était devenue un vrai problème qui ne pouvait et ne devait plus être occulté, d’autres ont accusé la Syrie et l’Iran d’entraîner les Saoudiens à l’action terroriste, affirmant que les sites djihadistes visaient en priorité la jeunesse saoudienne.

Il convient de relever que ces rédacteurs n’ont pas distingué entre la participation de Saoudiens aux actions terroristes en Irak et ailleurs dans le monde. Il existe toutefois une différence : le fait que des Saoudiens s’entraînent en Syrie et se battent sur plusieurs fronts est contraire à la volonté des autorités saoudiennes, alors que la participation de Saoudiens au terrorisme en Irak est indirectement sanctionnée car faisant partie de la campagne saoudienne anti-chiite et anti-iranienne. Dans un récent entretien, l’ambassadeur des Etats-Unis en Irak Zalmay Khalilzad avait confié à la CNN que l’Arabie saoudite « contrait l’effort de progrès » en Irak.


Lire le rapport intégral, entièrement référencié, en anglais
 


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