L’armée libanaise s’apprête à donner l’assaut contre les radicaux du Fatah-Islam

Mediarabe.info

lundi 21 mai 2007

Tous les Libanais craignaient que la tension politique que vit le Liban ne dégénère en affrontements armés. Ils redoutaient particulièrement les activistes radicaux palestiniens du Fatah-Islam, infiltrés par les Services de renseignements syriens et qui seraient impliqués dans plusieurs attentats et tentatives d’attentats.
Le président syrien avait menacé à plusieurs reprises de répandre le chaos au Liban pour empêcher la constitution du Tribunal international, comme il avait promis d’ouvrir les portes de l’enfer devant quiconque s’en prendrait à son régime.


Le voilà mettre ses menaces à exécutions, par Palestiniens radicaux interposés. Alors que le Conseil de sécurité s’apprête à entériner le Tribunal international pour juger les assassins de l’ancien premier ministre Rafic Hariri, de violents accrochages opposent, depuis l’aube, le Fatah-Islam à l’armée libanaise aux abords du camp de Nahr El Bared, près de Tripoli.

Selon un bilan provisoire et partiel, une quinzaine de morts seraient tombés depuis ce matin, dont onze militaires abattus aux abords directs du camp de réfugiés palestiniens de Nahr El Bared et quatre autres, appelés en renforts, auraient été tués dans la région de Kalamoun (Koura) dans une embuscade. Les unités d’élites de l’armée libanaises mettent en place un dispositif offensif et s’apprêteraient à lancer l’assaut contre le camp.

La confrontation a débuté quand une patrouille des Forces de Sécurité Intérieure (FSI) a pris en chasse des inconnus qui ont tenté un hold-up dans une banque durant la nuit. Ils se sont réfugiés dans un appartement de Tripoli. Quand la patroulle des FSI est arrivée sur place, elle s’est retrouvée cernée de tous côtés par des hommes jourdement armés. Le vol commis contre la banque n’était ainsi qu’un appât. Le dernier communiqué des FSI fait état de sept blessés dans ses rangs, dont un grave. Le commandement de l’armée libnaise reconnaît onze morts et plusieurs blessés. La situation pourrait dégénérer si d’autres factions palestiniennes liées à la Syrie entrent en scène sous prétexte de défendre ou soulager le Fatah-Islam. La situation est, plus que jamais, ouverte à tous les scénarios.

Rappelons que le quotidien koweïtien « Al Seyassah » avait affirmé, le 17 mai, que le président Assad a donné ses ordres à ses services et aux Palestiniens qui gravitent dans l’orbite syrienne de passer à l’offensive pour faire imploser le Liban et empêcher la constitution du Tribunal international. Damas s’appuie sur le facteur palestinien au Liban pour déstabiliser le pays. Cette décision syrienne est intevenue, selon « Al Seyassah », après que « le Qatar, membre non-permanent du Conseil de sécurité, et la Russie, membre permanent, aient informé Assad de l’impossibilité de bloquer le projet de résolution portant sur la constitution du Tribunal international au Conseil de sécurité ». Assad a alors convoqué les responsables de ses services ainsi que les hauts officiers qui ont déjà servi au Liban et qui y gardent leurs réseaux, et leur a demandé de « passer à l’action. Il a également ordonné à Ramadan Challah, chef du Jihad islamique palestinien, qui se trouve dans un camp palestinien au Liban, de faire imploser le pays à partir des camps », conclut le quotidien.


La revue des infos

Mots-clés

Accueil